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Reprise des hostilités entre l’Iran et les États-Unis : Téhéran menace d’une « offensive totale »

(Image source : fr.benzinga.com)

Pour la septième nuit consécutive le 18 juillet, les États-Unis ont bombardé l’Iran, faisant au moins trois morts dans la province d’Hormozgan, selon l’agence officielle Irna. En représailles, Téhéran a frappé des cibles en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn, tout en menaçant de déclencher une « offensive totale ».

Les affrontements avaient repris le 7 juillet après des attaques iraniennes contre des navires dans le Golfe. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril. Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains contre l’Iran, le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n’en finit pas d’ébranler l’économie mondiale.
Un mois après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis censé ouvrir une période de pourparlers de paix, l’escalade continue au Moyen-Orient avec des échanges de frappes quotidiens et des incidents maritimes en série.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), qui a indiqué que ces bombardements avaient été ordonnés par le président Donald Trump dans le but de « continuer d’affaiblir les capacités militaires iraniennes », a dit avoir attaqué « des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes », sans toutefois mentionner de cibles civiles.
L’on sait que les États-Unis ont frappé « des dizaines de cibles » pour nuire au contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, un détroit stratégique, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, aujourd’hui à nouveau verrouillé par l’Iran après la reprise des hostilités.
Dans la foulée, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir «stoppé» quatre navires qui tentaient de franchir sans leur autorisation le détroit où, toujours selon Téhéran, deux pétroliers ont par ailleurs sauté sur des mines.
« Quatre navires en infraction, soutenus par l’armée terroriste américaine, ont tenté de traverser le détroit d’Ormuz, et les quatre navires ont été stoppés sur place lors d’une opération combinée de missiles et de drones », ont déclaré les Gardiens, cités par la télévision d’État.
« Deux pétroliers, qui tentaient de traverser le champ de mines situé au sud du détroit d’Ormuz, trompés par les services de renseignement américains, ont explosé et pris feu », ont-ils également indiqué, selon Irna, sans préciser la nationalité des navires ni s’il y avait des victimes.
Le Commandement de l’armée américaine pour le Moyen-Orient (Centcom) a démenti. « Comme la plupart des revendications du Corps des gardiens de la Révolution islamique, ceci est faux », ont-ils écrit sur X, sans fournir plus d’explications.

Téhéran annonce des frappes contre trois installations militaires au Koweït et en Jordanie

(Image d’illustration / Source : radiomaximumfm.com)

Quelques heures plus tard, Téhéran a annoncé que les frappes américaines avaient fait au moins trois morts et huit blessés, selon les autorités locales citées par l’agence officielle Irna. Téhéran a ajouté à la télévision d’État avoir élargi sa riposte aux frappes américaines en visant plusieurs installations militaires au Koweït et en Jordanie. Selon les autorités iraniennes, les frappes ont ciblé le camp d’Al-Adiri ainsi que la base aérienne d’Ali Al-Salem au Koweït, de même que la base d’Al-Azraq, située dans l’est de la Jordanie.
Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont menacé d’une « offensive totale » si les frappes américaines continuent dans le sud de l’Iran et le détroit d’Ormuz. « Nos frappes ciblées contre l’ennemi continueront jusqu’au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d’Ormuz », a déclaré Majid Mousavi, commandant de leur Force aérospatiale.
Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a menacé d’un durcissement de la riposte si les frappes américaines se prolongeaient au-delà de « deux-trois jours », avertissant que « l’Iran ne se contentera plus de riposter et aucune frontière ne sera à l’abri ».

Les pays du Golfe qualifient de « crimes de guerre » les attaques iraniennes d’infrastructures civiles

Les pays du Golfe ont qualifié le 18 juillet de « crimes de guerre » les attaques iraniennes d’infrastructures civiles. Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a condamné les attaques iraniennes contre des infrastructures civiles de Bahreïn, de Jordanie et du Koweït. « Les actions de l’Iran représentent une escalade extrêmement dangereuse, une grave violation du droit international et de la Charte des Nations unies, ainsi que des crimes de guerre, compte tenu du ciblage délibéré d’infrastructures et installations civiles », a déclaré dans un communiqué Jasem Mohamed Albudaiwi.
Au Koweït selon les autorités, les frappes ont gravement endommagé un site pétrolier et provoqué un incendie ainsi que la mise à l’arrêt de plusieurs unités de production dans une centrale électrique et de dessalement d’eau, une autre installation similaire ayant déjà été touchée la veille.
Le Koweït a accusé l’Iran de prendre pour cible des sites civils et des infrastructures essentielles, après des attaques contre une installation pétrolière ainsi qu’une centrale électrique et de dessalement. « Le ciblage répété de ces installations vitales révèle une démarche hostile systématique visant des sites civils et des infrastructures essentielles, mettant en danger la vie et la sécurité des civils », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.
La compagnie pétrolière nationale du Koweït, la Kuwait Petroleum Corporation, a fait état de plusieurs blessés et « d’importants dégâts matériels » après une attaque iranienne visant une installation pétrolière, selon l’agence de presse officielle KUNA. Le site a été évacué et les blessés ont reçu des soins.

