
(Image d’archive/Source : koaci.com)
L’administration américaine vient de rappeler près de 30 de ses diplomates de carrière occupant des postes d’ambassadeur et d’autres fonctions de haut niveau dans ses représentations diplomatiques, dont la plupart en Afrique, alors qu’elle s’emploie à remodeler la posture de la diplomatie des États-Unis à l’étranger en n’utilisant que du personnel jugé pleinement favorable aux priorités « America First » chères au président Donald Trump.
Les chefs de missions diplomatiques d’au moins 29 pays ont été informés mi-décembre que leurs mandats prendraient fin en janvier 2026, à en croire deux responsables du département d’État. L’Afrique est le continent le plus touché par cette mesure, avec des ambassadeurs rappelés dans 15 pays : l’Algérie, le Burundi, le Cameroun, le Cap-Vert, le Gabon, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, Madagascar, Maurice, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Somalie et l’Ouganda.
Une constance dans cette opération, c’est que tous avaient pris leurs fonctions sous l’administration Biden mais avaient survécu à une première vague d’évictions au cours des premiers mois du second mandat de Trump, qui visait principalement les diplomates nommés pour des raisons politiques. La situation a donc évolué d’un cran, lorsqu’une deuxième vague de personnes ont commencé à recevoir, depuis le mercredi 17 décembre, des notifications de responsables à Washington concernant leur départ imminent de leurs fonctions.
Les ambassadeurs servent au bon vouloir du président, bien qu’ils restent généralement en poste pendant trois à quatre ans. Les personnes concernées par cette purge ne perdent pas leur emploi au sein du service diplomatique mais retourneront à Washington pour d’autres affectations, si elles souhaitent les accepter, ont précisé les responsables.

Le département d’État a refusé de commenter le nombre exact ou l’identité des ambassadeurs concernés, mais a justifié de façon cavalière ces changements, les qualifiant simplement de « processus standard dans toute administration ». Il a rappelé qu’un ambassadeur est « un représentant personnel du président et qu’il est du droit de celui-ci de s’assurer qu’il dispose, dans ces pays, de personnes qui font avancer le programme America First ». Sans beaucoup plus de précision.
Si ces divers bouleversement affectent en priorité le continent africain, l’Asie se voit également concernée en particulier, arrivant en deuxième position, avec des changements d’ambassadeurs dans six pays, mais ici de moindre influence stratégique pour Washington. Il s’agit des Fidji, du Laos, des îles Marshall, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Philippines et du Vietnam.
Quatre pays européens ne sont non plus épargnés, à savoir l’Arménie, la Macédoine, le Monténégro et la Slovaquie, ainsi que deux de l’Asie du Sud et centrale (le Népal et le Sri Lanka) et deux dans l’hémisphère occidental (le Guatemala et le Suriname).
La nouvelle concernant les rappels d’ambassadeurs a suscité l’inquiétude de certains parlementaires ainsi que du syndicat représentant les diplomates américains. Mais l’on est quasiment sûr que cette mesure ne pourra être inversée, d’autant plus qu’il s’agit de la matière diplomatique où « la discrétion du président » est l’unique aune en matière des nominations dans le secteur.







































