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Ils ont fait l’Histoire

« Un peuple qui a la mémoire courte est un peuple qui n’a pas d’avenir »
(Citation de Maréchal Ferdinand Foch)
Par David Gakunzi (Extrait du livre : Mémoire du Monde noir)

Haïti : Les Jacobins noirs

Le 1er janvier 1804, à la suite d’une violente révolte d’esclaves, Saint-Domingue devient Haïti, la première république noire indépendante de l’Histoire.
Messieurs : cric ! Mesdames : crac !
Ce jour-ci une métamorphose mémorable a lieu à des lieux des Caraïbes. Les tambours ont roulé, grondé, hurlé. Le message, le sermon s’est répercuté du gommier au filao, du poirier au cocotier, du palmier à la canne à sucre : « Devant la postérité et l’universalité, jurez : plutôt mourir que vivre esclaves ».
Le peuple vendu, le peuple marchandé, le peuple acheté, le peuple-houe s’est métamorphosé en peuple-machettes. Machettes qui coupaient la canne à sucre, Machettes qui coupent les têtes.
De France, d’urgence, Napoléon a envoyé son beau-frère Leclerc avec des milliers de soldats pour remettre les choses à leur place. C’est-à-dire les fers sur les jambes des nègres. Les machettes invisibles, imprévisibles, ont volé plus rapide, plus tranchant, plus haut.
Ci-gisent décapités Leclerc et des milliers de ses soldats qui croyaient profondément que tous les hommes naissent les uns plus égaux que les autres. Ce jour-ci, de sueur et de sang, de Saint-Domingue est née Haïti, la première république noire.

John Hope Franklin : Chercheur de racines

Né le 2 janvier 1915, John Hope Franklin, professeur d’Histoire depuis 1937, est aujourd’hui l’un des grands collecteurs de la mémoire afro-américaine.
C’est un chercheur des racines. Au pas, à travers âges et générations, il suit la mémoire                    afro-américaine. Avec intelligence et passion, il ramasse le passé ancien et le passé neuf, les bras, les jambes, les yeux, les corps mis à l’épreuve de la douleur et de la joie. C’est un chercheur des racines.
Au pas, à travers âges et générations, il suit la mémoire afro-américaine. Pour redire à la terre comment tout cela s’est passé : les bateaux et les champs de coton, le droit de vote et les lynchages. Inlassablement il dit à son peuple : « Ouvre les yeux mon peuple et regarde l’arbre avec ses branches et ses cimes. C’est avec ses racines qu’il est plein d’identité et peut se mesurer face à face avec le ciel. » C’est un chercheur des racines.

Le 4 janvier 1959 : Le sang à Léo

Le 4 janvier 1959, l’administration belge interdit une manifestation de l’Abako (association du peuple bakongo). C’est l’émeute. La répression qui s’ensuit, les jours suivants, est féroce.
A Léo, à Léopoldville, le sang, le sang, le sang. A Léo, à Léopoldville, la terre est empourprée de sang.
Las du silence des congolais voulaient parler. Parler, parler, parler. La force publique n’était pas d’accord. Coups de feu, coups de feu, coups de feu. S’ils s’obstinent à faire de nous des héros on va voir ce qu’on va voir, se disent alors les gens. Mais quels gens, quoi ces gens ? Bras et corps, corps et âmes levés, des Congolais qui sortent leurs corps du silence des nuits.
A Léo, à Léopoldville rien ne sera plus comme avant.

CLR James : Historien de la révolte

Né le 4 janvier 1901 à Trinidad, CLR James a été durant toute sa vie un militant de l’émancipation africaine, et surtout un grand historien de la révolte des esclaves à Saint-Domingue.
Que dire ? Toussaint Louverture le Jacobin noir Jomo Kenyatta le javelot flamboyant Kwame Nkrumah l’apôtre de l’unité africaine.
Que dire ? Les Caraïbes et la tête engoncée dans les épaules. L’Amérikkke et la senteur des champs de coton. L’Afrique et les sept déserts de feu les sept mers de sang à traverser pour la délivrer.
Que dire ? L’Afrique sujet agissant, façonnant son destin selon ses propres intérêts. Pour dire ça, il y eut CLR James.

Charles Drew 

Le 3 janvier 1904, naît aux USA Charles Drew. C’est lui qui inventera la méthode de conservation du sang. Il sera aussi le responsable américain de la Croix-Rouge durant la Seconde Guerre mondiale.
Il a vécu en veillant à son temps comme à un capital précieux du lever du soleil au coucher du soleil.
Il investissait son intelligence pour produire des œuvres utiles. Et quand on lui demandait pourquoi jamais il ne prenait repos il répondait : « je suis comme une bicyclette, si j’arrêtais de pédaler je perdrais l’équilibre, mon cœur s’arrêterait et je tomberais ».

Dr Nico : Le magicien de la guitare

Grand guitariste, Dr Nico a marqué la musique congolaise des années 60. Il est l’un des pères de la musique congolaise moderne.
Espérances larges et appels à la vie, ses guitares déroulent un même frisson de sueur, de douleur et de joie. Mélodies de rues, dialogues de bar, ses guitares labourent les nuits sensuelles et nostalgiques. Et le réel accroche le rêve et les hanches chassent les angoisses et les corps embrassent dans une longue étreinte. La joie bienheureuse des folles espérances.
Mawaaaaaaaaaaaaaaa !

Angela Davis : L’étoile de Harlem

Née le 26 janvier 1944 en Alabama, Angela Davis (professeur d’université et militante du mouvement afro américain) est depuis les années 60 le symbole de la liberté de parole et de la résistance ouverte au racisme et au sexisme aux USA.
Au cœur de l’Amérique voilà que, belle et noire, se lève se lève une femme. Elle est belle quand elle rit, elle est belles quand elle pleure. Elle marche et derrière elle, marchent les étoiles de Harlem. Dans le corps froid de l’Amérique elle va de part en part, la chaleur de la liberté. Son visage est éclatant de soleil, sa parole est magie envoûtant la raison.

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