Report de la plupart des vols de la compagnie aérienne nationale koweïtienne

La compagnie aérienne nationale koweïtienne a annoncé le report de la plupart de ses vols « en raison de la suspension temporaire du trafic aérien à l’aéroport international du Koweït à la suite des attaques de roquettes et de drones » de l’Iran.
Dans un communiqué publié sur X, le service des pompiers du Koweït a indiqué intervenir sur « deux incendies qui se sont déclarés en deux endroits différents du pays » à la suite des dernières attaques iraniennes. Le premier incendie a blessé « plusieurs pompiers ainsi qu’un travailleur », qui ont été évacués pour des soins.
De son côté, l’armée jordanienne a annoncé avoir abattu dix missiles iraniens, après l’annonce par Téhéran du lancement d’une attaque contre une base aérienne de ce pays. « L’opération d’interception et de destruction n’a entraîné aucune victime humaine ni aucun dégât matériel », a indiqué un responsable de l’état-major.
D’après la télévision d’État iranienne, des drones explosifs iraniens ont attaqué des hangars et des aires de stationnement utilisés par l’aviation américaine sur la base de Sheikh Isa, décrite comme « l’un des centres opérationnels et logistiques les plus importants de l’US Air Force et de l’US Navy dans la région ».


Washington intensifie ses frappes après la mort de deux soldats américains

Pour la première fois depuis la reprise des combats entre l’Iran et les États-Unis début juillet, deux soldats américains ont été tués tandis qu’un troisième est porté disparu, après que des missiles balistiques iraniens ont frappé le 18 juillet la base Muwaffaq Salti en Jordanie, qui abrite des militaires et des avions de chasse américains.
Le 21 juillet, la Maison Blanche a demandé une rallonge de 60 milliards de dollars supplémentaires pour mener à bien l’offensive cinq ans après son déclenchement, alors que 37 milliards ont déjà été engloutis.
C’est d’ailleurs la première fois depuis avril que le conflit fait des morts du côté des États-Unis. Le bilan de la guerre s’élève désormais à 17 soldats américains décédés. Le « fragile cessez-le-feu est sur le point de s’effondrer », note CNN. Le Président Donald Trump a pour sa part tranché que l’accord de cessez-le-feu est carrément devenu caduc.
Le Washington Post signale qu’en réaction, l’armée américaine a bombardé à son tour l’Iran pour le huitième jour consécutif quelques heures plus tard, marquant ainsi « le huitième jour consécutif de bombardements américains sur l’Iran ».
Sur Twitter, le secrétaire de la Défense Pete Hegseth a rendu hommage aux « héros » tués, assurant que « leur sacrifice ne fait que renforcer notre détermination ». Une déclaration que le Post a interprétée comme « un signe que le conflit va s’intensifier ».
Ces attaques montrent que « l’Iran s’est adapté aux défenses américaines, tirant des missiles qui voyagent extrêmement vite », selon le Wall Street Journal. Des officiels ont confié au quotidien que « la capacité de l’Iran à atteindre des cibles sensibles laisse penser que le régime reçoit peut-être l’aide de la Chine ou de la Russie ». Des experts s’inquiètent d’une escalade, souligne encore le journal.

Téhéran blâme le « Grand Satan »

Cette quatrième attaque en cinq jours de l’Iran en Jordanie – avec une douzaine de soldats américains blessés et des hélicoptères endommagés – illustre le poids pris par la Jordanie dans le conflit, explique le New York Times. Plusieurs bases aériennes américaines s’y trouvent et des soldats en poste aux Émirats arabes unis ou au Qatar y ont été envoyés, la Jordanie étant considérée comme plus sûre. « Le rôle du pays dans les opérations américaines a augmenté dans la mesure où d’autres alliés dans la région ont limité la capacité de Washington à installer des troupes et des avions sur leur territoire », explique le quotidien.
Alors que les Émirats arabes unis veulent un nouveau port pour contourner le détroit d’Ormuz, Téhéran a de son côté mis en cause Washington dans un communiqué attribué à Mojtaba Khamenei, le nouvel Ayatollah toujours invisible depuis la mort en février de son père et précédent guide suprême. Il juge la signature de Donald Trump sur le protocole d’accord « totalement sans valeur », pointant des « violations répétées du protocole d’accord par le Grand Satan ».
Al-Jazeera estime que « Téhéran n’a montré aucun signe de faiblesse face aux exigences grandissantes de l’administration Trump ». Le média qatari constate aussi que l’Ayatollah a « prévenu » les États-Unis qu’ils allaient « subir de lourdes pertes et continuer à se faire humilier ».

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