
Les pays membres de l’Union africaine doivent désigner le prochain président de la Commission de l’UA en marge du sommet des chefs d’État qui se tient à Addis Abeba les 17 et 18 février.
La succession de Moussa Faki Mahamat à la présidence de la Commission de l’Union africaine se décide en février, en marge du sommet des chefs d’État en Ethiopie. Trois candidats sont en lice dont, sans doute le plus connu des candidats, l’opposant et ancien Premier ministre kényan Raila Odinga, âgé de 79 ans, face à Mahamoud Ali Youssouf, 58 ans et ministre des Affaires étrangères de Djibouti depuis 2005, ainsi que Richard Randriamandrato, 65 ans, ancien ministre malgache des Affaires étrangères.
Lors d’un débat télévisé avec ses deux concurrents, le 13 décembre dernier, Raila Odinga s’est engagé à collaborer avec les dirigeants africains pour obtenir deux sièges permanents au Conseil de sécurité des Nations unies en faveur du continent.
Raila Odinga estime que la représentation de l’Afrique, assortie d’un droit de veto, n’a que trop tardé et qu’elle est essentielle pour assurer l’équité sur la scène internationale. « Il est inacceptable que ce continent de 1,4 milliard d’habitants soit exclu alors que l’Europe détient trois sièges permanents », s’est indigné Raila Odinga pour parler de la France, le Royaume-Uni et la Russie, dont les trois-quarts du territoire sont en Asie.
Il s’est également engagé, dans son plaidoyer, à accorder la priorité à l’éducation, aux soins de santé, au développement des infrastructures et au commerce intra-africain. L’Afrique, soutient-il, doit financer sa propre paix et cesser de dépendre des puissances étrangères.
Sécurité et stabilité
Pour sa part, Mahamoud Ali Youssouf s’est engagé à renforcer la sécurité régionale et à favoriser l’unité au-delà des clivages linguistiques et culturels. Il estime que les Africains doivent prendre en charge le programme de paix et de sécurité à travers le continent, car le soutien étranger a entravé les progrès durables. Le manque de volonté politique est un obstacle majeur à l’instauration d’une paix durable, pense-t-il.
« Notre Conseil de paix et de sécurité n’est pas proactif. Il réagit aux crises lorsqu’elles se produisent. Il faut que cela change Les forces africaines en attente sont sous-utilisées et, faute de ressources, obligées de compter sur l’Union européenne et d’autres partenaires étrangers », se plaint le Djiboutien, dont le pays accueille pourtant de nombreuses bases militaires étrangères.
Croissance économique
Quant à Richard Randriamandrato, il se dit prêt à libérer le potentiel économique de l’Afrique. L’ancien ministre malgache s’est engagé à prendre des mesures progressives en vue d’une libéralisation totale du commerce, afin de garantir une croissance économique inclusive.
A son avis, le commerce intra-africain est faible (12,6 % seulement de l’ensemble des échanges sur le continent) et accuse un retard considérable par rapport à des régions comme l’Union européenne.
« Je suis économiste et financier. Tout d’abord, pour développer l’économie au niveau continental, nous devons développer le commerce par le biais de la libéralisation », a suggéré M. Randriamandrato qui estime également qu’il est nécessaire de renforcer les blocs économiques régionaux et de réduire l’influence étrangère dans les affaires de sécurité de l’Afrique.
Le choix des pays membres
Pour être porté à la tête de la Commission de l’Union africaine, le candidat doit obtenir une majorité des deux tiers des 55 États membres de l’organisation. Une obligation qui nécessite souvent des alliances régionales et des négociations stratégiques.
À en croire l’avis émis par Edgar Githua, expert en diplomatie, au terme du débat, Mahamoud Ali Youssouf et Raila Odinga sont apparus comme les favoris dans la course à la présidence de la Commission de l’UA. « Raila Odinga a essayé de donner une bonne image de lui-même, mais il est vrai que le candidat djiboutien s’est montré très fort, très persuasif », a estimé M. Githau à la DW.
Edgar Githua pense que des facteurs culturels et religieux pourraient également favoriser Mahamoud Ali Youssouf. « Je suis le seul candidat capable de faire la passerelle entre les différentes régions de l’Afrique, étant francophone, mais également anglophone et arabophone », avait-il assuré en juillet dans un entretien avec la presse.
Pour ce mandat convoité, la présidence de la Commission est réservée à un représentant de l’Afrique de l’Est selon la procédure convenue entre les États membres de l’UA, rappelle-t-on.








































