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Le FMI relève sa prévision 2026 pour l’économie mondiale, tiraillée entre choc énergétique et boom de l’IA

Le FMI mise sur l'IA pour la croissance mondiale 2026 (Source : lindustrialiste.com)

Le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement relevé mardi sa prévision de croissance mondiale pour 2026, décrivant une économie planétaire « fragmentée », tiraillée entre les dynamiques contradictoires de la flambée des prix de l’énergie et du boom des investissements dans l’IA.

Dans ses prévisions actualisées dévoilées à Bangkok, le FMI attend une croissance planétaire de 3,1% (+0,1 point par rapport aux prévisions de juillet) contre 3,5% en 2025, avant une accélération à 3,4% en 2027 (chiffre inchangé). La révision vient des bonnes performances des économies avancées, notamment asiatiques, dopées par le boom des investissements dans l’intelligence artificielle.
A l’inverse, les pays émergents pâtissent de la flambée des prix des hydrocarbures générée par le conflit au Moyen-Orient, qu’ils tentent d’amortir à coup de subventions absorbant leurs marges budgétaires déjà limitées. Dans le même temps, les pays importateurs d’énergie non exposés à l’essor de l’IA demeurent les plus vulnérables : une « trajectoire à deux vitesses », constate le Fonds.
« L’économie mondiale a fait preuve de résilience, mais cette résilience est mise à rude épreuve, avec des risques orientés à la baisse », avertit Silvana Tenreyro, cheffe économiste du FMI.

« Vents contraires »

Alors que les ratios des dettes publiques s’envolent, y compris dans les économies avancées, le FMI appelle les gouvernements à réduire leurs dépenses et à mieux gérer leur endettement : une équation compliquée pour les pays en développement. « Nous préconisons un équilibre entre les besoins immédiats liés à l’inflation – la sécurité alimentaire et énergétique – et la nécessité de préserver la stabilité à moyen terme », insiste Deniz Igan, cheffe de la division de recherche du FMI.
Dans ce contexte, « les vents contraires liés à une guerre prolongée (au Moyen-Orient) et à des tensions géopolitiques persistantes pourraient raviver les pressions inflationnistes, peser sur les situations budgétaires, et frapper le plus durement les pays importateurs d’énergie et à faible revenu », note le Fonds.
Parallèlement, la dynamique positive liée à l’IA « pourrait s’arrêter brutalement si les attentes concernant les bénéfices et gains de productivité du secteur étaient révisées à la baisse, freinant l’investissement et durcissant les conditions financières », relève-t-il.
Interrogée par l’AFP, Mme Tenreyro a déclaré que l’IA avait été un moteur économique majeur, contribuant à près de la moitié de la croissance du commerce mondial entre 2023 et 2025… atout à double tranchant si la tendance s’inverse.

Zone euro solide malgré tout

Conférence FMI 1: Pierre-Olivier Gourinchas en conférence de presse au FMI (Source : lindustrialiste.com)

Au-delà des Etats-Unis et de l’Asie, la zone euro montre également des signes de solidité, avec une croissance revue à la hausse (+0,2 point) pour 2026, au-delà désormais de 1%. La tendance est portée par l’Allemagne qui, après trois années difficiles dont deux de récession, connaît une vive accélération de sa croissance à 1,3% (+0,6 point), ainsi que par l’Espagne avec une croissance de 2,5% (+0,4 point).
A l’inverse, la France fait figure d’exception, avec une révision à la baisse (-0,2 point) par rapport aux prévisions de juillet, et une croissance désormais attendue à tout juste 0,4% cette année avant une très légère amélioration en 2027, à 0,7% (chiffre là aussi abaissé). Pour le FMI, la situation française s’explique par l’impact des événements climatiques, vagues de chaleur et incendies durant l’été, mais aussi par l’incertitude politique.

La guerre pèse sur le Moyen-Orient

Sans surprise, le Moyen-Orient et l’Asie centrale souffrent des effets de la guerre: l’Arabie saoudite devrait terminer l’année sur une contraction de 3,3% de son économie (-5 points). Ailleurs dans la région, le recul du PIB attendu en 2026 est encore plus marqué: -16% pour l’Irak, presque autant pour le Qatar, -16,7% pour le Koweït ou encore -11,3% pour Bahreïn, alors que l’Iran devrait subir une contraction de 7,6%. Le Fonds estime a indiqué que la région devrait rebondir rapidement une fois la guerre terminée, mais une grande incertitude persiste.
Parmi les autres principales économies, la Chine continue de ralentir, avec une croissance désormais attendue à 4,5% cette année et à tout juste 4% en 2027 (chiffres abaissés), plombée par une demande intérieure désespérément faible. A l’inverse, l’Inde connaît une forte révision (+0,6 point) pour cette année, avec une croissance désormais attendue à 7%, profitant, contrairement à la Chine, de sa forte demande intérieure et de la solidité de son secteur des services.

Entre le FMI et les pays de l’AES, des relations « solides et constructives » et des programmes qui se poursuivent

Le Fonds monétaire international (FMI) a signé un nouveau programme avec le Niger le 8 octobre, un prêt de 203 millions de dollars sur trois ans. Un signal fort, alors que les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale se sont ouvertes ce 12 octobre à Bangkok.
Malgré la sortie de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et les sanctions imposées ces dernières années, ces deux institutions poursuivent leur coopération avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et continuent de soutenir leurs économies.
Le FMI travaille avec des États et pas avec des organisations politiques : c’est la principale raison invoquée. Que ce soit avec le Niger, le Mali ou le Burkina Faso, la plupart des rapports de fin de missions établissent des relations « solides et constructives » entre les pays de l’AES et le FMI.
L’institution financière multiplie les visites dans les pays de l’AES et souligne régulièrement des résultats « globalement satisfaisants ».
Depuis les coups d’État menés par les différentes juntes au pouvoir à Bamako, Niamey et Ouagadougou, ces trois États ont cumulé environ un milliard de dollars de décaissements au titre des droits de tirages spéciaux (DTS), une réserve de valeur créée par le FMI que les pays peuvent échanger contre des devises pour financer leurs besoins.
Quant à la Banque Mondiale, elle a annoncé en avril dernier de nouveaux Cadres de partenariat-pays avec les trois de l’AES. Un « renforcement de la collaboration » aligné « sur les priorités nationales ». On parle là d’emploi, d’infrastructures et de développement du secteur privé.
Les pays ont bien créé en décembre dernier leur propre banque de développement, pour « plus de souveraineté financière », disaient-ils, afin de s’affranchir des bailleurs de fonds internationaux. Une banque, qui, pour l’instant n’a pas décaissé le moindre financement.

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