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Somaliland : Une réunion d’urgence à l’ONU après la reconnaissance du Somaliland par Israël

Une femme qui attend pour voter lors de l'élection présidentielle au Somaliland brandit le drapeau du pays, le mercredi 13 novembre 2024. (Photo : Associated Press)

Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a convoqué une session d’urgence le lundi 29 décembre, à la suite de la reconnaissance controversée par Israël du Somaliland, une république autoproclamée qui a fait sécession de la Somalie et n’était à ce jour reconnue par aucun autre pays.

Dans une déclaration publiée le samedi 27 décembre par le Qatar et la Jordanie, 21 pays – principalement arabes – ont mis en garde samedi face aux « graves conséquences » de la décision d’Israël pour « la paix et la sécurité dans la Corne de l’Afrique » et la région de la mer Rouge, alors que la Turquie et d’autres pays, eux, dénoncent une ingérence .
La veille vendredi, Israël s’était distingué comme le premier pays au monde à reconnaître le Somaliland en tant qu’État souverain et indépendant. Du coup, des habitants se rassemblés dans le centre-ville de Hargeisa, la capitale, en brandissant des drapeaux du Somaliland pour célébrer l’annonce par Israël de la reconnaissance de l’indépendance de leur pays.
Cette région située au nord de la Somalie avait proclamé son indépendance de façon unilatérale en 1991. Le gouvernement somalien a qualifié cette décision d’« atteinte délibérée à la souveraineté » et de « violation grave du droit international » La décision israélienne a été prise quelques jours avant que la Somalie ne prenne la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies.
La déclaration du Qatar et de la Jordanie condamne également « les tentatives visant à expulser de force le peuple palestinien de ses terres », après que des informations aient fait état d’un lien entre cette reconnaissance et des tentatives israéliennes de déplacer la population de Gaza. Un représentant du Somaliland a toutefois déclaré samedi sur la chaîne israélienne Channel 12 que cette reconnaissance par Tel Aviv n’était pas liée au conflit à Gaza.
La république autoproclamée du Somaliland bénéficie d’une position stratégique dans le golfe d’Aden et dispose de sa propre monnaie, de son propre passeport et de sa propre armée.

Le Somaliland, un pays au milieu de nulle part

Alors que d’aucuns pensent qu’Israël s’est précipité à reconnaître le Somaliland dans l’optique d’y déporter des Palestiniens, il est intéressant de rappeler que cette portion de terre est installée dans les frontières de l’ancienne colonie britannique. Pour avoir quitté la Somalie et proclamé son indépendance en 1991, la République du Somaliland se trouve privée de toute reconnaissance et de toute aide, donc prête à embrasser le premier venu.
Pauvre et isolée, elle s’emploie à marier pacifiquement démocratie et traditions culturelles avec un succès que l’on ne rencontre guère dans les pays d’Afrique bénéficiaires de l’assistance internationale. Une expérience originale sinon un modèle pour le continent.
Il convient également de signaler que la Somalie est un territoire de 637 000 km² autrefois livré à six ou sept seigneurs de guerre principaux qui s’y affrontaient au gré d’alliances fluctuantes mais toujours ordonnées par la grande division binaire entre les deux principaux rivaux hawiyés, MM. Ali Mahdi Mohamed et Hussein Farah Aïdid. Ce dernier a succédé à son père, le général Mohamed Farah Aïdid, « tombeur » de l’armée américaine à Mogadiscio en 1993, tué au combat contre les forces de M. Ali Mahdi en août 1996.
Les seigneurs de la guerre ne sont nullement des chefs claniques traditionnels, mais des parvenus qui ont émergé au premier plan politico-militaire pendant la guerre contre la dictature (1981-1991). Ils rassemblent des groupes d’hommes jeunes, pauvres appartenant à plusieurs fractions de clans et ne connaissant d’autre métier que la guerre.
C’est contre ce « système » que s’est déterminée la quatrième partie de l’ex-Somalie, la République du Somaliland, profitant de son « différentiel de colonisation » entre l’ancien British Somaliland au nord, et sa contrepartie au sud, la Somalia Italiana.

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