Accueil Monde « Bâtir l’avenir euro-congolais ensemble » : Plaidoyer pour la paix et...

« Bâtir l’avenir euro-congolais ensemble » : Plaidoyer pour la paix et des investissements massifs en RDC

Une importante rencontre a été organisée le jeudi 7 mai 2026 à Bruxelles, entre des personnalités congolaises et leurs homologues belges autour d’une conférence au siège du parti flamand Anders, principalement centrées sur les interventions du ministre de la Communication et des Médias Patrick Muyaya, de son collègue des Droits humains Samuel Mbemba et de la députée européenne du Groupe Renew Europe Hilde Vautmans.

À la tribune de cette conférence axée sur le thème « Bâtir l’avenir euro-congolais ensemble », le ministre et porte-parole du Gouvernement congolais a mis en avant le rôle stratégique du continent africain dans les équilibres futurs du monde, insistant particulièrement sur la place centrale qu’occupe la République démocratique du Congo grâce à son poids démographique, sa position géostratégique et l’immensité de ses ressources naturelles.
Selon lui, l’Afrique représente désormais « l’avenir du monde », aussi bien par le potentiel de sa population que par ses richesses minières, énergétiques et environnementales. Dans cette dynamique, la RDC apparaît comme un véritable « pays solution », capable de contribuer aux enjeux mondiaux, a-t-il souligné.
Il a également défendu la vision d’une coopération renouvelée entre l’Europe et la République démocratique du Congo, fondée sur des investissements structurants et une approche dépassant le modèle classique de l’aide au développement.
Face aux responsables politiques européens présents à cette rencontre, parmi lesquels outre Mme Hilde Vautmans, M. Frédéric De Gucht, Président du parti libéral néerlandophone Anders, ainsi que M. Samuel Mbemba, ministre congolais des Droits Humains, et Mme Melissa Zalo, chargée des Relations internationales de la diaspora congolaise Europe-USA-Afrique, Patrick Muyaya a appelé l’Europe à franchir un nouveau cap dans ses relations avec la RDC en privilégiant des investissements massifs.

Le retour définitif de la paix essentiel pour libérer pleinement le potentiel de développement de la RDC

Abordant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, le ministre congolais de la Communication et des Médias a réaffirmé que le retour définitif de la paix demeure une condition essentielle pour permettre à la RDC de libérer pleinement son potentiel de développement. Il a par ailleurs estimé que la stabilité régionale devra favoriser un climat propice aux investissements et à la croissance.
En s’appuyant sur les rapports des Nations unies, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a quant à lui mis en avant le lourd bilan humain du conflit, ayant causé des millions de morts et de déplacés internes, ainsi que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis dans l’Est du pays. À cet effet, il a regretté le fait que, malgré la reconnaissance de ces crimes, ceux-ci ne soient pas officiellement qualifiés de génocide.
La délégation congolaise exige de ce fait que l’Union européenne adopte des sanctions contre le Rwanda, à l’image des mesures prises par les États-Unis contre certains responsables liés au conflit. Le ministre Samuel Mbemba a appelé la diaspora congolaise à renforcer le lobbying international qu’elle réalise avec assiduité depuis un certain temps afin de défendre la cause congolaise et faire reconnaître les souffrances subies par les populations.
À ce sujet Mme Hilde Vautmans a reconnu qu’il s’agit là d’« une occasion spéciale pour moi de me mettre à jour sur l’actualité, notamment la crise à l’Est de la RDC, grâce aux interventions de Patrick Muyaya, de Samuel Mbemba et Melissa Zalo,» promettant de continuer à se battre pour le retour de la paix en RDC.
Mme Melissa Zalo avait quant à elle relevé que l’aide humanitaire internationale reste insuffisante face à la gravité de la crise et a insisté sur la nécessité d’obtenir la paix, la justice et une réponse internationale plus ferme.

« L’Union européenne devrait emboîter le pas aux États-Unis et sanctionner à son tour l’armée rwandaise et ses complices pour les crimes sur les populations congolaises »

Devant plusieurs députés et responsables de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique-UE, le porte-parole du gouvernement, M. Patrick Muyaya, a porté à Bruxelles la demande de Kinshasa, dans son offensive diplomatique, pour un renforcement des sanctions contre l’armée rwandaise. Il s’exprimait à cet effet le jeudi 7 mai au Parlement européen.
La délégation congolaise s’est entretenue avec Mme Hilde Vautmans, qui préside la Chambre, au moment où les violences persistent dans l’est de la RDC. Les échanges ont servi à évaluer les progrès du processus de paix en cours et la situation humanitaire dans la région.
À cette occasion, M. Patrick Muyaya a emballé l’assistance, pressant une fois de plus « l’Union Européenne à emboîter le pas aux États-Unis en sanctionnant à son tour l’armée rwandaise et tous ses complices pour les crimes qu’ils continuent de perpétrer sur nos populations ». Il a plaidé pour que l’UE « s’implique davantage en soutenant les efforts tant au niveau de la justice que de la traçabilité des minerais rachetés illicitement par les entreprises européennes ».

L’UE mise face à la question de ses responsabilités

Le ministre de la Communication et médias a souhaité voir la position européenne évoluer pour refléter la gravité des faits documentés dans l’Est de la RDC. Il estime que des mesures plus fermes sont nécessaires pour mettre fin à l’impunité.
Ainsi, Muyaya a insisté sur le rôle des entreprises européennes dans les filières minières. Selon lui, certaines d’entre elles continuent d’acheter des minerais sans vérifier leur origine, alimentant ainsi des circuits illégaux. Voilà pourquoi, il a appelé à un accompagnement concret de l’UE sur deux axes : l’appui judiciaire et la mise en place de mécanismes de traçabilité plus stricts.
Les discussions ainsi que les échanges avec les nombreux membres de la diaspora congolaise de Belgique qui ont effectué le déplacement à cette occasion, ont permis d’aborder « l’évolution du processus de paix et la situation des droits de l’homme dans l’Est de la RDC ». La démarche s’inscrit dans la stratégie diplomatique de Kinshasa, qui cherche à mobiliser les capitales occidentales sur la crise sécuritaire.
En plaidant pour des sanctions calquées sur celles prises par Washington, Kinshasa veut aligner les partenaires européens sur une lecture commune de la crise. L’administration Tshisekedi reste convaincue que la stabilité de l’Est passe par une action coordonnée contre les soutiens extérieurs aux nombreux groupes armés qui y sévissent.
Le porte-parole du gouvernement congolais a donc utilisé la tribune bruxelloise pour réitérer l’appel à une réponse politique et économique plus cohérente de l’UE. L’objectif affiché est de protéger les populations civiles et de rétablir l’autorité de l’État dans les zones affectées. Le dossier des minerais reste au centre des revendications, tant pour la justice que pour l’assainissement des chaînes d’approvisionnement.

Publicité