Accueil Interview L’Héritage des Orchidées : Entretien exclusif avec Jean-Luc Habyarimana

L’Héritage des Orchidées : Entretien exclusif avec Jean-Luc Habyarimana

Jean-Luc Habyarimana (à gauche) rend hommage puissant à son père (au milieu) et à son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira (extrême droite). Source : xtrafica.com

En marge de cette actualité mettant en vedette les relations régulièrement délétères entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, Onésha Afrika a réussi à aborder, en exclusivité, un acteur bien malgré lui à cheval entre les deux pays : Jean-Luc Habyarimana, le fils de l’ancien Président rwandais assassiné le 6 avril 1994. Il nous entretient sans détour sur son engagement politique, son exil, le lien avec sa terre natale, le pouvoir de Kigali qu’il juge « à bout de souffle », sa vision d’« un autre Rwanda », et surtout son « message d’espoir » à la RDC.

Nous avons publié la version résumée de cette interview dans l’édition d’Onésha Afrika Nº 83 de ce mois de janvier 2026. Voici l’intégralité de cet entretien, ci-après.

Portrait et identité

« Je me définis avant tout comme un enfant de l’Afrique. Bien que j’évolue entre deux continents, l’Afrique reste mon premier amour : c’est là que je suis né et que j’ai vécu les moments les plus tendres de ma vie — à l’exception de la naissance de mes enfants en France. C’est aussi là que j’ai rencontré mon épouse. Malgré les tragédies que j’y ai traversées, ce continent possède une capacité unique à nous consoler ; c’est le berceau de l’humanité, là où l’empathie est une seconde nature.

Personnellement, je suis un mari aimant et un père très proche de ses enfants. Je me sens particulièrement en phase avec la Génération Z : j’admire leur refus de se laisser dicter leur avenir et leur liberté d’agir. Étant de la Génération X, je suis plus pragmatique et soucieux de ne pas heurter les esprits, même si j’aime taquiner. Je suis un homme de convictions, long à les forger, mais d’une loyauté indéfectible une fois mon avis arrêté. Enfin, je suis quelqu’un de profondément sensible et protecteur envers les autres. »

L’engagement politique et l’exil

« Mon exil n’est pas un choix. C’est une condition de survie.

J’ai quitté le Rwanda parce que ma sécurité et mes droits de citoyen n’y étaient plus garantis — une réalité qui, loin de s’améliorer, s’est durcie avec le temps. Mon cas est loin d’être isolé. Selon le HCR, plusieurs centaines de milliers de Rwandais vivent en exil depuis des décennies, et plus de 200 000 rien qu’en République démocratique du Congo. Voilà le paradoxe rwandais : un pays officiellement présenté comme stable et pacifié, mais qui figure parmi ceux qui produisent le plus de réfugiés dans la région.

Cette fuite massive n’est pas un accident de l’histoire. Elle est le résultat d’un système fondé sur un apartheid institutionnel et mémoriel. Derrière la vitrine de modernité et de développement soigneusement vendue à l’Occident se cache une réalité brutale : la répression méthodique des voix libres, des journalistes, des opposants et, plus largement, des citoyens qui refusent le silence. Le Rwanda est devenu un pays où l’on peut survivre, mais rarement parler en toute liberté.

Toute révolution naît d’une frustration. La mienne est celle d’un peuple contraint au mutisme, privé de justice et de droits civiques élémentaires. Le Rwanda est une terre de paradoxes : salué pour sa gouvernance dans les années 1980, englouti dans l’horreur en 1994, puis reconstruit sur une réécriture autoritaire de l’histoire par le régime du FPR. Aujourd’hui, la peur y tient lieu de contrat social.

Avec près d’un million de Rwandais dispersés à travers le monde, le retour au pays est impossible sans garanties claires d’intégrité physique, de libertés politiques et de justice. C’est cet appel de l’exil — ajouté à l’arrogance d’un pouvoir sans contrepoids — qui rend mon engagement inévitable.

