« Un peuple qui a la mémoire courte est un peuple qui n’a pas d’avenir »
(Citation de Maréchal Ferdinand Foch)
Par David Gakunzi (Extrait du livre : Mémoire du Monde noir)
Congrès de la race noire : Réunir les indignations éclatées

Un certain nombre d’intellectuels noirs, dont Blaise Diagne, député du Sénégal, et le Dr Dubois tiennent à Paris ce 2 février 1919 le « Congrès de la race noire ». Ce congrès mettra en lumière l’injustice dont souffre le monde noir.
Qu’y-t-il de commun entre ces Antillais, ces Américains, ces Africains réunis dans le brouillard parisiens ? A part la couleur de la peau. La même fatigue d’appartenir au silence ; la même fatigue de la puanteur coloniale ; A part la couleur de la peau. La même espérance d’égalité aux bras ; La même espérance de fraternité dans les cœurs ; A part la couleur de la peau.
La même fraîcheur d’un langage orage ; La même fraîcheur d’une volonté de lever des échos.
En un mouvement ils veulent tous regrouper les pleurs solitaires. En branche ils veulent tous faire grandir les indignations éclatées.
L’assassinat de Mondlane : Précurseur

Fils de paysans pauvres et produits des écoles missionnaires et des universités de Witwatersand (Afrique du Sud), Lisbonne, Oberlin Collège et Northwestern Universities (USA), Edouardo Mondlane a été le fondateur du FRELIMO et le précurseur de la lutte pour l’indépendance du Mozambique. Il mourra assassiné le 3 février 1969.
Un colis postal vient d’arriver à Dar-Es-Salaam. Dans le colis un livre. Un livre de Plekhanov. Mondlane ouvre le livre. Il ne le lira pas. Une bombe explose. Mondlane est mort. Mondlane aurait pu mener la vie tranquille et confortable des bureaux administratifs climatisés ou la vie sereine et éthérée des campus universitaires. Les colons portugais pensaient qu’il ne ferait qu’enseigner sur les « multiples tribus » africaines et écrire des traités de sociologie. Mais Mondlane n’était pas de cet avis-là. De la « multitude de tribus » il entrevoyait une nation à bâtir : Le Mozambique.
Frederick Douglas : Il parlait avec une fierté terrible

Frederick Douglas est sans doute le militant anti-esclavagiste le plus célèbre de l’histoire des USA. Né esclave le 14 février 1817, Frederick Douglas, apprend à lire et à écrire tout seul. En 1838, il s’enfuit vers New York. Orateur passionné, journaliste, il anime le mouvement abolitionniste.
Haute stature, crinière léonine, menton déterminé, voix puissante et harmonieuse, il parlait avec une fierté terrible. Orateur passionné il enflammait les foules dans les assemblées anti-esclavagistes.
Aux hommes d’Église qui donnaient la Bible aux esclaves il rétorquait : « Il serait mieux de leurs envoyer une boussole de poche pour qu’ils se retrouvent sur les chemins de la liberté et un pistolet pour qu’ils puissent se défendre contre les chasseurs d’esclaves. »
Nelson Mandela : Enfin libre

Le 11 février 1990 les portes de la prison Victor Vorster s’ouvrent devant le prisonnier politique le plus célèbre du monde, Nelson Mandela. Après 27 ans de détention, le symbole de la lutte contre l’apartheid est enfin libre. A 72 ans.
Quand Mandela sort de prison, le soleil l’interroge : « D’où vient cet éclat que tu dégages, de quelle source souterraine, de quelles profondeurs de l’avenir ? »
Quand Mandela sort de prison, il interroge le soleil : « L’éclat des jours qu’on m’a dérobés, qui en a profité. Qui le porte dans ses yeux ? » Y a-t-il plus de lumière, plus de beauté ? »
Quand Mandela sort de prison, c’est poings levés telle l’encre marquant, indélébiles, des paroles défiant le monde, des paroles habitées par la vérité.
Quand Mandela sort de prison, c’est poings levés qui blessent ou émerveillent, remords du monde libre et fierté d’un peuple formé par les murs du silence.
La déclaration d’Arusha : Grandir à partir de ses propres racines

Au cours d’un meeting célèbre à Arusha, Julius Nyerere, président de la Tanzanie, définit ce 5 février 1967 la voie dans laquelle il compte engager son pays : ni socialisme réel ni capitalisme.
Les communistes fabriquent des industries lourdes. Avec des leaders qui conspirent pour leur propre gloire dans l’avenir. En buvant de la vodka. Les capitalistes préfèrent le gin et le whisky. Ils laissent mourir de faim ceux qui ont faim et proposent du napalm à ceux qui sont nus.
Le socialisme réel c’est le zoo : les gros poissons et les petits poissons mangent tous, chacun proportionnellement à sa taille.
Le capitalisme c’est la loi de la jungle : les gros poissons mangent tout, y compris les petits poissons. Ni jungle ni zoo ne veut Nyerere. Il faut, dit-il, grandir à partir de ses propres racines tout en s’enrichissant de l’air libre venu d’ailleurs. « Kweri Mwalimu – Vrai, Maître », acquiesce son peuple. Mais qu’a fait Nyerere pour mériter d’être revêtu de l’affection de son peuple ?
Jamais, dit-on, il n’a jamais eu de repas sans avoir un hôte à sa table.
Jamais, dit-on, il n’a eu à choisir entre deux chemins qu’il n’ait opté pour le plus utile au peuple. Sous son règne le craintif a retrouvé assurance, l’opprimé justice. Il a dompté le dragon de l’oppression.
Kafur : L’esclave qui devint roi

Précurseur d’une longue dynastie de rois mamelouks, Kafur a régné durant 22 ans sur l’Egypte à partir de l’année 967. Durant son règne le Caire devint la ville de l’or.
« Mon plus grand bonheur serait d’être embauché dans ce restaurant et de ne plus jamais avoir faim », dit un esclave à son compagnon en entrant, enchaîné dans les rues de Caire.
« Pas moins que d’être le maître de cette cité ne pourrait me satisfaire », lui répondit son compagnon d’infortune. Rêve prémonitoire, Kafur devint roi d’Egypte. Quand Kafur devint roi d’Egypte, il créa cités, villages et chemins. Avec des justes lois il gouverna. Et la fortune innombrable, marcha sur ses traces. L’Egypte retrouva la splendeur qu’elle avait perdue depuis la chute de Cléopâtre.








































