Le président camerounais Paul Biya, 92 ans et au pouvoir depuis 43 ans, a annoncé dans un message publié le dimanche 13 juillet, sur le compte officiel du réseau X de la présidence camerounaise, sa candidature pour un huitième mandat à la présidentielle dont la tenue est prévue pour le 12 octobre 2025.
Le chef de l’État camerounais écrit, pour exprimer son intention de briguer un huitième septennat à la présidentielle d’octobre : « Je suis candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Soyez assurés que ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés ».
À l’orée du déclenchement de la procédure pour le scrutin, plusieurs voix se sont déjà élevées au Cameroun pour demander au président de ce pays d’Afrique centrale, qui approche les cent ans, de passer la main, tandis que d’autres n’ont pas hésité à réaffirmer leur soutien au chef de l’État malgré l’âge très avancé de celui-ci ainsi que sa longévité excessive et prohibitive à la tête du pays.
Le camp Biya a récemment connu un nombre de défections, avec la déclaration de candidature à la présidentielle d’Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari, tous deux membres du gouvernement et soutiens de longue date de Paul Biya. De son côté l’opposition, historiquement divisée au Cameroun, aborde une nouvelle fois le scrutin présidentiel en ordre dispersé.
À quelques mois du vote, des discussions ont toutefois été engagées entre un nombre de personnalités et partis de l’opposition en vue de la possibilité d’aligner une candidature commune et ainsi maximiser les chances de remporter le scrutin. Mais aucun consensus clair ne s’est encore dégagé jusque-là, en raison de divergences persistantes et de rivalités politiques.
Conditions précaires et climat d’instabilité

Maurice Kamto, plus farouche opposant au chef de l’État et candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) lors de la présidentielle de 2018, où il est arrivé deuxième de Paul Biya avec 14 % des voix – 71 % en faveur du président en exercice – , ainsi que Cabral Libii, une figure importante de l’opposition, ont également déclaré chacun de son côté leur intention d’être de la partie à la course pour la présidentielle.
À la veille d’une élection cruciale, le Cameroun traverse une zone de turbulence économique. Le chômage frappe la population à un degré excessif, touchant jusqu’à 74% des jeunes, selon Gabriel Fandja, président de la commission de l’Éducation à l’Assemblée nationale. De même, l’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat, avec un taux de 5% en 2024, aux termes des chiffres officiels.
Sur les réseaux sociaux comme dans les débats télévisés, les Camerounais multiplient les critiques à l’égard du pouvoir sur la cherté de la vie, la précarité des conditions de vie et l’insuffisance des services de base. L’accès à l’eau potable, aux soins de santé ou à une éducation de qualité demeure également difficile. Ces frustrations, exprimées de plus en plus ouvertement, traduisent un malaise social profond qui devrait jouer en défaveur du parti au pouvoir.
Par ailleurs, la crise qui perdure depuis 2016 dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest demeure l’un des principaux foyers d’inquiétude. Les violences entre groupes séparatistes armés et forces de sécurité s’y poursuivent, provoquant un climat d’instabilité. En 2018, le scrutin avait été perturbé dans ces zones, avec un taux de participation des plus faibles en raison des déplacements massifs des populations fuyant le conflit. Maurice Kamto, arrivé deuxième de Paul Biya, avait également contesté sa défaite, dénonçant des résultats qu’il avait affirmé truqués.







































