Kinshasa est déterminée à bâtir un système national fondé sur la prévention, l’anticipation et la résilience, face à la gestion des risques de catastrophes en République démocratique du Congo. Un atelier a été tenu dans la capitale congolaise en vue de mettre en place une politique adéquate et cohérente à ce propos.
À l’ouverture de cet atelier organisé du 28 au 29 janvier par le gouvernement en collaboration avec le Système des Nations unie pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR) et l’appui des partenaires techniques et financiers sur le « Système d’alerte précoce pour tous (EW4All) », la Première ministre Judith Suminwa a fait savoir que le changement climatique et la démographie galopante, couplée à l’urbanisation sauvage et aux constructions anarchiques, augmentent les risques de catastrophes récurrentes dans le pays, rendant vulnérables les populations et les infrastructures.
« Face à cette triste réalité, le statu quo n’est plus une option. Il est impératif de rompre avec une approche essentiellement réactive, coûteuse et insuffisante pour bâtir un système national fondé sur la prévention, l’anticipation et la résilience », a-t-elle souligné, précisant que c’est dans cette dynamique que le gouvernement congolais, sous l’impulsion du Président de la République, a engagé des réformes majeures dans le domaine de la gestion des risques de catastrophes et ce, en parfaite cohérence avec le cadre de « Sendai 2015-2030 », l’accord mondial de 15 ans pour la prévention des catastrophes.
La cheffe de l’Exécutif congolais a par ailleurs rassuré qu’aujourd’hui, la RDC peut légitimement se prévaloir d’une stratégie nationale et d’une politique nationale de gestion des risques de catastrophes. « Ces acquis constituent des fondations solides pour la construction d’un système national moderne et efficace de réduction des risques. Ils témoignent de la volonté politique claire du gouvernement d’inscrire la protection des populations parmi ses priorités stratégiques », a-t-elle expliqué.
Les systèmes d’alerte précoce multirisques, outil essentiel pour agir à temps et sauver les vies

Pour Mme Suminwa, les systèmes d’alerte précoce multirisques représentent, de ce fait, un outil essentiel pour concrétiser cette ambition, dans la mesure où ils permettent d’agir à temps, de sauver des vies, de réduire les pertes économiques et de renforcer la sécurité des citoyens ainsi que leur confiance dans l’action de l’État.
Dans cette optique, la RDC se réjouit de l’initiative du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes, dont elle attend un accompagnement. « C’est pourquoi la République démocratique du Congo place un grand espoir dans l’initiative «Early Warnings for All» lancée par le Secrétaire général des Nations Unies et compte pleinement sur la collaboration et l’accompagnement du système des Nations Unies en général et de l’UNDRR en particulier pour atteindre ses objectifs », a indiqué Mme Judith Suminwa.
À cet effet, elle a salué les progrès actuels réalisés dans ce domaine et rendus possibles grâce à la vision stratégique du chef de l’État congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment en matière de réduction des risques de catastrophes, et sans laquelle les réformes engagées en RDC n’auraient pas pris une telle ampleur.
Elle n’a pas non plus manqué d’exprimer sa gratitude envers l’ONU dont l’appui a été significatif dans la réalisation des objectifs en la matière au niveau de la RDC. « Je tiens également à exprimer ma sincère reconnaissance à Monsieur le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies chargé de la réduction des risques de catastrophes, pour avoir répondu favorablement à l’invitation du gouvernement congolais », s’est exprimée la Première ministre. Pour elle, la présence en RDC du Représentant spécial ne se limite pas à une simple visite, mais elle témoigne du soutien des Nations Unies aux avancées réalisées, un encouragement à aller plus loin et un signal fort de l’engagement de l’organisation internationale aux côtés de la République démocratique du Congo pour la sécurité des populations.
Une stratégie nationale de gestion des risques de catastrophes élaborée de manière inclusive

Pour sa part, le vice-Premier ministre de l’Intérieur et sécurité, M. Jacquemain Shabani, a déploré que pendant longtemps, la réponse collective du gouvernement face aux catastrophes a été effectivement réactive, c’est-à-dire intervenant après les drames, souvent dans l’urgence, avec des coûts humains, sociaux et financiers considérables.
À son avis, cette situation n’est plus soutenable. C’est pourquoi le gouvernement congolais s’est engagé résolument dans un changement de paradigme sous l’impulsion du Président de la République, en plaçant la prévention, l’anticipation et la réduction des risques au cœur de l’action publique.
« Notre pays dispose aujourd’hui d’une stratégie nationale de gestion des risques de catastrophes élaborée de manière inclusive, et plus récemment, une politique nationale de gestion des risques de catastrophes vivement adoptée en Conseil des ministres. Ces instruments constituent des avancées majeures », a-t-il rassuré.
Toutefois, a fait remarquer le vice-Premier ministre, leur mise en œuvre effective exige des capacités techniques en force, une coordination institutionnelle solide, des ressources financières adéquates et un accompagnement stratégique soutenu par les partenaires.
Des systèmes d’alerte pour réduire jusqu’à six fois la mortalité liée aux catastrophes

(Image : rappler.com)
Par ailleurs, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies chargé de la réduction des risques de catastrophes, M. Kamal Kishore, a fait savoir que les systèmes d’alerte précoce offrent des avantages directs : ils peuvent réduire jusqu’à six fois la mortalité liée aux catastrophes et jusqu’à 30% les pertes économiques liées aux catastrophes, lorsque les alertes sont émises au moins 24 heures à l’avance.
À en croire ce représentant de l’ONU, ces systèmes peuvent également aider un pays à passer d’une simple réaction aux catastrophes à une anticipation et une gestion proactive des risques, avant que ceux-ci ne se transforment en catastrophes.
En outre, les systèmes d’alerte précoce sont particulièrement importants dans les pays fragiles et touchés par des conflits. « Si la priorité est de répondre aux besoins humanitaires immédiats, nous ne devons pas pour autant négliger le rôle de la réduction des risques de catastrophes dans la prévention de nouvelles souffrances », a-t-il conseillé avant de préciser que « c’est souvent dans les contextes fragiles que l’on recense le plus grand nombre de victimes de catastrophes ».
Le représentant spécial a relevé que des investissements modestes dans des mesures telles que les systèmes d’alerte précoce peuvent sauver des vies et réduire les besoins humanitaires. « La réduction des risques de catastrophes n’est pas un luxe, c’est une nécessité. C’est pourquoi j’appelle la communauté internationale à continuer de soutenir ces efforts », a-t-il lancé.
La RDC figure parmi les pays africains les plus exposés aux risques climatiques, naturels et technologiques. L’étendue de son territoire, la diversité de ses écosystèmes, la croissance démographique rapide et l’urbanisation non planifiée exposent les communautés à des risques multiples et cumulés, notamment les inondations saisonnières et fluviales, les glissements de terrain et les coulées de boue, les sécheresses prolongées et localisées, les tempêtes violentes, les épidémies ainsi que les risques technologiques.








































