La Coupe d’Afrique des nations Maroc 2025 s’est refermée, laissant derrière elle son lot d’émotions, de surprises et de déceptions. Quels ont été les équipes marquantes, les joueurs incontournables, les jeunes talents, les rencontres mémorables, les déceptions, sans oublier les images fortes qui resteront gravées dans les mémoires ? Voici le bilan de cette édition intense et disputée…
Le Sénégal est incontestablement la meilleure équipe de cette CAN et a logiquement décroché sa deuxième étoile en s’imposant avec du caractère devant le pays organisateur. Tout au long du tournoi, les Lions de la Teranga ont affiché une maîtrise collective portée par l’expérience des vainqueurs de 2022, la solidité d’un milieu de haut niveau avec un certain Pape Gueye et par une attaque imprévisible. Il fallait être fort pour gagner en finale devant le Maroc, le Sénégal l’a été.
Pays hôte, le Maroc aura du mal à se contenter de ce statut de vice-champion d’Afrique. Cela ne s’est pas terminé comme les Lions de l’Atlas le voulaient, mais les joueurs de Walid Regragui ont malgré tout réalisé un beau tournoi : seulement deux buts encaissés, des gestes de grande classe – deux bicyclettes pour Ayoub El Kaabi –, une séance de tirs au but mémorable contre le Nigeria avec un grand Yassine Bounou, et surtout une ambiance de folie avec les supporters au stade Prince Moulay Abdellah.
Le Nigeria avait aussi la tête de l’emploi pour soulever la Coupe. Impressionnants jusqu’en demi-finale où ils tombent devant le Maroc, les Super Eagles ont été sans doute l’équipe la plus spectaculaire du tournoi. Un duo Lookman-Osimhen qui régale, une défense monstrueuse, un milieu costaud. Il n’aura pas manqué grand-chose à la formation d’Éric Chelle pour repartir avec le trophée, plutôt que la troisième place.
Les joueurs marquants

Sadio Mané est entré dans le débat des plus grandes légendes africaines de ce sport. Dans sa deuxième CAN remportée, il aura été décisif (deux buts et trois passes décisives), tout en assumant un rôle de leader. Il a été logiquement nommé meilleur joueur du tournoi, pour ce qu’il a annoncé être sa dernière participation.
Brahim Diaz, le meilleur buteur de cette CAN, gardera malheureusement de ce tournoi un souvenir amer à tout jamais. Il l’a pourtant survolé, avec un but par match jusqu’aux demi-finales, et un statut de leader technique d’une équipe marocaine qui semblait destinée à l’emporter. Sa panenka ratée dans les derniers instants de la finale restera probablement une plaie ouverte de nombreuses années.
Monstrueux. Le qualificatif n’est en rien exagéré pour le match de Calvin Bassey en demi-finale contre le Maroc. Le défenseur central nigérian a été gigantesque pour permettre au Nigeria de tenir en échec le Maroc pendant 120 minutes. Et ce n’est pas son seul fait d’armes, tant il a été impressionnant durant tout le tournoi dans les duels, le placement, la sérénité et la relance.
Les jeunes cracks
À 17 ans seulement, l’attaquant sénégalais Ibrahim Mbaye a déjà laissé son empreinte dans l’histoire de la CAN. En marquant contre le Soudan en huitièmes de finale, il est devenu le plus jeune joueur à inscrire un but dans la compétition au XXIème siècle. Il a été une arme redoutable pour le Sénégal, a fait une superbe entrée en finale et s’est dessiné un avenir prometteur.
Dans une sélection ivoirienne tenante du titre, Christ Inao Oulaï (19 ans) n’a pas tardé à s’imposer comme la relève au milieu de terrain. Homme du match face au Gabon en phase de groupes et impeccable contre le Burkina Faso en huitièmes, le néo-international s’est parfaitement intégré au groupe d’Émerse Faé pour sa toute première Coupe d’Afrique. Avec Amad Diallo et Yan Diomandé, il symbolise la nouvelle génération ivoirienne.
Ibrahim Maza (20 ans) n’a pas mis longtemps à entrer dans le cœur des supporters algériens. Révélation offensive des Fennecs lors de cette CAN, « Mazadona » a été le joueur le plus précieux (deux buts, une passe décisive) pour sa sélection derrière son capitaine Riyad Mahrez. L’Algérie semble avoir trouvé son nouveau maestro.
Les matchs qui resteront dans les mémoires

