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Le Projet AFM pour l’autonomisation des filles et des mères

La problématique de l’encadrement des filles-mères revêt une importance sociétale de premier ordre dans une société où la maternité précoce devient souvent synonyme d’une série d’étiquettes et de privations pour la jeune fille, notamment l’exclusion, la culpabilité, le rejet, la restriction d’opportunités, et surtout l’arrêt brutal du parcours scolaire, source de plusieurs autres désagréments.
Les causes produisant la prolifération des filles-mères sont multiples. Pour beaucoup de jeunes filles en effet, l’échange des faveurs sexuelles contre les avantages maternels constitue un moyen de résoudre ou de contourner la crise à laquelle plusieurs ménages sont confrontés. C’est ainsi que s’observe le vagabondage sexuel au sein de la jeunesse, au risque de compromettre l’avenir de cette catégorie de la population qui est pourtant l’avenir de la nation. Ce qui aboutit aux grossesses non désirées, au phénomène de fille-mère, ainsi qu’aux conséquences multiformes de cette problématique.

De ce fait, il est important de trouver des voies et moyens pour que les jeunes filles soient suffisamment informées sur les méfaits que peut avoir la sexualité non responsable, qui a des conséquences néfastes dans la vie sociale d’un individu et de la communauté. Ainsi, l’une des causes qui seraient à la base du phénomène du filles-mères pourrait être la pauvreté de la famille et le manque d’éducation sexuelle par les parents.
Selon les analystes sociaux, l’éducation des filles, y compris investir dans l’éducation des filles, comporte des avantages pour le progrès individuel, économique et social. Plusieurs recherches démontrent également l’importance de l’instruction de la fille et les obstacles spécifiques de son éducation, justifiant la certitude selon laquelle développer et améliorer l’éducation des filles a un impact positif pour le progrès individuel, économique et social.

Offrir aux jeunes femmes un programme complet en vue de les rendre opérationnelles et utiles

Les filles-mères, par contre, se retrouvent parmi les groupes sociaux les plus vulnérables. Elles portent seules la responsabilité d’élever un enfant sans soutien ni ressources, juste à cause de conflits familiaux générés par une sexualité non contrôlée ou non responsable et qui perturbent l’équilibre familial avec la dislocation et autres ruptures qui s’ensuivent.
Pourtant, derrière ces histoires de douleur et de stigmatisation se trouvent des jeunes femmes résilientes, créatives, déterminées. Des femmes qui, avec un encadrement adapté, peuvent devenir autonomes, productives et actrices du changement social.
« C’est dans cette optique que nous avons initié le ‘’Projet AFM – Autonomisation des Filles et des Mères’’. L’objectif est d’offrir à ces jeunes femmes un programme complet en vue de les rendre d’abord opérationnelles, ensuite utiles à leur communautés. Ce programme englobe des formations qualifiantes, un accompagnement psychosocial, l’initiation à l’entrepreneuriat, l’insertion professionnelle et enfin un suivi post-formation », explique Madame Jansmine Laba, créatrice de la Fondation AFM censée encadrer les jeunes filles en rupture avec le milieu familial pour des raisons de conception.

« Notre conviction est simple : aucune fille-mère ne doit être condamnée pour avoir donné la vie. Elle mérite un nouveau départ. Dans ce cadre, le projet AFM est une réponse concrète, structurée et durable aux défis que rencontrent les filles-mères en RDC. Il offre non seulement une formation, mais une véritable renaissance sociale, économique et personnelle », précise Mme Jansmine Laba.
Aussi, investir dans le Projet AFM, c’est investir dans l’avenir de femmes fortes, capables, déterminées et prêtes à répondre à l’offre de la main d’œuvre. C’est aussi un moyen efficace d’annihiler les conséquences qui affecteraient la destinée des filles-mères elles-mêmes, les enfants issus de ce phénomène ainsi que la famille.


Qui est Madame Jansmine Laba Malambu ?

L’initiative de Madame Jansmine Laba de mettre en place la Fondation AFM est intimement liée à son histoire personnelle. « Si j’ai choisi cette mission, ce n’est pas par hasard. Je parle à partir de mon propre vécu. J’ai été mère très jeune. J’ai connu l’abandon scolaire à un âge où l’on devrait encore rêver, apprendre et être protégée », commente la fondatrice du Projet AFM.
Elle a en effet appris très tôt ce que signifie « se battre seule, grandir trop vite, porter des responsabilités sans soutien, sans repères, sans choix ». De même, elle assure qu’elle sait « ce que ça fait de devoir survivre quand on n’a presque rien. Je sais ce que ça fait d’être une jeune fille, une mère, et de devoir tout reconstruire par soi-même ».
À en croire Madame Jansmine Laba, c’est de cette douleur, mais aussi de cette force, qu’est née l’idée mais surtout la concrétisation de la Fondation AFM.
« J’ai voulu créer un espace d’espoir, de soutien et de reconstruction pour les jeunes filles et les mères qui, comme moi autrefois, se retrouvent face à des choix imposés par la pauvreté, la pression sociale ou le manque d’opportunités », indique-t-elle.
AFM existe pour aider les femmes à reprendre le contrôle de leur vie, à se relever, à apprendre, à devenir autonomes financièrement et émotionnellement. Plus encore, la fondation leur offre une alternative à un mariage forcé, à une dépendance subie, ou à une vie qu’elles n’ont pas choisie.
« À travers l’AFM, je veux dire à chaque fille et à chaque mère : tu as de la valeur, tu as le droit de rêver et tu peux commencer un nouveau chapitre par toi-même », rassure Mme Jansmine Laba qui ajoute : « Mon combat est personnel, mais ma vision est collective. Ensemble, nous pouvons transformer la douleur en force, et l’exclusion en avenir ». Une belle profession de foi pour une mission si noble qu’elle finit par être communicative.

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