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Afrique : Une croissance en hausse attendue en 2026 mais encore insuffisante, indique l’ONU

La ZLECAF : Un levier pour la transformation économique de l’Afrique (Image/source : societe.cg)

Le jeudi 22 janvier, les Nations unies ont publié leur rapport annuel sur la situation économique dans le monde. Pour l’Afrique, le bilan est mitigé : si l’institution prévoit une croissance légèrement en hausse pour 2026, elle reste insuffisante pour atteindre les objectifs de développement.

Dans ce rapport, dont une présentation a eu lieu à Addis Abeba, siège de l’Union africaine, l’ONU a établi un taux de croissance de 4,1% pour l’Afrique en 2026, soit une légère hausse par rapport à l’année précédente où le taux s’élevait à 3,9%. Locomotive du continent, l’Afrique de l’Est conserve son leadership économique, explique Stephen Karingi, directeur au sein de la Commission économique pour l’Afrique. « L’intégration y est plus poussée que dans d’autres régions, notamment en matière de services. Un bon exemple en est le commerce de l’électricité », précise-t-il.
Un bon point donc, mais le développement, lui, est toujours à la peine. Selon la Banque mondiale, en Afrique subsaharienne, le taux de pauvreté s’élève à 43%. « Il est essentiel que cette croissance contribue également à la réduction de la pauvreté. D’abord en investissant dans le capital humain. Aujourd’hui, les inégalités que l’on observe en matière d’accès à l’éducation et aux soins de santé nous empêchent de parvenir à une croissance partagée », poursuit-il.
Pour atteindre cet objectif, M. Karingi compte sur des investissements africains, plutôt que sur l’aide internationale. « La mobilisation des ressources nationales sur le continent n’est pas optimale aujourd’hui. Nous pouvons faire mieux. L’Afrique ne peut plus se reposer sur l’aide publique au développement, ni en dépendre », conseille-t-il.


L’aide américaine à l’Afrique du Sud s’élevait à 440 millions de dollars avant le gel

C’était le vendredi 7 février 2025 que le président américain avait signé un décret gelant l’aide américaine à l’Afrique du Sud, qu’il accuse de racisme envers les Blancs. À la suite de l’instauration d’une réforme foncière qu’il juge discriminatoire envers les Afrikaners, allant jusqu’à leur proposer le statut de « réfugiés ». Pretoria, de son côté, avait exprimé sa « grande inquiétude » face à cette « désinformation ».
La diplomatie sud-africaine juge de « non-sens » le décret pris par Donald Trump sous prétexte que Pretoria maltraiterait la minorité blanche, propriétaire de la majorité des terres, à travers l’instauration d’une récente réforme foncière qui permet au gouvernement, dans certaines circonstances et par mesure d’intérêt général, de décider d’expropriations sans compensation.
« Le postulat de base de ce décret manque d’exactitude factuelle et ne reconnaît pas l’histoire douloureuse du colonialisme et de l’apartheid en Afrique du Sud », selon Crispin Phiri, porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères.

Un simple prétexte

Alors que les fonds américains versés à l’Afrique du Sud se sont élevés à 440 millions de dollars en 2023, sur les 11 milliards et demi pour toute l’Afrique subsaharienne, la décision de Washington risque de conduire de nombreuses structures médicales à fermer. « C’est tellement cruel de faire cela à des patients qui ont besoin d’un traitement pour vivre et de ne même pas se préoccuper de leur sort », déplore Mia Malan, directrice du Centre de journalisme de santé Bhekisisa.
La spécialiste en relations internationales Ayesha Kajee estime, pour sa part, que la loi sur les expropriations de terres à laquelle s’en prend Donald Trump n’est qu’un prétexte pour punir l’Afrique du Sud. « Le fond du problème selon moi, c’est que Donald Trump n’aime pas notre politique étrangère, en particulier en ce qui concerne Gaza », estime-t-elle avant de poursuivre qu’« il aimerait que tout le monde suive sa ligne, il est très en colère du fait que Pretoria porte le cas du génocide des Gazaouis devant la Cour internationale de Justice ».

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