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Éthiopie : Quatre pays réunis en Égypte appellent à des solutions « pacifiques »

Des miliciens de la région Amhara à Sanja, près de la frontière avec le Tigré, en Ethiopie.(Image d’archive/novembre 2022 : TIKSA NEGERI / REUTERS)

Les présidents égyptien, soudanais, érythréen et somalien se sont réunis dimanche 4 octobre 2026 à El-Alamein, sur la côte méditerranéenne égyptienne, en marge d’une réunion de l’Union africaine (UA). Un sommet destiné à renforcer leur coopération sécuritaire et économique, alors que les tensions reprennent en Éthiopie, pays avec lequel les quatre participants entretiennent des relations difficiles. Au cœur des discussions : la stabilité de la Corne de l’Afrique, mais aussi l’épineux dossier du partage des eaux du Nil.

La rencontre intervient alors que, depuis samedi, l’armée fédérale éthiopienne a pris le contrôle de Mekele, capitale de la région du Tigré. Les forces éthiopiennes assurent les patrouilles à travers la ville, tandis que leurs alliés du TPF, faction dissidente du TPLF, occupent les principaux bâtiments officiels, selon l’AFP. Les communications ont été rétablies, même si la plupart des commerces ont gardé leurs rideaux fermés, à la suite des pillages qui ont eu lieu après l’entrée de l’armée fédérale dans Mekele et le repli des forces rebelles du TPLF, qui semblent désormais privilégier la guérilla.
C’est dans ce contexte que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a réuni à El-Alamein ses homologues érythréen et somalien, ainsi que le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée soudanaise, rapporte notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. Trois pays qui partagent une frontière avec l’Éthiopie et entretiennent des relations plus ou moins tendues avec Addis-Abeba. L’Égypte est par ailleurs liée par des accords de coopération militaire avec le Soudan, l’Érythée et la Somalie.

« Principes de bon voisinage » et de « non-ingérence des États »

L’armée érythréenne (Image d’archive/rtbf.be)

l’issue de la rencontre, les quatre dirigeants ont insisté sur les « principes de bon voisinage » et de « non-ingérence des États », alors qu’augmentent les risques d’une extension du conflit au-delà des frontières éthiopiennes. Dans leur communiqué final, ils soulignent également leur volonté de « régler les différends par des moyens pacifiques » et renforcer leur coopération afin d’assurer la sécurité et la stabilité dans la Corne de l’Afrique.
Les participants ont également insisté sur la nécessité de respecter le droit international concernant les fleuves transfrontaliers et rejeté toute action unilatérale susceptible de porter atteinte aux parts d’eau des pays situés en aval. Un passage qui vise directement l’Éthiopie et son barrage de la Renaissance, construit sur le Nil Bleu. Le Caire accuse Addis-Abeba de mener une politique du fait accompli sans prendre en considération les besoins des quelque 160 millions d’habitants de l’Égypte et du Soudan.


Après la prise de l’aéroport, l’armée fédérale a fait son entrée dans Mekele

Des unités de l’armée éthiopienne patrouillent dans les rues de la ville de Mekelle, dans la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie

L’armée fédérale éthiopienne est entrée le samedi 3 octobre dans Mekele, capitale régionale du Tigré située à 150 kilomètres de la frontière érythréenne. La veille déjà, des troupes tigréennes alliées au gouvernement avaient repris l’aéroport de la ville, aux mains des rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) depuis le 23 septembre. C’est une prise majeure pour l’armée, qui ces derniers jours a gagné du terrain au Tigré, mais aussi plus à l’est, en Afar.

La vidéo datée d’aujourd’hui est vite devenue virale sur les réseaux sociaux : plusieurs camions, chargés de soldats de l’armée fédérale, circulent sur une grande avenue du centre-ville de Mekele, drapeaux de l’Éthiopie flottant au vent.
Vingt-quatre heures après avoir repris l’aéroport de la ville, les forces de défense nationales éthiopiennes sont donc entrées dans la capitale régionale. Selon une source humanitaire interrogée par l’AFP, aucun combat n’a été signalé dans l’immédiat.

Des scènes de pillages

Des soldats des Forces de défense du Tigré (TDF) célèbrent leur retour dans une rue de Mekele, capitale de la région du Tigré, en Éthiopie (Image d’archive/photo AFP)

Quelques heures plus tôt, les troupes du TPLF et leurs dirigeants avaient fui en masse Mekele. Depuis ce matin, des scènes de pillages ont également été observées dans des magasins et certaines institutions régionales, à l’instar du bureau du président de la région, précise une source.
D’après un chercheur souhaitant garder l’anonymat, l’entrée des fédéraux dans Mekelle constitue « une prise stratégique pour le gouvernement ». « Mais l’urgence sera désormais de répondre aux besoins humanitaires d’ampleur de tous les Tigréens », souligne-t-il. « La population est épuisée et fait face en ce moment à un grave épisode de sécheresse. Si rien n’est fait pour rétablir l’assistance humanitaire, la situation sera catastrophique ». En juillet, 922 000 personnes ont bénéficié d’une aide alimentaire au Tigré, d’après FEWS NET, un réseau d’alerte contre la famine.
La prise de la capitale régionale confirme l’ampleur de l’avancée de l’armée fédérale sur le front tigréen. Après être entrée lundi à Alamata, dans le sud du Tigré, elle s’est emparée jeudi de la localité de Maychew, à une centaine de kilomètres au sud de Mekele. En Afar aussi, les troupes de défense éthiopiennes ont regagné du terrain : les villes d’Erebti et Abala, initialement conquises par le TPLF au début du conflit, ont été reprises après d’intenses combats.

Tensions Explosives entre Éthiopie et Érythrée : Vers une Nouvelle Guerre ? (Source : viralmag.fr)Tensions Explosives entre Éthiopie et Érythrée : Vers une Nouvelle Guerre ? (Source : viralmag.fr)
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