Kinshasa a réaffirmé sa détermination à favoriser le retour et la réintégration des réfugiés congolais ayant librement consenti au rapatriement, à l’issue de la 2ème réunion tripartite RDC-Burundi-HCR tenue du 2 au 4 juin dans la capitale de la République démocratique du Congo.
Dans son allocution de clôture, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, a indiqué que ces travaux ont permis d’aboutir à une compréhension commune du processus de rapatriement des réfugiés vivant dans les deux pays, la RDC et le Burundi, ainsi qu’à l’élaboration d’une feuille de route destinée à atteindre les objectifs fixés. Il a également exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des experts pour leur contribution à la réussite de ces assises.
« Pour sa part, le gouvernement de la République démocratique du Congo mettra tout en œuvre afin de traduire en actes les résolutions formulées à l’issue des présentes assises, afin de favoriser le retour et la réintégration des réfugiés congolais ayant librement consenti au rapatriement », a-t-il assuré.
Poursuivant son intervention, Jacquemain Shabani a rappelé que le rapatriement des réfugiés repose sur le principe du volontariat. À ce titre, le gouvernement congolais renouvelle son engagement à poursuivre sa mission de protection des réfugiés burundais ayant trouvé asile sur le territoire de la RDC, conformément aux instruments juridiques internationaux pertinents en la matière.
À cet effet, il a sollicité l’appui de la communauté internationale à travers le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), notamment dans la mobilisation des ressources nécessaires au rapatriement, à la réintégration, au relèvement communautaire ainsi qu’à la réhabilitation de l’environnement dans les zones d’accueil des réfugiés.
De son côté, Éric Mukandila, secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR), a souligné à l’ouverture des travaux que les différentes crises qu’ont connues les deux pays ont entraîné d’importants déplacements de populations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leurs frontières, principalement dans la région des Grands Lacs.
46 444 réfugiés burundais présents sur le territoire congolais

Il a indiqué qu’au 30 avril 2026, la RDC accueillait 46 444 réfugiés burundais, principalement installés dans les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, du Haut-Katanga et du Tanganyika. Il a précisé que leur rapatriement se déroule à un rythme variable, marqué par des suspensions d’opérations en raison des hostilités liées aux affrontements impliquant l’armée rwandaise et ses alliés de l’AFC/M23, ainsi qu’à l’état de dégradation avancée des infrastructures routières.
S’agissant des réfugiés congolais, M. Mukandila a indiqué que leur nombre a sensiblement augmenté à la suite de l’occupation d’une partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par l’armée rwandaise et les rebelles du M23/AFC.
« L’évolution positive de la situation sécuritaire dans les territoires d’Uvira a favorisé le retour spontané de plus de 48 000 personnes ainsi que celui de plus de 3 000 personnes dans le cadre d’un retour facilité au 27 mai 2026 », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le représentant du HCR en RDC, M. Pierre Atchom, a réaffirmé la disponibilité totale de l’agence onusienne à accompagner les deux gouvernements dans la mise en œuvre des engagements pris, notamment en soutenant les efforts de protection, de retour volontaire et de réintégration durable.
Il a reconnu que les défis auxquels les parties font face demeurent importants, faisant toutefois remarquer que les échanges des derniers jours ont démontré que le dialogue, la coopération et un engagement constant permettent d’enregistrer des avancées concrètes au bénéfice des populations concernées.
Le représentant du HCR a rappelé les principaux engagements dégagés au cours des discussions, notamment le caractère strictement volontaire du rapatriement, fondé sur une décision libre et éclairée des réfugiés, ainsi que la nécessité de poursuivre les efforts visant à améliorer les conditions dans les zones de retour afin de garantir la sécurité, la dignité et la durabilité des réintégrations.
Le Burundi salue l’hospitalité légendaire de la RDC envers les réfugiés

Il a également souligné l’engagement des parties à renforcer leur coordination en vue d’une mise en œuvre efficace des actions convenues, ainsi que l’importance de maintenir une approche progressive et flexible tenant compte des réalités du terrain. À son avis, l’adoption des conclusions de ces assises constitue une étape importante, car elle dote les parties d’un cadre opérationnel qui devra guider les actions à mener dans les mois à venir.
Le ministre burundais de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, Léonidas Ndaruzaniye, a salué l’hospitalité légendaire de la RDC envers les réfugiés en général et ceux du Burundi en particulier, avant de souligner que son pays a accordé le même traitement aux réfugiés congolais, notamment à travers leur accueil et l’octroi du statut de réfugié « prima facie » dans les situations d’afflux massif.
Il a rappelé que la présente réunion de la Commission s’inscrit dans le cadre des accords tripartites signés le 11 décembre 2009 entre le Burundi, la RDC et le HCR pour promouvoir des solutions durables en faveur des réfugiés.
Le ministre a également rappelé que le droit de quitter son pays et d’y retourner constitue un droit fondamental consacré notamment par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966.
4 459 réfugiés congolais déjà rapatriés du Burundi

Soucieux d’honorer les engagements internationaux souscrits par son pays et en concertation avec le HCR, le gouvernement burundais a facilité le retour volontaire des réfugiés congolais vivant sur son territoire. Un processus qui a débuté le 23 avril 2026 et qui a déjà permis le retour de 4 459 réfugiés congolais.
Selon Léonidas Ndaruzaniye, ce processus constitue une réponse à plusieurs préoccupations, notamment celles liées à la conjoncture économique mondiale qui affecte de plus en plus les interventions humanitaires et les capacités opérationnelles des partenaires impliqués dans le rapatriement.
« Dans la perspective de soutenir durablement ce processus, il serait souhaitable d’accélérer le retour des réfugiés congolais afin de faire face aux nombreux défis auxquels ils sont confrontés, sans laisser aucun partenaire pour compte », a-t-il proposé.
Il a par ailleurs estimé que la rencontre de Kinshasa permettra aux différents acteurs concernés de prendre des décisions pertinentes sur la base des recommandations formulées au cours des assises et de proposer de nouvelles approches susceptibles de contribuer à l’élaboration d’une stratégie globale concernant la situation résiduelle des réfugiés congolais vivant au Burundi et des réfugiés burundais vivant en RDC, dans le respect des principes de protection internationale, régionale et nationale.
La Commission tripartite RDC-Burundi-HCR constitue un cadre de concertation entre la République démocratique du Congo, la République du Burundi et le HCR. Elle vise à évaluer la situation des réfugiés des deux pays et à coordonner les mécanismes de rapatriement volontaire. Les accords tripartites signés en 2009 encadrent juridiquement ce processus afin de garantir des retours dans des conditions de sécurité, de dignité et de respect des droits humains.









































