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Burundi-Rwanda : la « menace » d’une attaque rwandaise contre le Burundi « existe encore », affirme le président burundais

le président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye (Image : sosmediasburundi.org)

Dans un entretien accordé à France 24, le président burundais Évariste Ndayishimiye estime que la « menace » d’une attaque du Rwanda contre son pays « existe encore ». Jugeant que les autorités rwandaises « ne sont pas honnêtes », il voit « un autre agenda caché » derrière les raisons avancées par Kigali pour sa présence dans l’est de la RD Congo.

Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, affirme toujours redouter une attaque rwandaise contre son pays. Le chef de l’État burundais s’est ainsi exprimé en marge de la 81ème Assemblée générale des Nations unies à New York. « Ces craintes, elles sont toujours là parce que l’état-major qui organise ce terrorisme se trouve à Kigali, géré par Kigali, armé par Kigali, entretenu par Kigali », déclare-t-il, assurant pour sa part que « le Burundi n’a rien contre le Rwanda ».
Plus de six mois après la signature à Washington d’accords entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, le Président Évariste Ndayishimiye constate que « nous sommes dans l’impasse », faute de retrait des troupes rwandaises, responsables des atrocités dans l’Est de la RDC depuis trois décennies et de 10 millions de morts des Congolais. « Jusqu’à maintenant, je ne vois pas un signe manifeste de désengagement des forces », dit-il.
De son côté, le chef de la diplomatie rwandaise accuse l’armée burundaise de collaborer avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), rebelles hutu rwandais, que Kigali dit être déployés dans l’est de la RD Congo, sans en apporter la moindre preuve. Mais les FDLR ne constituent qu’un prétexte pour le Rwanda, estime le président burundais : « Ce qui se dit, ce n’est pas ce qui se fait ».

Le président burundais juge Kagame de « malhonnête » et réagit aux accords migratoires passés avec Trump

Paul Kagame, le président du Rwanda (Image :guineesouverain.com)

Évariste Ndayishimiye juge en outre Paul Kagame de « malhonnête », ce dernier ayant démenti s’être engagé à transférer au Burundi des personnes soupçonnées d’avoir fomenté la tentative de coup d’État de 2015. Le chef d’État burundais affirme pourtant que le président rwandais lui avait dit, dans son bureau : « Si j’ai promis, j’ai promis, je vais te les remettre ».
Interrogé sur d’éventuelles sanctions contre le régime rwandais, Évariste Ndayishimiye dit privilégier « la voie de dialogue », car « quand vous sanctionnez un pays, c’est toujours les citoyens qui en souffrent, parce que les autorités vont continuer à vivre ».
Le président burundais s’est enfin exprimé sur l’enquête d’un consortium de médias internationaux, dont France 24, consacrée aux accords passés entre plusieurs pays africains et l’administration Trump pour accueillir des migrants de pays tiers et dont le Burundi en a récemment accueilli une douzaine. « Le Burundi est un pays d’accueil », justifie Évariste Ndayishimiye, précisant que son gouvernement a seulement demandé aux États-Unis de ne pas « amener des criminels ».
À une question sur les millions de dollars qui auraient été proposés par l’administration américaine en échange, il répond : « Je crois que ce n’est pas vrai », arguant que la gestion de ces migrants revient à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

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