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USA-AES : « Nous collaborons toujours » avec les armées du Burkina, du Mali et du Niger, affirme un général américain

Niamey, 6 juillet 2024 : Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORE (à dr.) au sommet de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) aux côtés de ses pairs du Mali, le Colonel Assimi GOÏTA (au centre), et du Niger, le Général Abdourahamane TIANI (à g.)

Les États-Unis « collaborent toujours avec les armées des militaires au pouvoir au Burkina Faso, Mali et Niger », affirme un haut-responsable du commandement américain pour l’Afrique (Africom), malgré leur distanciation avec plusieurs partenaires occidentaux en matière de sécurité.

« Nous collaborons toujours. Nous avons même partagé des informations avec certains d’entre eux pour frapper des cibles terroristes clés, mais la situation est très différente d’il y a deux ou trois ans », a déclaré le général John Brennan lors d’une interview en marge de discussions sécuritaires entre les États-Unis et le Nigeria.
Africom maintient les relations sécuritaires avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Burkina Faso, le Niger et le Mali, dirigés par des militaires. C’est ce qu’a affirmé John Brennan, qui a été très direct dans cette interview. « Nous sommes devenus beaucoup plus agressifs et nous travaillons avec des partenaires pour cibler de manière cinétique les menaces, principalement l’État islamique », a-t-il précisé.
Le responsable américain a ajouté qu’Africom parlait toujours à ses partenaires militaires dans les États sahéliens, même si ce n’est pas officiel, notamment dans le partage d’informations sur la localisation et l’arsenal des groupes jihadistes. Il s’agit également avec les États de l’AES de renforcer les capacités des partenaires, de leur fournir des renseignements, des équipements et des moyens avec moins de restrictions, afin qu’ils puissent être plus efficaces, a poursuivi John Brennan.

« Nous ne cherchons pas à créer une base de drones n’importe où »

L’ancien directeur de la CIA, John O Brennan, actuel commandant adjoint de l’Africom   (Image : nlpc.org)

Les États-Unis collaborent donc toujours avec les trois gouvernements issus des pouvoirs militaires dans la région du Sahel, malgré la suspension partielle de la coopération sécuritaire après les coups d’État entre 2020 et 2023. De l’avis de John Brennan, les États-Unis ne cherchaient cependant pas à établir de nouvelle base militaire en Afrique de l’Ouest. « Nous ne cherchons pas à créer une base de drones n’importe où », a-t-il déclaré, en référence à l’arrêt des opérations américaines à Agadez, au Niger.
Des déclarations qui interviennent dans un contexte sécuritaire qui inquiète les analystes, sur la propagation du groupe État islamique au Sahel vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.
En mars dernier, Niamey avait dénoncé l’accord de coopération militaire avec Washington, en considérant qu’il était « illégal » et « injuste ». Dans la foulée, les États-Unis s’étaient engagés à quitter le pays
L’armée américaine l’a annoncé : il ne reste plus aucun soldat ni aucun matériel sur sa base aérienne 201 d’Agadez. Une cérémonie de transfert des installations s’est déroulée, le 5 août, en présence d’officiers des deux pays, selon un média local.
200 militaires se trouvaient encore récemment sur ce site stratégique, depuis lequel étaient opérés des vols de surveillance et de reconnaissance à travers le Sahel. En juillet, 800 soldats avaient déjà quitté la base de Niamey.
Seul « un petit groupe d’Américains » est toujours présent dans l’ambassade des États-Unis, le temps de régler des détails administratifs, a indiqué un responsable militaire américain, sans détailler leurs fonctions.

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