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Agression rwandaise et génocide à Goma : Kagame acculé jusqu’à ses derniers retranchements

La méga-marche des Congolais de Belgique le 30 janvier 2025 à Bruxelles

La Ville de Goma, chef-lieu de province du Nord-Kivu, a été prise fin janvier par le groupe terroriste M23 appuyé en matériel et en hommes par l’armée rwandaise – 4 000 militaires selon des sources onusiennes et 10 000 hommes selon d’autres – au prix d’un violent assaut suivi d’un véritable carnage.

Plus de 3 000 morts dont 2 000 civils, 163 femmes et enfants violés et brûlés dans la prison de Munzenze, tel est le bilan sommaire de la barbarie rwandaise à la prise de Goma, où 10 000 soldats rwandais sont entrés pour appuyer le groupe terroriste M23 dans son génocide sur le territoire congolais.
Immédiatement et de manière spontanée, les Congolais se sont levés comme un seul homme, aussi bien en interne qu’à l’international. À Kinshasa, siège des institutions où ont circulé les images du génocide sur les civils de Goma, la population est descendue dans la rue à la faveur d’une marche monstre ayant culminé sur plusieurs ambassades, qui ont été incendiées, notamment celles du Rwanda et de l’Ouganda.
En Europe et au Canada, des réunions de crise ont été convoquées par les associations congolaises. C’est ainsi qu’en Belgique, la Société civile a décidé d’organiser au finish une série d’actions fortes pour alerter l’opinion politique belge et européenne de la situation dramatique qui prévaut dans la partie est de ce pays du fait de l’intensification de la guerre que le Rwanda fait à la RDC à travers son soutien au groupe terroriste M23.

Des méga-manifestations et des sit-in à Bruxelles et Paris

Sit-in des Congolais devant l’ambassade rwandaise en Belgique

Parmi les actions décidées par le Collectif des associations congolaises de Belgique figurent un sit-in tenu le jeudi 30 janvier à la Place du Luxembourg, en plein quartier des Institutions européennes, alors que le samedi 1er février, une gigantesque marche de protestation, l’une des plus importantes jamais connues en Belgique, avait réuni 550 Congolais selon des sources policières, 800 d’après le collectif, manifestant sur les rues de Bruxelles en pleine heure de pointe.
La marche est partie de la Place du Trône en face du Quartier Matonge de la Commune d’Ixelles pour se diriger, à pas de tortue, vers la même Place du Luxembourg provoquant de graves ennuis de circulation et des déviations intempestives de bus du transport en commun.
La manifestation avait ambitionné de réunir l’ensemble de la Communauté congolaise de Belgique. Ainsi des bus avaient été dépêchés à travers le royaume, à Liège, Charleroi, Arlon, Louvain et Anvers, pour ramener ceux résidant en province vers Bruxelles en vue de prendre part à cette méga-action dénommée « Telema tobundela mboka » (Debout pour sauver la patrie), placée sous la coordination de Dr Audrey Mundine Kabeya et comprenant plusieurs commissions – logistique, transport, communication et sécurité notamment.
Au même moment, une autre organisation de Congolais était en sit-in devant l’ambassade du Rwanda, sur la grande bretelle densément fréquentée de l’avenue de Tervuren. Mais aussi à Paris, il a été rapporté que près de 1 500 Congolais étaient en train de battre le pavé pour les mêmes préoccupations, à savoir exiger le retrait de l’armée rwandaise et ses supplétifs du territoire congolais ainsi que la fin de l’aide européenne à ce pays qui commet un véritable génocide en massacrant les populations locales pour des besoins de pillage des richesses de son voisin.