En tant que père, je refuse de transmettre à nos enfants un héritage fait d’injustice normalisée, de mémoire confisquée et de conflits régionaux exportés. M’engager n’est pas un choix idéologique. C’est un devoir moral. »

Le lien avec la terre natale – version enrichie

« J’ai quitté le Rwanda le 9 avril 1994. Cela fera bientôt trente-deux ans. Une vie entière. Pourtant, je n’ai jamais rompu le cordon.

Chaque jour, des Rwandais de tous horizons me contactent — nous contactent — pour exprimer leur sympathie envers notre famille, mais surtout leur nostalgie d’une époque où la vie humaine avait un prix, où la paix n’était pas un slogan mais une réalité vécue. Ils me parlent de leur douleur, de leur tristesse, de leur frustration face à la direction prise par notre pays. Ces messages viennent de l’intérieur comme de la diaspora, et ils se multiplient.

De plus en plus souvent, ces compatriotes me demandent d’intervenir, d’aider autant que possible, d’attirer l’attention du monde sur la réalité du quotidien des Rwandais — loin de la vitrine officielle — mais aussi sur les crimes et exactions commis chaque jour par les forces rwandaises en République démocratique du Congo.

Cette connexion permanente avec les miens m’ancre dans le réel. Elle me donne une connaissance précise, vécue, des dynamiques à l’œuvre au Rwanda et dans la région, bien loin des clichés et des narratifs soigneusement entretenus par les autorités actuelles. Elle transforme le lien affectif en responsabilité morale. »

Le diagnostic : Un système à bout de souffle

« Le climat politique au Rwanda est aujourd’hui figé par la peur. Nous vivons sous le joug d’un véritable parti-État, le FPR, qui a méthodiquement verrouillé toutes les institutions afin de garantir un pouvoir absolu pour un seul homme jusqu’en 2034 — et très probablement au-delà.

Ce système repose sur une instrumentalisation tragique du génocide, donnant naissance à ce que j’appelle un apartheid mémoriel. Une partie de la population est privée du droit fondamental de pleurer ses morts — massacrés dans les années 1990 — sous peine d’être accusée de “divisionnisme”. Ce silence imposé empêche toute réconciliation authentique. C’est précisément pour briser ces chaînes que l’opposition, même en exil, a le devoir de parler. Et de parler avec une voix à la hauteur de la souffrance de nos compatriotes.

Ce système est également bâti sur un mensonge historique majeur. Le régime actuel affirme que l’invasion du 1er octobre 1990 était la seule voie possible pour permettre le retour des réfugiés rwandais. Cette affirmation est fausse.

Des documents déclassifiés par le US state department montrent qu’en juillet 1990, un plan d’action du HCR, approuvé par le Rwanda et l’Ouganda, avait été formellement entériné. Ce plan prévoyait notamment des visites de réfugiés au Rwanda dès la première semaine d’octobre 1990, afin de préparer leur retour volontaire, négocié et digne, ou leur intégration par la naturalisation dans les pays d’accueil .

L’invasion du FPR, lancée précisément le 1er octobre 1990, n’a pas été une réponse à un blocage humanitaire, mais une manœuvre destinée à faire dérailler une solution pacifique en cours. Le retour des réfugiés n’était pas l’objectif. Le pouvoir par les armes l’était.

Enfin, le régime entretient d’autres contre-vérités fondamentales : le prétexte des réfugiés pour justifier la guerre de 1990, la négation des massacres de civils commis avant et après cette date, et surtout l’illusion qu’il pourrait remporter une élection libre et pluraliste au Rwanda. La peur, la répression et la confiscation de la mémoire ne sont pas les signes d’un pouvoir légitime, mais ceux d’un système à bout de souffle.

« Un autre Rwanda est possible » – La vision pour le renouveau

« Le jour viendra où les exilés rentreront. Mais nous ne reviendrons pas pour restaurer le passé. Nous reviendrons pour refonder le Rwanda sur des bases justes, humaines et durables. »

Ma vision pour le renouveau du Rwanda s’attaque frontalement aux racines du mal, là où les politiques actuelles ont fragilisé la société au lieu de la renforcer.