Voilà bien une finale que l’on n’est pas près d’oublier. Le scénario du match Sénégal-Maroc a dépassé toutes les limites de ce que l’on pouvait imaginer. Les débordements ont assombri cette CAN 2025 et laissé un goût amer à beaucoup. Les sanctions prises par la CAF le 28 janvier sont à la mesure des graves incidents aux frontières du chaos (Voir encadré).
Si le quart de finale Algérie-Nigeria a mal tourné après le coup de sifflet final, la prestation des Super Eagles a marqué les observateurs. Les Fennecs, séduisants jusque-là, ont été archi-dominés. Les Nigérians ont livré une vraie démonstration, comme on en voit rarement à ce niveau, avec une victoire 2-0 qui aurait pu être bien plus lourde.
Cinq buts, un champion en titre éliminé, Égypte-Côte d’Ivoire a réservé un sacré spectacle du début à la fin. Les Éléphants ont couru après le score pendant presque 90 minutes (3-2 score final), mais sont encore une fois tombés contre leur bête noire de la CAN (une onzième défaite face à des Pharaons).
Les déceptions
Il n’y en a pas eu une vraie surprise. L’affiche de la finale entre les deux meilleures nations africaines au classement Fifa dit tout. Si le Bénin a bien résisté contre l’Égypte et si la Tanzanie a un temps fait peur au Maroc en huitièmes, au final, pas de parcours héroïque d’une « petite » sélection à signaler cette année.
Il faut rappeler que le Bénin a subi une panne de VAR contre la RDC, Hugo Broos a chargé l’arbitrage défavorable à l’Afrique du Sud contre l’Égypte… et puis les critiques, parfois justifiées, sont allées jusqu’à la confrontation entre les joueurs et le corps arbitral à la fin de RDC-Algérie. L’on a également évoqué une théorie du complot présentant des arbitres corrompus par le Maroc, faisant régner une atmosphère nauséabonde autour de certains matchs. Le penalty accordé au Maroc dans les dernières minutes de la finale a exacerbé cette rumeur.
Le Gabon et la Tunisie ont réalisé un vrai fiasco. Les Panthères n’ont même pas passé la phase de groupes avec 0 point au compteur, tandis que la Tunisie en supériorité numérique a été éliminée par le Mali en huitièmes. Au Gabon, le pouvoir a décidé un grand ménage dans la sélection et, chez les Aigles, le sélectionneur Sami Trabelsi a été limogé.
Quant aux images marquantes, le supporter des Léopards Michel Kuka Mboladinga, rendant hommage à Patrice Lumumba dans les tribunes en imitant la posture d’une statue à l’effigie du héros de l’indépendance congolaise, est devenu une icône. Si l’on doit retenir un but, ce serait celui signé Adil Boulbina. L’Algérien, à peine entré en jeu durant la prolongation du huitième de finale contre la RDC, a envoyé une merveille de frappe sous la barre transversale, à 20 mètres de distance, alors même que les tirs au but semblaient inéluctables.
Des lourdes sanctions après la finale ubuesque Maroc-Sénégal

L’image qui restera sûrement la plus marquante de cette CAN et parmi les plus mémorable de l’histoire de la compétition reste les Sénégalais quittant le terrain, sous l’impulsion de Pape Thiaw, après que l’arbitre de la finale a accordé un penalty au Maroc pour une faute Brahim Diaz, avant de revenir une grosse dizaine de minutes plus tard, rameutés par leur capitaine Sadio Mané.
Le jury disciplinaire de la Confédération africaine de Football (CAF) a frappé fort le 28 janvier en sanctionnant durement le Sénégal avec des sanctions massives, tout en se montrant plus clément face au Maroc, pays hôte. Des amendes records et des suspensions de longue durée ont été infligées aux cadres techniques ainsi qu’aux joueurs vedettes, suite au chaos qui est intervenu lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 le 18 janvier dernier à Rabat.
À cet effet, le sélectionneur des Lions de la Teranga, Pape Thiaw, est le principal visé. Il écope d’une suspension de cinq matchs officiels et d’une amende de 100 000 USD « pour comportement antisportif, violation des principes de fair-play et d’intégrité, et atteinte à l’image du football ». La CAF lui reproche d’avoir incité ses joueurs à quitter la pelouse après un penalty controversé accordé au Maroc en fin de temps réglementaire. Cette sanction ne concerne que les matchs de la CAF et n’ont donc pas d’effet sur sa présence au banc du Sénégal lors de la prochaine Coupe du monde de football.
Côté joueurs, les Sénégalais Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye s’en sortent plutôt assez bien, avec deux matchs de suspension pour « comportement antisportif envers l’arbitre ». La fédération sénégalaise, elle, se voit infliger une amende 300 000 dollars pour « le comportement antisportif de ses joueurs et de son encadrement technique » ainsi que 300 000 dollars supplémentaires pour le comportement inapproprié de ses supporters, ayant porté atteinte à l’image du football.
Pour rappel, 17 supporters sénégalais sont toujours détenus au Maroc, en attente de jugement pour actes d’hooliganisme et ce, conformément aux dispositions répressives prises bien avant l’ouverture des hostilités à la CAN 2025. Par ailleurs, la fédération sénégalaise devra payer une amende de 15 000 dollars « pour faute disciplinaire de l’équipe nationale, cinq joueurs ayant reçu des avertissements ».
Comportement antisportif marocain également sanctionné

Du côté marocain, la CAF n’a pas été tendre non plus, bien que les Lions de l’Atlas s’en sortent mieux que les Sénégalais. La Fédération marocaine a ainsi écopé de plusieurs amendes qui, cumulées, se chiffrent à 315 000 dollars, principalement pour le comportement des ramasseurs de balles, l’envahissement de la zone de VAR et l’usage de lasers par les supporters.
La CAF a tenu à juger également la rocambolesque affaire de « guerre des serviettes ». Pour leur participation active ou passive dans la disparition des serviettes du gardien sénégalais Edouard Mendy, les joueurs marocains Achraf Hakimi et Ismael Saibari ont pris respectivement deux matchs de suspension dont un avec sursis et trois matchs de suspension pour comportement antisportif. Ce dernier a reçu en plus une amende de 100 000 dollars.
La commission de discipline, présidée par le Sénégalais Ousmane Kane, momentanément écarté pour l’examen de cette affaire en raison de l’implication directe de son pays afin de ne pas être à la fois juge et partie, s’est appuyée sur les rapports détaillés des arbitres, ceux des commissaires du match ainsi que sur l’analyse des images vidéo.
La CAF a par ailleurs rejeté la réclamation introduite par la fédération marocaine sur « le fait que l’équipe du Sénégal avait quitté la pelouse » et devrait donc, selon elle, être déclarée perdante. Les Lions de la Teranga conservent donc leur deuxième étoile également sur tapis vert.









































