Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé le vendredi 17 juillet la participation de son pays à l’exercice nucléaire français « Poker ». Pour l’Allemagne et la France, l’objectif affiché est de renforcer la « dissuasion européenne ». L’opération Poker a lieu quatre fois par an et mobilise une quarantaine d’aéronefs.
Avions de surveillance AWACS, de ravitaillement A330 MRTT « Phénix », avions de chasse… Au total, ce sont quarante aéronefs qui ont pris leur envol en mars pour effectuer l’un des quatre exercices annuels menés par l’armée de l’Air et de l’Espace française, « Poker ». L’opération d’entraînement simule un raid aérien nucléaire et son objectif est simple : montrer aux puissances du monde que la France pourrait répondre de manière crédible et efficace à toute attaque d’envergure qui justifierait l’emploi de l’arme nucléaire.
Les avions français de combat, les Rafale, y sont notamment déployés de façon temporaire. Ce sont eux qui transporteraient la bombe atomique, si la situation le justifiait. Pour cet exercice, ils emportent avec eux une maquette réalisée à l’échelle exacte d’un missile nucléaire. En tout, « Poker » dure une dizaine d’heures et se caractérise par des vols à très basse altitude et à très grande vitesse avec opposition d’une force adverse.
Après l’échec du Scaf, l’UE met les bouchées doubles
L’exercice vise à « renforcer la crédibilité de la France et démontrer le haut niveau d’expertise », décrit l’armée de l’Air et de l’Espace. Mais le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz souhaitent qu’il puisse bénéficier à toute l’Europe, pour renforcer la dissuasion de l’Union.
Dans la même idée, Berlin et Paris avaient tenté le projet commun du Scaf, mais cet avion de combat du futur franco-allemand est mort dans l’œuf. Fort de cet « échec », les deux pays ont « tiré une conséquence », a affirmé Emmanuel Macron. C’est en ce sens que les forces allemandes vont participer « dès cette année » à l’exercice nucléaire français « Poker », a annoncé le chancelier Friedrich Merz le vendredi 17 juillet.
« L’Allemagne et la France approfondissent leur coopération en matière de défense. Nous renforçons la dissuasion européenne. Dès cette année, nous prendrons part à un exercice nucléaire des forces armées françaises », a déclaré le dirigeant allemand sur le réseau X à l’issue du conseil des ministres bilatéral qui s’est tenu à Brühl, près de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne.
Concrètement, seule la France dispose de l’arme nucléaire au sein de l’Union européenne. À l’échelle du continent européen, le Royaume-Uni en est aussi doté. Le pays a d’ailleurs pu observer cette année l’un des exercices « Poker » français. Les pays alliés, dont l’Allemagne, opérerait donc avec leurs armes conventionnelles.
« Aucun partage de la décision ultime »
Les partenaires de Paris pourraient participer à la dissuasion sur trois points : l’alerte avancée, notamment les radars, la défense antimissiles, les frappes dans la profondeur.
La présence d’un Rafale des forces stratégiques françaises sur la base aérienne de Nörvenich, où Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron ont tenu vendredi matin un conseil commun de défense et de sécurité, « marque la première étape opérationnelle » de cette coopération, ont-ils affirmé dans une déclaration finale diffusée dans un communiqué.
Dans un discours le 2 mars, M. Macron a exposé le concept de « dissuasion avancée », associant huit pays européens mais « sans aucun partage de la décision ultime » d’engagement du feu nucléaire, qui restera une prérogative exclusive du président français.









































