
Le prix lui est décerné pour récompenser ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international. L’avocate Navanethem Pillay souhaite dédier ce prix Nobel aux « survivants de crimes internationaux ». Actuellement, nous vivons à une époque où les droits de l’homme sont de plus en plus attaqués, a déclaré Pillay.
À 85 ans, Navanetem (Navi) Pillay se voit décerner le prix Nobel de la paix le vendredi 09 octobre 2026 en Norvège. Elle a présidé la commission d’enquête indépendante de l’ONU qui a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza. La distinction vient récompenser « ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international ». Le comité Nobel indique dans un communiqué que la lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites judiciaires.
Un « courage et une intégrité » à « une époque marquée par des défis existentiels, notamment un nombre de guerres et de conflits que le monde n’avait pas connu depuis longtemps, le droit international n’est plus seulement un complément à la paix et à la sécurité. C’est une nécessité absolue », a déclaré le jury dans sa communication. La guerre qu’inflige le Rwanda à la République démocratique du Congo depuis trois décennies, par supplétifs interposés, en est une parfaite illustration.
Aujourd’hui juge à la Cour internationale de justice dans l’affaire relative à l’accusation de la Birmanie d’avoir commis un génocide, Navanethem Pillay est avocate d’origine indienne dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Connue pour sa capacité à défendre des personnes poursuivies dans des affaires compliquées, elle fait son chemin dans des juridictions sud-africaines avant de poursuivre sa carrière au niveau international.

«Il est temps pour tous les Européens de se demander comment leurs gouvernements ont noué des relations avec des régimes répressifs, au travers de leur politique étrangère et de leur commerce, sans évoquer les questions très importantes de droits de l’homme», a-t-elle déclaré à l’issue d’une rencontre avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Elle a notamment assuré la défense des activistes anti-apartheid et a obtenu des droits cruciaux pour les prisonniers politiques. C’était d’abord devant la Cour pénal internationale puis au Tribunal pénal international pour le Rwanda. Un autre dossier difficile mis à son actif, c’est l’enquête sur les atteintes aux droits dans les territoires palestiniens et en Israël. Dans le cadre de cette enquête, elle a présidé la commission de l’ONU. Entre 2008 et 2014, elle est juge et Haute-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU.
Figurant parmi les plus prestigieuses récompenses de la planète, le prix Nobel se traduit par un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1.073.400 millions d’euros. En 2025, c’est Maria Corina Machado qui avait été récompensée pour son travail inlassable en faveur de la promotion des droits démocratiques du peuple vénézuélien et pour son combat en faveur de la dictature à la démocratie.
Signalons qu’un chirurgien et gynécologue congolais, Dr Denis Mukwege, avait également obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2018 pour son travail consistant en la prise en charge globale des centaines de milliers de femmes victimes de viol utilisé dans l’Est de la RDC par l’armée rwandaise et ses nombreux groupes armés comme « arme de guerre », dans l’indifférence générale de la communauté internationale.








