L’ambassadeur Christian Ndongala à la Chambre belge pour des sanctions fortes

L’ambassadeur de la RDC au Benelux Christian Ndongala délivrant son message à la Chambre

Dans la foulée de ces actions, il convient de signaler que le collectif des associations congolaises avait également accompagné en grand nombre l’ambassadeur Christian Ndongala Nkunku, le mercredi 29 janvier à la Chambre belge des représentants, où il a fait le point sur la situation prévalant en RDC et exigé des mesures fortes après la barbarie rwandaise, qui a connu son paroxysme à la prise de Goma, une ville de plus d’un million d’habitants.
Sans nul doute que cet arsenal de manifestations, parfois violentes comme à Kinshasa, et pacifiques à Bruxelles, Paris et ailleurs, ont sensiblement influé sur les instances internationales, qui ont multiplié les séances condamnant l’invasion par le Rwanda, aussi bien au Parlement belge à Bruxelles, au Parlement européen à Strasbourg ou encore au Conseil de sécurité de l’ONU à New York ainsi que dans les organisations africaines.


Ci-après le mémo déposé auprès de chancelleries européennes le jeudi 30 janvier à Bruxelles, au premier jour des manifestations, dont l’Union européenne, le gouvernement belge ainsi que les ambassades des États-Unis et de la France :

L’un des nombreux sit-in à Bruxelles

Mesdames, Messieurs,

Depuis trois décennies, la partie Est de notre pays, la République démocratique du Congo, traverse une situation dramatique, marquée par des conflits armés, des massacres des populations civiles, en particulier des femmes et des enfants, ainsi que par le pillage des ressources naturelles.
Des groupes armés, dont le mouvement terroriste M23, appuyé par l’armée rwandaise, sont responsables de ces violations graves des droits de l’homme, dans l’indifférence injustifiée, sinon coupable, de nos partenaires de la Communauté internationale, parmi lesquels les gouvernements des États-Unis, de la France et de la Belgique.
Plusieurs rapports documentés des experts des Nations unies ont fait état de ces pillages à grande échelle, des massacres, d’occupation des terres congolaises et, surtout, de la présence sur le territoire congolais de 4 000 soldats rwandais, en violation de sa souveraineté et des lois internationales, sans que le drame vécu quotidiennement par les populations civiles dans cette partie de la RDC et provoqué par le Rwanda n’émeuve grand monde.
Compte tenu de la détérioration dramatique de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de notre pays, en particulier dans le Nord-Kivu, nous, membres de la Communauté congolaise résidant en Belgique,

  • Remercions les partenaires de la RDC pour toutes les condamnations verbales qu’ils ont exprimées face à l’invasion du territoire congolais menée par le Rwanda et ses supplétifs du M23 qui pillent nos richesses et massacrent les populations civiles ;
  • Estimons cependant que ces condamnations verbales ne suffisent plus face à la tragédie actuelle dans l’Est de la RDC, qui exige des sanctions fortes et ciblées à l’encontre des responsables de cette tragédie.
  • Invitons les gouvernements des États-Unis, de la France et de la Belgique ainsi que les autres pays épris de paix à prendre leurs responsabilités face à l’escalade de la violence dans le Nord-Kivu de la part du Rwanda.
  • Condamnons, avec la dernière énergie, l’accord signé en février 2024 concernant la chaîne des valeurs sur les minerais critiques et stratégiques durables, entre l’Union européenne et le Rwanda, un pays qui n’en dispose pas dans son sous-sol ;
  • Exigeons l’application stricte des mesures de traçabilité des matières premières en s’appuyant sur la certification au départ du lieu d’extraction;
  • Condamnons les actes de vandalisme perpétrés contre des représentations diplomatiques à Kinshasa et présentons nos vifs regrets aux ambassades concernées ;
  • Réaffirmons notre volonté de vivre en paix dans les limites des frontières reconnues par les différents traités internationaux et en parfaite harmonie avec tous les pays voisins épris d’une volonté de coexistence pacifique.
  • Appelons la communauté internationale à utiliser pleinement l’ensemble des dispositions et mesures prévues par le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, afin de préserver la paix et de protéger la souveraineté de la République démocratique du Congo.

Pour la Coordination de la Diaspora
congolaise

Dr Audrey Mundine Kabeya
Coordinatrice

La coordinatrice du Collectif de Belgique, Dr Audrey Mundine
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