
Le Parti démocratique du Botswana (BDP) a perdu face à la coalition d’opposition Umbrella for Démocratic change (UDC), le 1er novembre 2024, permettant ainsi à ce regroupement d’élire à la présidence son candidat Duma Gideon Boko.
La coalition de gauche Umbrella for Democratic Change a remporté au moins 36 des 61 sièges au parlement, soit la majorité absolue aux élections législatives, selon les résultats publiés par la Commission électorale du Botswana. La victoire de la coalition de l’opposition marque une déroute historique du parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays il y a près de 60 ans.
Duma Boko, un avocat des droits humains de 54 ans, opposant de longue date et diplômé de Harvard, a reçu les félicitions du président sortant Mokgweetsi Masisi, un acteur important de la stabilité de la démocratie botswanaise qui a immédiatement reconnu sa défaite.
« Nous avons eu tout faux devant le peuple »
« Je souhaite féliciter l’opposition pour sa victoire », a déclaré le chef de l’État sortant devant la presse. « Nous avons eu tout faux aux yeux du peuple », a-t-il reconnu face au désastre électoral de son camp, plombé par des accusations de corruption et une économie morose.
Le parti démocratique du Botswana (BDP), à la tête de cette ancienne colonie britannique depuis 1966, recule au mieux à la troisième place des formations politiques de la chambre, aux termes des résultats du scrutin publiés par la Commission électorale.
L’économie du Botswana, pays largement désertique mais aussi connu pour abriter la plus importante population d’éléphants au monde, repose principalement sur la production du diamant, dont il est le deuxième plus grand producteur mondial. C’est aussi le pays où ont été extraites les plus grosses pierres de ces dernières années, la plus récente une pierre de 2 492 carats trouvée au mois d’août de cette année, soit le deuxième plus gros diamant après le Cullinan, de 3 106 carats découvert en Afrique du Sud en 1905 et dont une partie orne la couronne d’Angleterre.
Les félicitations du président Tshisekedi
Plusieurs chefs d’État et de gouvernement ont salué l’élection de Duma Boko à la tête du Botswana, dont le président congolais Félix Tshisekedi, qui lui a présenté le 2 novembre ses felicitations après la victoire de la coalition de gauche.
« Le Président Félix Tshisekedi adresse ses sincères félicitations à S.E.M. Duma Gideon Boko, président du Botswana, après la victoire de la coalition de gauche Umbrella for Democratic change », peut-on lire sur le compte X de la Presidence congolaise où on ajoute : « Le chef de l’État salue le leadership exemplaire du Président botswanais sortant Mokgweetsi Keabetswe Masisi qui a reconnu les résultats de ce scrutin, témoignant de la force et de l’intégrité du processus démocratique au Botswana ».
Une page se tourne

Le Botswana vient de vivre un moment historique avec le grand changement politique qu’annonce la victoire de l’UDC lors des élections législatives, mettant ainsi fin à presque soixante ans de gouvernance par le Parti démocratique. Il convient de souligner que cette transition s’est faite de manière pacifique, contrairement à ce que le continent nous a souvent présenté, renforçant la réputation du Botswana comme l’une des démocraties les plus solides d’Afrique.
Le transfert de pouvoir s’est déroulé sans heurts et de manière transparente, d’après Ernest Moloi, fondateur de la plateforme d’information Pan-Afrikanist, également rédacteur en chef adjoint du Botswana Guardian et du Midweek Sun. Le journaliste reconnaît aussi que cette passation pacifique de pouvoir confirme que le Botswana est un modèle de démocratie sur le continent.
Il explique que le nouveau gouvernement souhaite se concentrer sur le bien-être des citoyens avec des actions concrètes, telles que l’instauration d’un salaire minimum de 4 000 pulas.
Depuis son indépendance, le Botswana a été dirigé sans interruption par le Parti démocratique. Cette longue période de gouvernance a permis au pays d’instaurer la stabilité sur les plans politique et économique, mais elle a également suscité des critiques quant à l’absence de renouvellement de la classe politique et des cadres.
Une nouvelle ère pour la démocratie au Botswana
La victoire de l’opposition représente un tournant majeur qui ouvre une nouvelle ère pour la démocratie botswanaise, offrant la possibilité de repenser les politiques publiques.