Rendre la terre aux paysans
Nous mettrons fin à la réforme agraire autoritaire qui a privé les paysans de leur autonomie. Aujourd’hui, on force des familles entières à cultiver des fleurs destinées à l’exportation — souvent au profit d’intérêts proches du pouvoir — pendant que les Rwandais peinent à se nourrir. Je veux restituer au paysan la liberté de sa terre, réhabiliter la polyculture et garantir la souveraineté alimentaire. Aucun pays ne peut être digne si son peuple a faim.

Stabiliser l’école, sauver une génération
Le passage brutal et répété du français à l’anglais, sans transition ni préparation, a sacrifié des générations d’élèves. L’éducation ne peut pas être un champ d’expérimentation idéologique. Nous devons stabiliser durablement le système éducatif pour permettre aux enfants de maîtriser leurs langues, leurs savoirs et leur avenir — sans être otages de décisions impulsives venues d’en haut.

Rendre justice aux “Abalimu”
Les enseignants, piliers silencieux de nos communautés rurales, ont été relégués dans la précarité et l’humiliation. On ne reconstruit pas une nation en appauvrissant ceux qui transmettent le savoir. La réhabilitation matérielle et morale des enseignants est une priorité absolue pour réparer le tissu social.

Instaurer un forum citoyen permanent
Le Rwanda a besoin d’un espace où toutes les composantes de la nation — ethnies, régions, générations, classes sociales — peuvent parler sans peur. Briser les tabous, reconnaître les blessures, restaurer la confiance : aucune réconciliation authentique n’est possible sans parole libre.

Refonder l’armée
L’armée rwandaise doit cesser d’être une structure clanique au service d’une élite ou d’un parti. Une armée républicaine protège le peuple, elle ne l’intimide pas, ne le réprime pas et n’exporte pas la violence au-delà de ses frontières. Nos soldats doivent redevenir des protecteurs, non des instruments de domination.

Garantir les droits sociaux fondamentaux
L’accès à l’éducation de base et aux soins de santé ne doit plus être un privilège conditionnel, mais un droit effectif. Un État qui se prétend fort commence par protéger les plus vulnérables.
Ce projet n’est ni une utopie ni une revanche. C’est une reconstruction lucide, fondée sur la dignité humaine, la justice sociale et la paix régionale. Un autre Rwanda est possible — à condition d’oser le regarder en face.

La question ethnique et sociale

« On ne peut défaire ce que Dieu a établi, Les Hutu, les Tutsi et les Twa constituent l’identité du Rwanda. Prétendre les abolir par décret n’a jamais créé l’égalité ; cela a seulement déplacé les lignes de domination.

La politique du FPR repose sur une égalité de façade qui masque une hiérarchisation bien réelle — ethnique, sociale et politique. Ce mensonge est un baril de poudre. En niant les identités tout en les instrumentalisant, le régime a installé une fracture profonde entre une élite urbaine, anglophone et connectée au pouvoir, et une population majoritairement rurale, marginalisée, souvent méprisée, privée de voix et de perspectives.

Dans le prolongement de cette hiérarchisation ethnique se greffe une injustice sociale structurelle. L’exclusion n’est pas seulement identitaire : elle est économique, territoriale et éducative. Le Rwanda d’aujourd’hui fonctionne à deux vitesses, et cette réalité est niée au nom d’une unité imposée mais utopique.

Nous devons avoir le courage politique de briser ce tabou sans trembler, sans peur d’être accusés de “divisionnisme”. Parler de la réalité n’a jamais divisé un peuple ; ce sont le mensonge et le déni qui le font exploser.

