Ils étaient dix Nations africaines sur le starting-block, à l’occasion du Mondial de football 2026 coorganisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Les Africains ont vécu les émotions les plus contrastées. Si des habitués comme le Maroc ou le Sénégal étaient attendus, ce sont surtout les Léopards de la RDC et les Requins bleus du Cap-Vert qui ont émerveillé par l’extraordinaire niveau atteint.
La solidité des Lions de l’Atlas, capables de sortir les Pays-Bas pourtant largement plus expérimentés à ce niveau. La joie des Pharaons de l’Égypte, première fois à ce niveau et qualification acquise aux tirs aux buts contre l’Australie. Le Cap-Vert frôle l’exploit contre les champions du monde argentins, qualifiés dans la douleur en 8ème de finale, les Requins bleus tenaces et héroïques créant la sensation et amenant un vent d’air frais sur cette compétition marquée par une chaleur torride et les pauses d’eau froide.
Pour le reste, la déception teintée d’espoir en RDC, après avoir tenu les Portugais en échec avant de mener devant l’Angleterre d’Harry Kane et de ne plier qu’en toute fin de rencontre. Celle de l’impuissance pour l’Afrique du Sud face au Canada, de l’Algérie devant la Suisse et du Ghana contre la Colombie. Déception pure pour la Côte d’Ivoire qui avait le sentiment de pouvoir faire mieux qu’une élimination 2-1 face à la Norvège. Pour les talentueux Éléphants, les défaites face à l’Allemagne puis la Norvège soulignent les progrès à effectuer dans les moments décisifs.
Enfin, retour sur terre brutal pour les Lions de la Teranga du Sénégal, qui ont mené 2-0 face à la Belgique avant de s’effondrer. Au-delà du scénario renversant de l’élimination face aux Diables rouges, c’est la gestion en coulisses qui doit faire l’objet d’une remise à plat.
En huitièmes de finale, les chances africaines qui reposaient sur l’Égypte qui menaient 2-0 face à l’Argentine championne du monde, ont été anéanties dans les toutes dernières minutes à Atlanta. Il fallait à présent compter sur le Maroc qui, lui, a réussi à éliminer le Canada, un des pays organisateurs.
Les espoirs africains déçus par le Maroc

En effet, s’il y avait une équipe africaine qui sortait du lot à cette Coupe du monde 2026, c’était bien le Maroc. Demi-finaliste il y a quatre ans au Qatar et seule équipe du continent à s’être qualifiée pour les quarts de finale, les Lions de l’Atlas ont montré une maîtrise de leurs matchs et une bonne assurance dans l’adversité. Avec un match nul contre le Brésil en guise d’entrée dans la compétition, puis trois victoires contre l’Écosse, Haïti et les Pays-Bas, les hommes de Mohamed Ouahbi ont fait bonne impression en début du tournoi.
Mais ils se sont heurtés à la France, dès les quarts de finale cette fois-ci – en 2022, ils avaient perdu face aux Bleus en demi-finale. Pour les Lions de l’Atlas, ce fut l’hécatombe, battus 2-0. Les Lions de l’Atlas sortaient ainsi de la compétition et éteignaient les lampions pour le continent, dont pourtant neuf sélections s’étaient qualifiées pour les 16èmes de finale (Afrique du Sud, Algérie, Cabo Verde, Côte d’Ivoire, Égypte, Ghana, Maroc, République démocratique du Congo et Sénégal) sur les dix places décrochées au tournoi, après l’élimination précoce de la Tunisie.
Avant la compétition, la presse internationale voyait en plusieurs sélections africaines de sérieuses concurrentes aux équipes européennes et sud-américaines qui dominent le football mondial. Certains observateurs avaient même spéculé, croyant que l’édition 2026 était peut-être celle de l’Afrique. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Maroc étaient dans la conversation. Mais les trois sélections se sont fait sortir – curieuse coïncidence – dans les ultimes minutes.
En effet, les champions d’Afrique (sur la pelouse) menaient 2-0 face aux Belges, qui sont parvenus à réaliser l’exploit en renversant le match et à égaliser dans les cinq dernières minutes, pour s’imposer en prolongations (3-2). Quant à l’Égypte, qui avait franchi la barre des huitièmes de finale, elle aussi menait 2-0 contre l’Argentine tenante du titre, avant de s’effondrer et de prendre trois buts dans les 15 dernières minutes. La Côte d’Ivoire, elle, a montré de très belles choses face aux Vikings, mais a fini par craquer sous les crampons du Cyborg Erling Haaland (2-1).
RDC et Cap Vert, les deux belles notes du Mondial

Mais ce sont les Léopards de la RDC et le Cap Vert, deux nations peu attendues, qui auront le plus marqué les esprits. Les Léopards, première sélection sub-saharienne présente lors d’une phase finale de la Coupe du monde, en étaient à leur deuxième participation, après le naufrage de 1974. Cette fois-ci, ils sont qualifiés pour les 16èmes avec une victoire, un nul et une défaite in extremis.
Le calendrier des Léopards s’affichait comme une sentence. Ils devaient entrer dans l’arène face à l’armada technique du Portugal, à l’explosivité de la Colombie et à la rigueur impitoyable de l’Angleterre. Mais les fauves n’ont pas tremblé. Ils ont regardé le Portugal dans les yeux, brisé les vagues offensives colombiennes et répondu au défi physique des Anglais avec une discipline tactique de fer doublée d’une audace technique qui ont forcé le respect de la planète entière. Néanmoins, la palme revient finalement au Cap Vert pour lequel il s’agissait de la première participation. Mais il a ébloui la planète foot après avoir franchi le premier tour sans concéder la moindre défaite et avoir tenu en échec des grandes nations telle que l’Espagne (0-0), qui pourtant va ensuite terrasser tous ses adversaires jusqu’à atteindre la finale. Il ne sera éliminé qu’in extremis par l’autre finaliste, l’Argentine (3-2), au 16ème après prolongation. Preuve de son héroïsme tout au long d’un tournoi dont le calendrier ne lui aura pourtant pas été favorable.
Les hommes de l’entraîneur Bubista, de son vrai nom Pedro Leitão Brito, grâce à leur jeu collectif préféré aux individualités, une organisation défensive rigoureuse, une grande solidarité entre les lignes et une efficacité en transitions rapides, avaient déjà créé la sensation en atteignant les huitièmes de finale dès leur première participation. Ils sortiront de la compétition la tête haute face à l’une des meilleures équipes du monde, se battant jusqu’au bout sans jamais rien lâcher.
Ainsi, le monde entier a retenu son souffle. Les Léopards de la RDC et les Requins bleus du Cap Vert sont partis en Amérique en outsiders, ils reviennent à la maison en héros, après avoir offert au football l’une des plus belles pages de son histoire moderne. Ils ont fait vibrer des centaines de millions de cœurs, à l’unisson. Bravos à eux.










