Ainsi, l’arrivée de l’UDC au pouvoir semble annoncer un changement vers des politiques visant plus d’égalité sociale et une meilleure autonomie économique pour les citoyens. Le nouveau gouvernement entend tenir ses promesses électorales en créant des lois concrètes, notamment en matière d’autonomisation économique.
Toujours selon l’analyse faite par Ernest Moloi, le nouveau leadership veut donner aux citoyens les compétences, les ressources et le capital nécessaires pour réussir, ce qui pourrait transformer positivement la société.
Avec ce premier changement de pouvoir, l’avenir du Botswana paraît prometteur. Le nouveau gouvernement entend rendre l’économie plus inclusive et améliorer les conditions de vie des citoyens.
Le défi principal sera de transformer ces promesses en actions concrètes, surtout dans un contexte mondial complexe et face aux attentes élevées de la population.
La victoire de la coalition de l’opposition est un moment historique pour le Botswana, démontrant une démocratie plus mature et ouvrant la voie à des évolutions importantes sur les plans économique et social. Il reste à voir si l’UDC parviendra à relever les défis auxquels le pays fait face, mais ce changement apporte un nouvel espoir aux citoyens et montre que le potentiel de transformation est bien réel.
Une ancienne Miss Monde nommée ministre à 26 ans

Le Botswana vient s’insérer dans la liste des pays qui bousculent les conventions. Lesego Chombo, Miss Botswana 2022 et Miss Monde-Afrique 2024 âgée de 26 ans seulement, vient en effet d’être nommée au poste de ministre de la Jeunesse et du Genre au Botswana, suscitant beaucoup d’attention et engendrant divers commentaires à travers ce pays d’Afrique de l’est et de tout le continent.
Avocate de profession, l’ambassadrice de la beauté a été nommée par le nouveau président Duma Gideon Boko dans le cadre d’un remaniement ministériel. Une nomination saluée pour la jeunesse de ce pays et qui annonce un vent de renouveau.
« Aujourd’hui, j’ai la chance d’occuper un rôle qui me donne l’opportunité de mieux servir les jeunes et de faire partie du mouvement qui aspire à un Botswana nouveau et meilleur », s’est réjouie Lesego Chombo sur Facebook.
Cette nomination contraste fortement avec l’âge des ministres de la jeunesse dans de nombreux autres pays africains, souvent bien plus âgés que la population qu’ils sont censés représenter.
28 ans pour la plus jeune en RDC
En République démocratique du Congo, la plus jeune ministre, Aminata Namasia, née le 10 mars 1993, avait deux ans de plus lorsqu’elle a été nommée vice-ministre de l’Enseignement primaire et secondaire en 2021. Concernant les ministres de la Jeunesse, en Afrique du Sud, Siviwe Gwarube n’a pris ses fonctions qu’à l’aube de ses 35 ans, alors qu’en Namibie, la ministre de la Jeunesse, des Sports et du service national, Agnès Basilia Tjongarero, est-elle âgée de 77 ans.
Pour de nombreux observateurs, le choix du Botswana illustre une volonté de donner la voix aux jeunes, qui constituent de loin la plus grande partie des populations des pays africains, dans la prise des décisions politiques. Un enjeu important sur le continent et un changement salué sur les réseaux sociaux, où des personnalités comme l’avocate zimbabwéenne Fadzayi Mahere ont exprimé leur satisfaction.
« Si vous vivez dans un pays où le ministre de la Jeunesse est jeune et pas un simple faire-valoir des anciens, vous ne savez pas à quel point vous avez de la chance », a-t-elle écrit sur X.
Outre son expertise juridique, le parcours de Lesego Chombo, engagée dans des actions communautaires à travers sa fondation, démontre son dévouement envers les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.
À 26 ans, cette nomination fait de Lesego Chombo l’une des plus jeunes ministres d’Afrique. Un choix audacieux qui témoigne de la volonté du nouveau président Boko d’impliquer davantage les jeunes dans la gouvernance et de promouvoir de nouvelles perspectives de leadership.






































