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AFRIQUE : Les défis de l’année 2026

(Image d’illustration/Source : afrikactus.com)

L’année 2026 s’annonce sur de nouveaux auspices pour le continent africain. Si les prévisions économiques donnent un taux de croissance oscillant en moyenne entre 3 et 5%, les voyants sont au rouge concernant les crises socio-politico-militaires sur le continent. En 2026, les défis de l’Afrique seront géopolitiques, économiques et la lutte contre les crises multiformes qui minent le continent.

Plusieurs pays africains sont piégés dans un cycle de politiques inefficaces et de croissance limitée. Depuis les bouleversements de 2011, les déficits budgétaires ont explosé, la dette publique s’est alourdie, le secteur privé peine à s’imposer, tandis que l’économie informelle, largement majoritaire, reste en marge des filets sociaux. Des réformes structurelles sont préconisées : révision des subventions, amélioration de l’environnement des affaires, simplification des réglementations et inclusion financière, afin d’intégrer les travailleurs informels.
En Afrique subsaharienne, la croissance devrait atteindre 4,1% en 2026, bien que menacée par l’inflation mondiale et le poids du service de la dette. L’Afrique continue d’afficher une dynamique économique encourageante pour les années 2025-2026, avec une croissance moyenne du produit intérieur brut (PIB) estimée à environ 4,1% en 2025, selon les dernières prévisions de la Banque africaine de Développement (BAD). Cette performance, bien que modérée comparée à certaines périodes de forte expansion, illustre la résilience du continent face à un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, des perturbations climatiques et des défis sanitaires persistants.
Plusieurs facteurs soutiennent cette trajectoire positive. D’une part, la diversification progressive des économies africaines réduit la dépendance excessive aux matières premières, favorisant le développement des secteurs manufacturiers, agricoles et des services. D’autre part, les investissements dans les infrastructures, notamment dans le transport, l’énergie et les technologies de l’information, améliorent la compétitivité et facilitent l’intégration régionale.
Par ailleurs, la baisse attendue de l’inflation, qui devrait passer de 18,6% en 2024 à environ 12,6% en 2025-2026, contribue à stabiliser les prix et à renforcer le pouvoir d’achat des ménages. Cette maîtrise de l’inflation est essentielle pour encourager la consommation intérieure et soutenir la demande globale.

Sur le plan géopolitique et la gestion des crises multi-dimensionnelles

(Image d’illustration/Source : radiookapi.net)

L’Afrique contemporaine fait face à une multiplication des crises politiques qui freinent son développement et menacent sa stabilité. Des États du Sahel, en passant par les Grands Lacs, ces turbulences trouvent leurs racines dans un héritage colonial complexe, des défaillances économiques structurelles et des tensions identitaires instrumentalisées.
Coups d’État récurrents, conflits armés et gouvernance fragile dessinent un tableau préoccupant mais non irrémédiable. Comprendre ces dynamiques permet d’identifier les solutions durables, notamment à travers le renforcement des institutions africaines et une coopération internationale repensée.
Sur le plan sécuritaire, l’Afrique reste confrontée à divers foyers de tension. Le Sahel, l’est de la RDC, la corne de l’Afrique ou encore le nord du Mozambique sont les théâtres de luttes qui attirent de plus en plus d’acteurs extérieurs. Les interventions militaires de puissances étrangères, à l’image de la Russie via le groupe Wagner, ou des États-Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, posent la question de l’autonomie stratégique.
Dans ce contexte, l’Union africaine a réactivé des initiatives comme la Force africaine en attente (FAA) et le mécanisme africain de sécurité collective, mais leur efficacité reste limitée faute de financement et de coordination régionale suffisante. D’ici 2040, la consolidation de véritables capacités africaines de maintien de la paix et de défense commune constituera un élément central du positionnement stratégique du continent sur l’échiquier mondial.

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