Le modèle burundais, imparfait mais plus honnête dans sa reconnaissance des composantes de la société, offre des pistes réalistes pour une cohabitation apaisée. La paix durable ne naît pas de la négation des différences, mais de leur reconnaissance dans un cadre d’égalité réelle, de justice et de respect mutuel. »

Dernier souvenir d’un Rwanda en paix : Le 3 avril 1994

« Je n’oublierai jamais ce trajet entre Kigali et Gisenyi. J’étais seul avec mon père dans la voiture. Trois heures de route. Trois heures suspendues.

Il y avait de la musique — quelques morceaux de musique classique, puis de la rumba congolaise. Le paysage défilait, paisible encore, comme si le pays retenait son souffle. Mon père parlait peu de politique avec nous. Ce jour-là, il a parlé.

Il m’a confié sa lucidité et ses inquiétudes. Il m’a parlé de la mauvaise foi du FPR, de son refus profond de voir le Rwanda replonger dans la guerre, de son attachement sincère à la paix. Il croyait aux accords d’Arusha. Non par naïveté, mais par responsabilité. Il était prêt à assumer la transition, à ouvrir la voie à la démocratie, à faire passer l’intérêt du peuple avant le pouvoir.

Il était serein. Étrangement serein.

Avec le recul, je comprends que cette sérénité était celle d’un homme en paix avec sa conscience. L’histoire a malheureusement révélé que, pour ses adversaires, les accords d’Arusha n’étaient pas une promesse de paix, mais une diversion — un temps gagné avant la prise du pouvoir par les armes. »

La nuit du 6 avril 1994

Avec la guerre qui s’installait et les menaces crédibles reçues par mon père, ma sœur et moi avions été contraints de quitter le Rwanda pour poursuivre nos études au Caire, sous la protection du président Hosni Moubarak. Cette décision avait brisé l’une des convictions les plus chères à mon père : que tous ses enfants soient éduqués au pays, dans les écoles publiques rwandaises, au milieu des leurs. Ce renoncement fut pour lui un déchirement silencieux, mais assumé par amour et par devoir.

J’étais donc de retour à la maison pour les vacances de Pâques, après mes études au Caire. Ce soir-là, la vie semblait presque normale. Nous étions à la piscine avec mes cousins, dans la résidence de Kanombe. Par habitude, j’avais demandé à l’officier de garde de nous prévenir dès que l’avion présidentiel serait en approche.

Lorsque nous avons entendu le ronronnement familier du Falcon 50, nous sommes sortis de l’eau pour le regarder passer au-dessus de nos têtes. Un geste banal. Presque enfantin. Puis le ciel s’est déchiré.

L’avion a été frappé par des missiles sol-air. Tout s’est enchaîné avec une violence irréelle. Les tirs de sommation, la panique, l’ordre de nous mettre à l’abri. Ensuite, il a fallu aller chercher les corps.

J’ai retrouvé mon père là où il aimait tant se recueillir : au milieu de ses orchidées.

Trente ans ont passé, mais chaque détail demeure intact, gravé dans ma mémoire comme dans ma chair. Cet attentat terroriste — dont les détails et les auteurs sont connus mais toujours impunis — a scellé mon destin. Il a forgé l’homme que je suis devenu.

Je reste convaincu que la vérité finira par éclater. Non par esprit de revanche, mais pour le repos des âmes rwandaises, burundaises et congolaises qui ont payé le prix le plus lourd de cette nuit. Sans vérité, il n’y a ni paix durable, ni réconciliation possible.

Relations avec la RDC et Paul Kagame

Pour Paul Kagame, la République démocratique du Congo n’est pas un État souverain à respecter, mais un réservoir à exploiter : un grenier où l’on se sert sans demander. Cette logique prédatrice guide depuis des années sa politique régionale, faite d’ingérences militaires, de pillages et de violations répétées du droit international.

Face à cette réalité, la RDC n’a d’autre choix que de renforcer ses capacités de défense et sa dissuasion. L’histoire est claire : la diplomatie n’est efficace que lorsqu’elle repose sur une force crédible. Avec ceux qui ne respectent que le rapport de force, les principes seuls ne suffisent pas.

