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Immigration : Ultimatum de Londres face au « laxisme » de la RDC sur ses migrants illégaux, Kinshasa réagit

Mme Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur de la Grande Bretagne (Image : independent.co.uk)

La ministre de l’Intérieur britannique, Shabana Mahmood, a annoncé 28 décembre des mesures fermes contre le « laxisme » envers les « migrants illégaux et criminels étrangers ». Sur X, elle a menacé la République démocratique du Congo de restrictions visa si elle refuse le retour de ses ressortissants contrairement à l’Angola et la Namibie qui acceptent de coopérer.

Luanda et Windhoek ont cédé sous menace de sanctions britanniques, autorisant le rapatriement de personnes entrées illégalement ou condamnées. Pour la RDC, accusée de non-coopération, des restrictions visa sont déjà en place, avec risque d’interdiction totale.
Officiellement informée par voie diplomatique, Kinshasa a réagi par communiqué du 30 novembre, indiquant que « des échanges sont engagés entre les experts du ministère congolais des Affaires étrangères, de la Direction générale de migration (DGM) et du Home Office » visant à « examiner la situation des Congolais en séjour irrégulier », trouver « des solutions mutuellement acceptables » et certifier formellement « l’identité des personnes concernées ».
La politique britannique s’inscrit dans la stratégie du gouvernement travailliste pour réduire l’immigration irrégulière. « Les jours où la Grande-Bretagne était une cible facile sont révolus », a insisté Mme Mahmood qui menace d’étendre l’ultimatum à d’autres pays.
Ces mesures affectent des milliers de personnes fuyant pauvreté ou conflits, amenant Amnesty International à prévenir sur le risque de dangers pour les rapatriés. De son côté, le Home Office défend cet accord pour la sécurité nationale et annonce que des vols de retour vers l’Angola et la Namibie pourraient bientôt débuter.


Burkina Faso et Mali
Restrictions de visas aux Américains par réciprocité

Le Mali et le Burkina Faso ont annoncé imposer des restrictions d’entrée aux ressortissants américains, par mesure de « réciprocité », deux semaines après que Washington a ajouté ces deux pays à sa liste de nationalités interdites de visas. Le 16 décembre, Donald Trump avait étendu les interdictions d’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays – Burkina, Mali, Niger, Soudan du Sud, Syrie, Laos, Sierra Leone – ainsi qu’aux Palestiniens, pour « protéger la sécurité des États-Unis ».
« En application du principe de réciprocité, le gouvernement du Burkina Faso informe l’opinion nationale et internationale de sa décision d’appliquer aux ressortissants des États-Unis d’Amérique des mesures équivalentes en matière de visas », a répondu le ministère burkinabè des Affaires étrangères dans un communiqué.
Par la même voie, les autorités du Mali indiquent « appliquer, en guise de réciprocité et avec effet immédiat, aux ressortissants américains, les mêmes conditions et exigences que celles imposées par les autorités américaines aux citoyens maliens ». Le gouvernement malien « regrette » par ailleurs qu’« une décision d’une telle importance ait été prise sans la moindre concertation préalable ».

Douze autres pays concernés depuis juin

Aucune communication officielle n’a pour l’heure émané de Niamey, partenaire des deux pays dans la confédération sahélienne mais une semaine auparavant, l’Agence nigérienne de presse avait fait état d’une mesure similaire, citant une source diplomatique.
Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump mène une vaste campagne contre l’immigration illégale et a considérablement durci les conditions d’accès au territoire américain, interdisant l’entrée aux étrangers qui « ont l’intention de menacer » les Américains ou ceux qui « pourraient nuire à la culture, au gouvernement, aux institutions ou aux principes fondateurs » des États-Unis, selon la Maison Blanche.
La mesure prévoit des exceptions pour les résidents permanents légaux, les titulaires de visas existants, certaines catégories comme les athlètes, les diplomates et les personnes dont « l’entrée sert les intérêts des États-Unis ». Douze autres pays sont concernés depuis juin, principalement en Afrique et au Moyen-Orient : l’Afghanistan, la Birmanie, le Tchad, le Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen.

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