
Les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger se sont réunis les 22 et 23 décembre à Bamako au Mali pour officialiser la création d’une force conjointe, d’une banque d’investissement et de médias communs. L’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, s’attelle ainsi à se structurer.
Créée le 16 septembre 2023 par les militaires arrivés au pouvoir dans les trois pays par des putschs entre 2020 et 2023 comme bloc de défense mutuelle pour contrer une éventuelle intervention de la Cédéao, la confédération lie ses membres par un « devoir d’assistance et de secours » face à toute agression, dans un contexte de progression des groupes jihadistes qui écument ces pays depuis des années.
À Bamako, les ministres et les dirigeants de l’AES ont évoqué la création d’une Force unifiée, dotée d’un effectif de 5 000 hommes. Le 20 décembre, le président malien Assimi Goïta en a présenté l’étendard et a procédé à la nomination du général malien Daouda Traoré comme commandant.
Le Collège des chefs d’État de l’Alliance a par ailleurs désigné le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, à la présidence tournante de l’organisation pour une durée d’un an. La décision a été annoncée dans le communiqué final sanctionnant les travaux du sommet, tenus en présence des chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Le capitaine Traoré succède ainsi au général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition du Mali, dont le Collège a salué le « leadership éclairé » et le rôle déterminant dans la mise en place des bases institutionnelles de la Confédération, aux termes du même communiqué.
Dans son discours d’acceptation, le nouveau président en exercice de l’AES a placé son mandat sous le signe de la continuité, de l’humilité et de l’accélération de l’action confédérale, avant d’exprimer sa reconnaissance aux forces de défense et de sécurité des États membres, qu’il a qualifiées de « piliers essentiels de l’existence même de la Confédération ».
Des opérations d’envergure annoncées contre les groupes terroristes

(Image source : actualité.bf)
Le capitaine Ibrahim Traoré a également insisté sur la responsabilité des dirigeants face aux attentes des populations sahéliennes, appelant à « ne plus dormir » devant l’enthousiasme et l’espoir suscités par l’AES et faisant savoir que les peuples aspirent avant tout à la paix, au développement et à la possibilité de « vivre heureux chez eux ».
Sur le plan sécuritaire, il a annoncé une intensification prochaine des actions de la force unifiée de l’AES, récemment entrée en activité, exhortant les forces combattantes à se préparer à des opérations de grande envergure contre les groupes terroristes. Il a par ailleurs salué le travail diplomatique mené par les États membres, estimant que la diplomatie et la communication sont devenues des leviers stratégiques dans la reconnaissance internationale de la Confédération.
Abordant le volet du développement, le président entrant a fait de la souveraineté alimentaire, de l’industrialisation et des infrastructures des priorités majeures de son mandat. Il a réaffirmé la volonté de l’AES de compter d’abord sur ses propres ressources et appelé à une mobilisation accrue des acteurs publics et techniques pour concrétiser les projets structurants de l’espace confédéral.
Le Collège des chefs d’État a, de son côté, réitéré sa détermination à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes, dénoncé les tentatives de déstabilisation soutenues par des acteurs étrangers et condamné les campagnes de désinformation visant les États membres. Il a également salué les progrès réalisés dans l’opérationnalisation des piliers défense-sécurité, diplomatie et développement ainsi que l’adoption de plusieurs protocoles additionnels renforçant l’architecture institutionnelle de l’AES.







































