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Franc congolais : La stratégie de stabilisation monétaire de la Banque centrale, des résultats dans la durée qui font taire les critiques

RDC : André Wameso Nkualoloki, le Gouverneur de la banque centrale

Depuis octobre 2025, la politique monétaire conduite par le Gouverneur de la Banque centrale du Congo a suscité un débat public intense, notamment autour de l’appréciation du franc congolais et de la stratégie de stabilisation monétaire mise en œuvre par l’Institut d’émission. Les faits observés jusqu’au 15 mai 2026 donnent pourtant raison à M. André Wameso.

Les critiques portées sur la politique monétaire initiée par le gouverneur Wameso, à première vue, présentaient une certaine cohérence théorique réelle. En effet, avec une économie congolaise fortement dollarisée, soutenue quasiment par aucune industrie valable au niveau de la production, il était difficilement concevable qu’une initiative osée telle que celle prise par la Banque centrale puisse durablement stabiliser la monnaie nationale face à la devise de référence. Surtout qu’elle était non plus appuyée presque par aucune réelle réforme structurelle de l’État ni de la fiscalité, encore moins de la gouvernance économique. Aux termes d’une « note de gouvernance publique » émise par le Cabinet LECC intitulée « Évaluation des critiques adressées à la politique monétaire du Gouverneur André Wameso et état des résultats observés au 15 mai 2026 », cette organisation estime que l’évaluation d’une politique économique ne peut reposer exclusivement sur des hypothèses théoriques, mais être confrontée aux résultats observables.
À en croire l’étude, entre octobre 2025 et mai 2026, plusieurs faits majeurs sont venus renforcer la crédibilité de la stratégie conduite par la Banque centrale du Congo.
D’abord, le Franc congolais a maintenu une stabilité relative sur une durée significative, ce qui constitue déjà un changement important et un résultat probant à porter à l’actif du Gouverneur Wameso, dans un contexte où, depuis son lancement, la monnaie nationale a toujours été confrontée à des cycles rapides de dépréciation.
Ensuite, il convient de reconnaître que l’inflation a été contenue à des niveaux plus maîtrisés qu’au cours des périodes précédentes, contribuant ainsi à restaurer progressivement la confiance dans la monnaie nationale.
Enfin et et surtout, les réserves internationales de change ont atteint pour la première fois et sous le gouverneur André Wameso le seuil historique de 8 milliards USD, selon l’étude LECC qui observe qu’il s’agit là d’un élément déterminant dans l’évaluation du débat public ouvert depuis octobre 2025.

Au lieu d’un épuisement progressif, en RDC les réserves se sont plutôt renforcées

(Source : financialafrika.com)

Dans la réalité, l’argument central selon lequel la Banque Centrale soutenait artificiellement le franc au prix d’un épuisement progressif des réserves a été démenti par les données observées. Si dans la plupart des cas, une défense artificielle et non soutenable d’une monnaie conduit mécaniquement à une diminution rapide des réserves de change, au contraire la dynamique constatée en RDC a été inverse : les réserves se sont plutôt renforcées.
En clair, cela signifie que la stabilisation monétaire ne reposait pas uniquement sur des injections ponctuelles de devises, mais également sur une amélioration plus large des équilibres de confiance, des flux extérieurs et de la crédibilité institutionnelle de la Banque centrale.
L’organisation pointe également que certaines critiques budgétaires formulées contre la politique monétaire ne relèvent pas exclusivement de la responsabilité de l’Institut d’émission. Dans toute économie moderne, la stabilité macroéconomique suppose une coordination permanente entre politique monétaire, politique budgétaire et discipline de gestion publique. Les tensions ponctuelles observées sur certaines dépenses publiques ne suffisent donc pas, à elles seules, à invalider les résultats macroéconomiques enregistrés.
Le Cabinet LECC considère dès lors que les faits observés jusqu’au 15 mai 2026 donnent globalement raison à la stratégie monétaire défendue par le Gouverneur André Wameso. Néanmoins, LESS fait remarquer que cette conclusion ne signifie pas que tous les défis sont résolus. L’économie congolaise demeure confrontée à des contraintes structurelles majeures : dollarisation persistante, faiblesse de la transformation productive, vulnérabilité budgétaire et forte dépendance aux recettes minières. Toutefois, la période récente démontre qu’une politique monétaire cohérente, techniquement assumée et soutenue par une gouvernance renforcée peut contribuer à restaurer progressivement la crédibilité du franc congolais.

« Juger la stabilité monétaire plutôt à travers les résultats sur les réserves, l’inflation, la confiance et la soutenabilité macroéconomique »

Pour l’étude, le débat ouvert depuis octobre 2025 aura eu un mérite essentiel : rappeler que la stabilité monétaire ne peut être jugée uniquement à travers les intentions des acteurs, mais à travers les résultats effectivement produits sur les réserves, l’inflation, la confiance et la soutenabilité macroéconomique. Ce que le Gouverneur Wameso a brillamment accompli avec les mesures édictées.
Pour rappel, les critiques les plus constantes sont celles formulées par le député Godé Mpoyi, soutenant dès le 10 octobre 2025 que les mesures prises par la Banque centrale reposaient sur des mécanismes temporaires et contradictoires. Selon lui, l’injection de devises et le resserrement de certaines liquidités ne pouvaient produire qu’une stabilité artificielle et provisoire du franc. Il estimait également que l’assouplissement du taux directeur risquait de recréer la liquidité que la Banque centrale tentait simultanément de retirer.
En novembre 2025, Godé Mpoyi avait durci sa position, allant jusqu’à affirmer que l’appréciation du Franc congolais allait réduire les recettes publiques exprimées en monnaie nationale et créer des tensions budgétaires, notamment sur la masse salariale de l’État. Début 2026, il développa une critique plus globale, estimant que la stratégie monétaire suivie comprimait l’espace fiscal, ralentissait certaines dépenses publiques et risquait de provoquer des tensions sociales. À plusieurs reprises il soutint également que la stabilisation du franc ne reposait pas sur des fondamentaux suffisamment solides et qu’elle pourrait conduire à l’érosion progressive des réserves de change. Des critiques que la durabilité des effets des mesures édictées par la Banque centrale sous André Wameso ont complètement battues en brèche.

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