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La RDC clôture l’année 2025 sur des fondamentaux macroéconomiques solides malgré le contexte difficile

De gàd, la vice-ministre des Finances Gracia Yamba Kazadi, le ministre des Mines M. Louis Watum Kabamba, le vice-Premier ministre à l’Économie nationale et le vice-ministre du Budget Elyse Bokumwana

L’exercice 2025 a fini son parcours sur des fondamentaux macroéconomiques solides en République démocratique du Congo, dans un contexte national et international difficile, selon la réunion du Comité de conjoncture économique (CCE) présidée à la Primature par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Au cours de cette dernière réunion de l’année, il a été question de dresser une évaluation globale des performances économiques de 2025 et d’anticiper les mesures de stabilisation en cette période des fêtes. Selon le vice-Premier ministre à l’Économie nationale, les travaux ont porté aussi sur l’examen des indicateurs macroéconomiques, la stabilité du marché de change, l’évolution des prix et l’approvisionnement des marchés.
Il a rappelé que les projections initiales du programme avec le Fonds monétaire international (FMI) tablaient sur un taux bien supérieur. « Nous terminons l’année 2025 avec un niveau d’inflation qu’on n’a pas connu au cours des dix dernières années, soit près de 2%. Un marché de change stable et un franc qui s’est apprécié », s’est réjoui M. Daniel Mukoko Samba qui a attribué cette évolution aux mesures coordonnées prises par le gouvernement sous l’arbitrage de la cheffe de l’Exécutif.
Il a par ailleurs évoqué des avancées significatives avec les partenaires internationaux, rappelant que « le Conseil d’administration du FMI a favorablement reçu la deuxième revue du programme macroéconomique, avec des retombées immédiates, notamment un décaissement de plus de 440 millions de dollars, dont une large part destinée à l’appui budgétaire ».
S’agissant du secteur minier, le CCE a noté la remontée spectaculaire du cobalt dont la tonne se négocie en cette fin d’année 2025 à 52 000 dollars américain, ce qui confirme la reprise des exportations et la capacité de la RDC à défendre sa position dominante sur le marché mondial.
Face aux analystes de certains compatriotes sur l’économie nationale, notamment avec l’appréciation du Franc congolais face au dollar américain, Daniel Mukoko a réaffirmé la détermination de l’Exécutif. « Le Gouvernement, ce n’est pas un prophète. Des mesures ont été prises et les résultats sont tangibles », a-t-il rassuré, citant notamment l’intervention récente de la Banque centrale sur le marché de change et la tenue régulière des réunions interministérielles.

La RDC reprend l’exportation du cobalt dix mois après sa suspension

Le vice-Premier ministre à l’Économie nationale Daniel Mukoko Samba

Le gouvernement congolais a enfin rassuré sur l’approvisionnement des marchés et le paiement des fonctionnaires avant la fin de l’année, annonçant « une stabilité des prix et des stocks suffisants, tant pour les produits importés que locaux » en vue des fêtes.
Par ailleurs, la RDC a repris l’exportation du cobalt dix mois après sa suspension causée par la baisse observée du minerai. « Le cours du cobalt était continuellement à la baisse depuis 2024. On a commencé l’année 2025 avec le cobalt qui se vendait à près de 20 000 et 21 000 Usd, et là nous terminons l’année à 52 000 USD la tonne de cobalt (…). Le ministre des Mines nous a informés de la reprise des exportations du minerai depuis le week-end dernier », a déclaré le ministre de l’Économie nationale cité dans le communiqué.
Pour Daniel Mukoko Samba, la RDC a su démontrer sur le marché mondial sa force parce que le pays qui amène plus de 70% de l’offre mondiale de cobalt ne peut pas laisser son produit se déprécier sur le marché et ne rien faire pour protéger sa position. La suspension de l’exportation, intervenue en février 2025, avait pour but de freiner l’effondrement spectaculaire des prix du cobalt, un minerai stratégique dont la RDC fournit plus de 70% de la production mondiale. Le pays était en situation de suroffre, provoquant l’accumulation des stocks au pays, qui a fait dégringoler les prix.

Le franc congolais devient l’une des monnaies les plus performantes d’Afrique

(Image : congodurable.net)

Par ailleurs, le franc congolais (CDF), monnaie nationale de la RDC, s’est notablement apprécié face au dollar américain (Usd) au cours de l’année 2025, au point d’être classé en décembre parmi les monnaies les plus performantes du continent africain, selon les analystes. Au 24 décembre 2025, le taux indicatif s’est stabilisé autour de 2 276 CDF pour 1 Usd, alors que sur l’ensemble de l’année, le franc congolais a regagné environ 30% de sa valeur, après avoir frôlé les sommets de 2 800 à 2 900 CDF/USD à la fin de 2024.
Cette appréciation résulte d’une politique monétaire rigoureuse menée par la Banque centrale du Congo (BCC), qui a relevé les coefficients des réserves obligatoires imposées aux banques commerciales, réduisant ainsi la masse monétaire en circulation. À cela s’ajoute une gestion budgétaire plus stricte, avec une restriction des dépenses publiques tout en améliorant la mobilisation des recettes, notamment en période fiscale, renforçant ainsi la demande en monnaie nationale.
Par ailleurs, le décaissement de 445 millions de dollars par le FMI en décembre 2025 a contribué à la consolidation des réserves de change, tout comme les recettes d’exportation issues du secteur minier, particulièrement du cuivre, qui ont renforcé l’afflux de devises étrangères.
Ces mesures ont permis de réduire l’écart entre le taux officiel et le taux parallèle, avec des variations sur le marché informel allant de 2 240 à 2 350 CDF/USD. De plus, la montée des prix des biens de consommation a ralenti, consolidant la stabilité macroéconomique du pays.

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