Lorsque l’on plonge les pieds dans l’océan et qu’on amène un peu de son eau à la bouche, une évidence s’impose : l’eau de mer a ce goût salé unique. Mais d’où vient ce sel et pourquoi la mer n’est-elle pas douce comme celle des lacs et des rivières ? Nous allons tenter de le découvrir dans les prochaines lignes.
L’eau de pluie, légèrement acide, érode les roches des continents depuis des millions d’années. En s’infiltrant dans les sols et en creusant les lits des rivières, elle emporte avec elle de minuscules particules minérales, dont des ions de sodium et de chlore, les principaux composants du sel.
Ces minéraux sont ensuite transportés par les fleuves jusqu’aux océans. Une fois arrivés, ils s’accumulent car l’eau de mer ne s’évapore pas entièrement : seule l’eau pure s’élève dans l’atmosphère pour former les nuages, laissant derrière elle les sels dissous.
Un équilibre vieux de millions d’années
Ce processus d’apport en minéraux est constant. Depuis l’Antiquité de la Terre, les océans ont ainsi stocké d’immenses quantités de sel. Aujourd’hui, on estime que l’eau de mer contient en moyenne 35 grammes de sel par litre.
Certaines mers comme la mer Morte ou le lac Assal (Djibouti) sont encore plus salées, car l’évaporation y est très forte. De plus l’apport d’eau douce limité. Précisons que plus l’eau de mer est salée, plus elle augmente la portance, la flottabilité.
Ainsi, on flotte bien plus facilement dans la Morte que dans l’Atlantique. Ce phénomène s’explique par la différence de densité entre les liquides des deux eaux. Selon Archimède, « la pression est plus forte sur la partie inférieure d’un objet immergé que sur sa partie supérieure. Il en résulte une poussée verticale vers le haut ». Or, pour un même volume, l’eau salée est plus lourde que l’eau douce, ce qui implique que la poussée sur notre corps est plus forte.
Pourquoi l’eau douce reste douce ?
Les lacs et les rivières reçoivent aussi des minéraux, mais ils se renouvellent rapidement grâce au cycle de l’eau. Le sel n’a donc pas le temps de s’accumuler en grande quantité, contrairement aux océans où le stock reste piégé.
L’eau de mer est salée à cause de l’érosion des roches, du transport des minéraux par les rivières et de l’évaporation qui concentre ces sels dans les océans. C’est un équilibre naturel, vieux de milliards d’années, qui explique pourquoi nos mers et océans ont ce goût si particulier.
La Méditerranée est plus salée que l’océan Atlantique
La Méditerranée reçoit relativement peu d’eau de grands fleuves (le Nil, le Rhône, l’Èbre…), comparé à l’Atlantique qui est alimenté par l’Amazone, le Congo, la Casamance, le Niger ou encore le Mississippi (pour ne citer qu’eux). En France l’océan atlantique est alimenté par la Seine, la Garonne et la Loire. Du fait de son climat chaud et sec, son évaporation est très forte. Ainsi la Méditerranée perd énormément d’eau par évaporation. Or, comme toujours, l’eau s’évapore mais le sel reste.
De plus, sa communication est réduite avec l’océan. Car l’unique lien avec l’Atlantique est le détroit de Gibraltar, une ouverture étroite. Cela limite le renouvellement de l’eau et favorise la concentration en sels.
Voici quelques chiffres pour illustrer ces propos :
- Atlantique : environ 35 g de sel par litre.
- Méditerranée : environ 38 g de sel par litre.
- Certaines zones comme la mer Morte, qui n’est pas reliée à l’océan, dépassent les 300 g de sel par litre.
En résumé : oui, la Méditerranée est plus salée que l’Atlantique, car elle s’évapore plus qu’elle ne reçoit d’eau douce, et son renouvellement est limité.







































