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RDC : André Flahaut prêche l’unité des Congolais pour accompagner le développement en marche

Dans une communication à Onésha Afrika, fin juillet, le ministre d’État belge André Flahaut a estimé que quelque chose de particulier est en train d’être réalisé en République démocratique du Congo avec le Président Félix Tshisekedi et que les Congolais devraient être unis pour en consolider les acquis.

Le ministre d’État belge revient sur les différents voyages effectués par le Président Tshisekedi au début de son premier mandat, convaincu que malgré les critiques, on ne peut contester le fait que le Congo a été remis sur la carte du monde et a établi une série des relations solides, aussi bien avec les États-Unis qu’avec la Russie, avec la Chine qu’avec d’autres pays.
« Toutes les démarches du chef de l’État congolais, en commençant par aller rencontrer ses voisins dont le Rwanda et les autres pays africains, ensuite en prenant contact avec les pays d’Europe, les États-Unis, la Chine et la Russie notamment, ont porté leurs fruits », souligne M. Flahaut qui fait remarquer que ce n’est pas un hasard si maintenant on considère que la RDC n’est plus cet enfant malade au cœur de l’Afrique.
À son avis, dans le contexte général – et c’est dans la nature humaine – on met souvent en avant ce qui ne va pas, ce qui n’a pas été réalisé tout de suite, ce qui ne se fait pas, ce qui ne fonctionne pas, oubliant ce qui a été fait ou qui est en train de se faire. Pour lui, venir dire aujourd’hui que rien n’a changé, que le Congo est toujours le même, non, ce n’est pas vrai, c’est de la désinformation.
Il trouve également en cela une responsabilité dans le chef des autorités congolaises, en termes de communication. « Il faut une communication très structurée, très institutionnalisée, comme c’était le cas à la RTBF à une certaine époque. Et donc, en fait, il y a peut-être là un effort de communication à effectuer du côté des autorités congolaises », signale-t-il.
À ce sujet, il signale qu’il y a eu des inaugurations d’universités, que des routes ont bien été construites, qu’il y a des projets énormes qui sont sur la table, entre autre celui relatif au corridor vert Kivu-Kinshasa pour lequel on assiste à une mobilisation de l’ensemble des acteurs potentiels européens et belges. « Les gens ne comprennent pas qu’ils ont intérêt à être unis pour faire avancer ce projet, qui est en train d’être réalisé, au risque que d’autres venant de l’extérieur bénéficient davantage du projet mis en œuvre pour le développement socio-économique des Congolais ».

« Les gens ne comprennent pas qu’ils ont intérêt à être unis pour faire avancer ce projet du corridor vert »

Aujourd’hui, poursuit le ministre d’État belge, on parle de partenariats internationaux plutôt que de coopération au développement, qui impliquent effectivement que les deux parties se respectent et que le Congo soit respecté par les autres. M. Flahaut est d’avis qu’il y a des succès remportés dont il convient de parler, expliquant que lorsque l’on a vécu la réussite des Jeux de la Francophonie, il faut le souligner, parce qu’ en amont, les gens ont dit que les Congolais ne sauront jamais organiser cette importante compétition réunissant tous les pays ayant le français en commun. Et c’est le contraire qui s’est produit.
Par ailleurs, le succès des différents efforts diplomatiques se concrétise aussi avec la présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies aujourd’hui occupée par le Président Tshisekedi au nom de la République démocratique du Congo. « Ça, je le mets dans la catégorie des points positif », souligne le ministre d’État belge qui salue également l’attention portée par le gouvernement congolais en matière d’éducation, mieux de gratuité de l’enseignement, mais aussi dans le domaine de la santé et les travaux de grandes infrastructures pour la réhabilitation des 145 territoires.
Il relève également l’importance du « rôle des femmes et de la jeunesse. « Et ce n’est pas sans raison qu’une des priorités, la gratuité de l’enseignement, est sans doute aujourd’hui la source de l’opposition la plus dure d’une partie des églises, qui effectivement a souffert de ce qu’une série de moyens ont été accordés à l’enseignement public ».
Mais il rappelle que la RDC – les présidents successifs l’ont aussi répété – reste un État laïc, aux termes du premier article de la Constitution. « Je trouve injuste la façon dont aujourd’hui, par des procédés de manipulation d’images ou de désinformation, ou simplement des querelles de personnes, on est en train de décrédibiliser tout ce qui a été fait. On risque de mettre en péril ce qui doit encore être fait dans les différents secteurs et pénaliser quelque part la population, signale-t-il.
Pour lui, il ne faut pas non plus oublier les lourdeurs administratives, rappelant que « le Congo n’est pas le Grand-duché de Luxembourg. Il s’agit d’un pays aux dimensions d’un continent, avec des fusées horaires différentes, des climats différents, des mentalités différentes, et donc il y a effectivement une nécessité de ne pas tout ramener à Kinshasa ». Déjà Kinshasa, c’est entre 18 et 21 millions d’habitants, ce n’est pas rien, constate-t-il.

Numériser la perception des impôts pour augmenter les moyens de l’État

En cette matière, il estime qu’il y a effectivement à responsabiliser, à renforcer peut-être les niveaux intermédiaires par la formation, par la professionnalisation, par la vision de projets, avec des moyens qui doivent être trouvés autrement qu’en aspirant uniquement à la pompe de l’État national, mais en se dotant peut-être de moyens modernes de perception d’impôts, de participation en termes de numérique.
C’est clair que si demain Kinshasa a accès à un système numérique de perception d’impôts, comme l’impôt sur les déchets, il y aura plus de moyens pour résoudre une série de problèmes, plus de moyens pour fluidifier le trafic, pour équiper la police et les services de sécurité, sans en permanence tout demander à l’État central, ce qui crée un malaise, puisque les certains disent que tout va à Kinshasa.
Mais il fait aussi savoir qu’y a des potentiels énormes qu’il faut creuser. Les gens veulent travailler, mais il faut des projets concrets, viables, et les efforts du gouvernement qui s’emploie à désenclaver les villes en construisant des routes sont à encourager. Parce que, croit-il, dans beaucoup d’endroits, les gens peuvent produire, mais les routes ne donnent pas accès, ou ne donnent pas accès au fleuve, sur lequel il y a bien de choses que l’on peut faire.
M. Flahaut reconnaît qu’il y a des choses qui vont moins bien et qu’il faut le dire, appelant notamment à réaliser des équilibres dans les différentes provinces, les différents lieux, en tenant compte de l’histoire aussi. Pour lui, « il y a des endroits où rien n’est fait, il y en a d’autres qui ont été surexploités par la communauté internationale avant de se retirer. Je crois qu’à commencer par la Belgique, la décolonisation a été une catastrophe. C’était quelque chose de honteux à la limite. Mais l’immensité du pays fait qu’il y a tellement de diversités qu’il y a forcément des oppositions et des insatisfactions ».

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