Mais réduire la crise régionale à une simple confrontation militaire serait une erreur grave. Le cœur du conflit se trouve ailleurs : dans la question non résolue des réfugiés rwandais et dans l’absence totale de dialogue politique au Rwanda. Tant que des centaines de milliers de Rwandais resteront en exil, privés de droits, de perspectives et de reconnaissance politique, aucune paix durable ne sera possible dans les Grands Lacs.

Accusation de militarisme

Ceux qui, sous les ordres de Kigali, me taxent de « militarisme » sont des menteurs et nous sommes malheureusement habitués à ces méthodes d’un autres temps depuis trop longtemps. Malheureusement Kagame a tellement pris pour habitude de faire taire les voix dissidentes et discordantes à domicile que lorsque vous êtes hors de sa portée on vous accuse de tous les maux pour vous faire taire par d’autres moyens, mais heureusement les temps on changé et ils n’arriveront pas à me faire taire.

Je connais trop bien les ravages de la guerre pour la souhaiter. Défendre la souveraineté d’un pays agressé n’est pas glorifier la violence ; c’est refuser la soumission.

Je n’ai ni plan d’attaque ni obsession personnelle contre Kagame. En réalité, Kagame est son propre pire ennemi. Après plus de trente ans au pouvoir, il continue de se comporter comme un maquisard : gouvernant par la peur, l’invective et la confrontation permanente. La paix et la concorde lui sont étrangères. Comme le rappelle la Bible : « tout ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera ». Je suis convaincu qu’il le sait — et que le peuple rwandais le sait aussi.

Ses ingérences répétées, sa posture martiale et son mépris du droit international finiront par produire leurs propres conséquences. L’histoire rattrape toujours ceux qui croient pouvoir s’y soustraire par la force.

L’aveu est d’ailleurs venu de lui-même. Lors du dernier congrès du FPR, Kagame a reconnu que « le parti doit changer avant que la jeunesse ne descende dans la rue pour réclamer ce qui lui a été promis ». Ces mots trahissent un pouvoir inquiet, conscient de sa perte de légitimité.

C’est dans ce contexte de panique que s’inscrivent les accusations grotesques lancées récemment contre ma famille et ma personne, m’impliquant faussement dans une prétendue « coalition militaire » avec le président Félix Tshisekedi. Ces mensonges visent à détourner l’attention des crimes documentés de l’armée rwandaise en RDC et à diaboliser toute voix dissidente.

Je le répète avec clarté : mon combat est pacifique. Il vise le droit au retour digne des réfugiés, une réconciliation sincère et une justice équitable pour toutes les victimes, sans distinction. Nous sommes égaux devant notre Créateur, et seule une justice juste et universelle peut rétablir cette égalité ici-bas. La propagande passera. Les faits resteront.

Hommage à la RDC : Un message d’espoir

« Je veux conclure en rendant hommage au peuple congolais pour le lourd tribut qu’il paye et surtout au Président Félix Tshisekedi, ce dirigeant qui sait tenir ferme face à l’adversité et aux trahisons, pour ce père de la nation avec des vraies valeurs humaines, pour ses efforts diplomatiques constants en faveur de la paix.

Les liens entre nos peuples dépassent largement les frontières héritées de l’histoire : nous partageons des familles, une culture et une mémoire communes.

Mon père a étudié à Bukavu et à Kinshasa. J’ai moi-même achevé mes études à Gbadolite, sous la protection du Maréchal Mobutu, qui m’a accueilli comme un fils après l’assassinat de mon père. Ces parcours croisés disent quelque chose de profond sur la fraternité qui unit nos peuples.

La République démocratique du Congo a ouvert ses bras à des millions de Rwandais fuyant la guerre et la persécution. Je regrette profondément que cette hospitalité ait été instrumentalisée par des prédateurs pour semer la violence et l’insécurité — une réalité qui me blesse d’autant plus que mon épouse est elle-même issue de cette terre généreuse qu’est la RDC. Mon message est avant tout un message d’espoir : celui de voir notre région retrouver la paix ».

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