Accueil Monde Russie-Ukraine : Des Africains utilisés comme bombes humaines par Moscou

Russie-Ukraine : Des Africains utilisés comme bombes humaines par Moscou

Guerre en Ukraine / Image d’archive : europe1.fr

Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent un homme d’origine africaine près de la ligne de front en Ukraine, une mine terrestre attachée à sa poitrine. Face à lui, un soldat russe lui demande d’avancer afin qu’il se dirige vers des bunkers ukrainiens. Sa tâche: ouvrir la voie pour l’armée du Kremlin.

Ce cas est frappant mais pas unique, selon les observateurs. De plus en plus d’Africains découvrent en effet l’horreur de la guerre en Ukraine, souvent à leurs dépens. Confrontée à des pertes considérables, Moscou se tourne de plus en plus vers le continent africain pour combler ses lacunes sur le front. Sauf que ces nouvelles recrues sont loin d’être traitées sur un même pied d’égalité avec les soldats russes.
Pour les commandants russes, ils ne sont que de la chair à canon. En témoignent des images qui circulent sur les réseaux sociaux où un homme d’origine africaine est conduit de force dans une tranchée boueuse, une mine attachée à la taille. Il lui est demandé de courir vers les lignes ukrainiennes pour permettre un assaut russe. Le soldat russe qui filme profère des insultes racistes, le traitant d’« ouvre-boîte », à en croire le site 7sur7 qui a publié l’information le 13 Janvier 2026.
Pour ces Africains, le chemin vers l’Ukraine commence souvent par une annonce publiée sur les réseaux sociaux, sous la forme d’une proposition amicale ou de la promesse d’un avenir radieux. Selon Olexander Scherba, ambassadeur d’Ukraine en Afrique du Sud, Moscou mène ces opérations de recrutement pour compenser les pertes considérables au front. Dans les milieux militaires russes, les recrues africaines sont qualifiées de « jetables ».
Nombre d’entre eux sont appâtés par des contrats de travail dans des supermarchés, des usines ou comme agents de sécurité. Ce n’est qu’à leur arrivée en Russie, lorsque leurs passeports sont confisqués et qu’ils sont contraints de signer une pile de documents russes incompréhensibles pour eux, que le piège se referme.

L’histoire du coureur kényan Evans Kibet

L’un des exemples les plus emblématiques reste celui du coureur kényan Evans Kibet, âgé de 35 ans. Il s’est rendu à Saint-Pétersbourg avec un visa de deux semaines pour entraîner des athlètes russes à l’occasion d’un événement. Il a été convaincu de rester avec un visa de travail d’un an. Kibet a alors signé des documents russes qu’il ne comprenait pas, espérant une vie meilleure.
Le lendemain matin, son passeport lui a été confisqué et il a été emmené dans un camp militaire. « J’étais terrifié », a déclaré Kibet. Après seulement cinq jours d’entraînement militaire, il a été envoyé au front en Ukraine.
Le coureur kényan a déserté dès qu’il en a eu l’occasion. Après avoir erré plus d’une journée dans les bois parmi les cadavres de soldats tombés au combat, il s’est rendu en larmes aux troupes ukrainiennes. « Je suis Kényan, je ne suis pas un combattant. Épargnez-moi », a-t-il supplié. Il est actuellement détenu dans un camp de prisonniers de guerre à Lviv.
Toujours selon le site 7sur7, même les alliés du Kremlin ne sont pas à l’abri. Dix-sept Sud-Africains, attirés en Russie soi-disant dans le cadre d’une « formation de garde du corps », sont désormais piégés dans le Donbass. Des femmes africaines sont également recrutées via les réseaux sociaux pour des emplois dans l’hôtellerie ou la restauration, mais se retrouvent à travailler dans des usines fabriquant des drones d’attaque russes. Plusieurs pays africains mettent désormais en garde contre de fausses offres d’emploi alléchantes.
Selon Olexander Scherba, la Russie porte un regard impérialiste sur l’Afrique. Au moins 1 400 Africains seraient partis au combat en première ligne, avec une espérance de vie terriblement faible. Souvent, ils ne survivent pas aux 72 premières heures. Des centaines d’entre eux auraient déjà péri.

Publicité