
Lauréate de Roland-Garros le 7 juin 2025 pour la première fois de sa carrière, la veille d’un duel titanesque chez les Messieurs entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner qui a tourné à l’avantage du premier cité, l’Américaine Coco Gauff est entrée dans l’Histoire du tennis par la grande porte, après avoir dominé la Biélorusse Aryna Sabalenka chez les dames, au terme d’une rencontre de toute beauté et d’une bataille spectaculaire.
1,75 mètre de taille et droitière, Cori Dionne Gauff est née le 13 mars 2004 à Delray Beach, en Floride. Son prénom se prononçant en anglais comme celui de son père, Corey, elle préfère qu’on l’appelle Coco. C’est le deuxième titre en Grand Chelem pour l’Américaine de 21 ans, lauréate de l’US Open en 2023 après une victoire en trois sets aux dépens de… Sabalenka. Coco Gauff, deuxième joueuse mondiale, a fait une fois de plus tomber la numéro 1 pour remporter son premier Roland-Garros, au terme d’une finale à la dramaturgie exceptionnelle, et s’installer un peu plus comme le nouveau visage du tennis féminin mondial.
Un combat terrible de 2h38’ haletantes, où la numéro 1 mondiale avait sans aucun doute les clés pour s’imposer également pour la première fois sur la terre battue parisienne. Sauf que la Biélorusse s’est perdue en cherchant la bonne clé dans le trousseau sans se rendre compte que Gauff avait bourré la serrure. Elle a tout essayé et a beau cherché, jusqu’à perdre ses nerfs. Il n’y avait rien à faire, la Porte d’Auteuil était blindée. Gauff l’avait savamment blindée.
Alors qu’en 2022, Coco Gauff n’avait réussi en 1h08’ à ne marquer que trois petits jeux face à Iga Swiatek lors de son premier passage en finale au Grand Chelem français sur le court Philippe-Chatrier, la Floridienne a dû s’investir et payé très cher pour apprendre comment il faut voler en haute altitude où le temps change très vite. En effet, face à Sabalenka, menée 4-1, 40-0, dans ce qui ressemblait alors à une finale à sens unique et à une belle boucherie, l’Américaine a su laisser passer l’orage et attendre que le vol traverse les nuages, exactement là où Sabalenka a commencé à confondre le mode pilote automatique et l’arrosage automatique du court.
Patiente jusqu’à la fin de la construction de son mur

Imperméable à la pression du premier au dernier point, extraordinaire de maturité et de gestion des émotions à son âge, Coco Gauff n’a, elle, rien laissé transparaître, se contentant de construire patiemment son mur en empilant les moellons, briques et bétons envoyés depuis l’autre côté du filet. Néanmoins, jusqu’au tie-break du premier set, les fondations n’étaient pas encore totalement sèches, perdant le jeu décisif. Il fallait-il encore attendre. Et ce sera la bonne. Les deux manches suivantes ont donné raison à la résistance exceptionnelle de l’Américaine. Elle était transfigurée et a retrouvé la facilité avec laquelle elle a disposé de ses adversaires aux tours précédents. Bétonnée derrière son mur infranchissable, elle va se mettre à anéantir la numéro un, qui perd comme à l’école les deux sets suivants par 6-2, 6-4.
Prise dans une tempête émotionnelle incontrôlable, la Biélorusse de 27 ans est passée en un coup de vent de la Sabalenka injouable, patronne incontestée du circuit, terrifiante de puissance, à la Sabalenka totalement prise à son propre jeu, sans plan B, entêtée à vouloir passer en force (70 fautes directes, plus haut total de toute la quinzaine toutes joueuses confondues) et incapable de s’adapter à la défense héroïque de Gauff.
L’Américaine tournait jusque là autour de son Roland-Garros

À Roland-Garros, c’était la cinquième année de suite qu’elle ralliait au moins les quarts de finale, son parcours s’étant arrêté chaque fois face à la future vainqueure : Barbora Krejcikova en 2021 ainsi que Iga Swiatek en 2022, 2023 et 2024. Pour cette édition 2025, elle a affronté l’Australienne Olivia Gadecki au premier tour et remporté son match facilement (6-2, 6-2). Lors du deuxième tour, elle bat la Tchèque Tereza Valentová (6-4, 6-4) puis une autre Tchèque Marie Bouzková au troisième tour (6-1, 7-6) et la Russe Ekaterina Alexandrova (6-0, 7-5) en huitième. Elle se débarrasse ensuite de sa compatriote Madison Keys (6-7, 6-4, 6-1) lors des quarts et en demi-finale le 5 juin, elle a mis fin à la belle histoire de la Française Loïs Boisson, la surprise du tournoi, qu’elle a battue facilement (6-1, 6-2), avant de s’imposer en finale face à la Biélorusse Aryna Sabalenka (6-7, 6-2, 6-4).
« Elle est déjà à un niveau très très haut, mais je pense qu’elle n’est qu’au tout début de sa carrière», assure son entraîneur Jean-Christophe Faurel qui explique : « Ça prendra du temps pour qu’elle arrive à son potentiel maximal, et elle en est très loin. Elle est dure au mal et elle veut en gagner plein, des Grands Chelems ».
Pour le Suédois Mats Wilander, numéro 1 mondial en 1988, « Coco a le potentiel pour gagner entre 10 et 15 titres Majeurs ». Soumise depuis son plus jeune âge à une pression délirante des médias américains, qui ont vu très tôt en elle la digne successeure des sœurs Williams, Gauff ne fait que confirmer avec ce deuxième sacre majeur sa capacité à incarner le présent et le futur du tennis féminin mondial. Elle s’est révélée au grand public à seulement 15 ans, à Wimbledon en 2019 où elle avait créé la surprise en battant Venus Williams pour atteindre les huitièmes de finale, avant de s’imposer en double à Roland-Garros en 2024 après sa victoire en 2023 à l’US Open.
Une autre prodige en embuscade La Canadienne
d’origine congolaise Victoria Mboko

Pour son premier Roland-Garros, la jeune prodige de 18 ans, la Canadienne Victoria Mboko, n’a finalement été éliminée qu’au troisième tour, après avoir remporté facilement ses trois matches de qualification ainsi que ceux des 1er et 2ème tours. La tenniswoman d’origine congolaise, 120ème mondial, a pourtant réalisé un nouvel exploit en se qualifiant pour le troisième tour à l’occasion de sa toute première participation à un tournoi du Grand Chelem, en remportant ses cinq matchs sans concéder le moindre set.
Issue des qualifications, où elle a balayé respectivement l’Autrichienne Sinja Kraus (6-4, 6-2), la Liechtensteinoise Kathinka Von Deichmann (6-3, 6-2) et la Slovène Kaja Juvan (7-5, 6-3) avant de se débarrasser au 1er tour de la Néo-Zélandaise Lulu Sun (6-1, 7-6) puis au 2ème tour de l’Allemande Eva Lys (6-4, 6-4), on savait que Vicky, comme on l’appelle affectueusement, accédait à un tour où le niveau était évidemment tout autre, puisque la Chinoise Qinwen Zheng à laquelle elle était confrontée était tête de série n°8. Le parcours de Victoria Mboko prenait ainsi fin à Roland-Garros, éliminée par la Chinoise en deux manches (6-3 et 6-4), mais elle faisait son entrée dans le Top 100 à l’issue de son tournoi mémorable.





































