« Un peuple qui a la mémoire courte est un peuple qui n’a pas d’avenir »
(Citation de Maréchal Ferdinand Foch)
Par David Gakunzi (Extrait du livre : Mémoire du Monde noir)
Kilwa : Monnaie et vers rimés

Située sur la côte est de l’Afrique, Kilwa, comptoir commercial florissant, a joué, au XVIIIème siècle, un rôle important dans les échanges commerciaux entre l’Afrique, l’Arabie et l’Asie.
Dans les ports de Kilwa, les bateaux vont et viennent. Ceux-ci embarquent des écailles de tortues, des cornes de rhinocéros, des peaux de léopard, des épices, l’or du Zimbabwe, l’ivoire et le cuivre du Katanga.
Ceux-là débarquent des tissus de laine, des perles et la porcelaine de Chine. Bâtie en pierre, Kilwa est faite de maisons à étages et à portes sculptées, dans lesquelles on monte dans des lits d’ivoire avec des échelles d’argent. Les princes de Kilwa sont des hommes de culture, ils battent une monnaie qui porte en légende deux vers rimés.
Count Basie : Il aimait jouer

Count Basie est sans doute l’un des plus grands du jazz. Pianiste et chef d’orchestre né en 1904 à Red Bank dans le New Jersey, il constitue en 1935 un orchestre qui s’impose rapidement. Renouvelé en 1941 puis en 1954, cet orchestre est renommé pour son style direct et efficace, appuyé sur une section rythmique inégalée. Count Basie est mort en novembre 1984.
Count Basie aimait jouer. Même malade il jouait. On le poussait sur un fauteuil roulant jusqu’à son piano et il jouait toute la nuit. Comme un marathonien qui ne s’arrêtera qu’écroulé , à bout de souffle. Appuyé par des cuivres éclatants, des saxophones pulpeux, une section rythmique régulière et souple, au son reconnaissable entre mille autres, il jouait des notes aussi petites que ses yeux. Et la pure énergie se métamorphosait et se civilisait en swing pour délivrer l’allégresse. Brouillon mais subtile, sophistiquée mais sans fard, sa musique «était un hymne à l’élégance de la nature et à l’existence de la vie.
Count Basie était un génie du tempo. Trop rapide ou lent, il jouait avec la sensibilité d’un danseur.
Count Basie aimait jouer.
Soundiata Keita : Fondateur du Mali

Soundiata Keita est le fondateur du Mali au XIIème. Son nom est encore aujourd’hui célébré par les griots d’Afrique de l’Ouest.
En ce temps-là, qui voulait du sel allait au Mali car c’est là que se trouvait le campement des caravanes du Sahel. Qui voulait de l’or allait au Mali car Bouré, Bambougou et Wagadou travaillaient pour le Mali.
Qui voulait de beaux tissus allait au Mali car la route de la Mecque passait par le Mali. Qui voulait de la viande allait au Mali car c’était le pays des grands chasseurs et du bœuf et du mouton. Qui voulait voir une armée allait au Mali car c’était là que se trouvaient réunies les forces du Manding.
Qui voulait voir un grand roi allait au Mali car c’est là que se trouvait le sils de Sogolon, l’homme aux deux noms : Soundiata Keita. Les roches et les falaises. Les dunes et les sables se rappellent encore de lui. Ils l’ont vu de la vie à la mort, de la mort à la renaissance. Les Koras et les griots, les balafons et les tam-tams colportent encore sa légende. Il a fait marcher le Mali contre vents de sable et vents de conquérants, à travers des chemins arides jusqu’à ce que son peuple reconquière la noblesse d’antan.
Moumier : Empoisonné

Né en 1925, Félix Moumier fut l’un des leaders historiques de l’UPC (Union des Populations du Cameroun) dont il fut le président de 1952 à son assassinat le 3 novembre 1960 en Suisse.
Docta Moumier était de ceux qui dans leur vie se sont assignés de ne jamais s’écarter du droit chemin. Juste et fraternel, il disait toujours la vérité sans haine à ceux qui mentent.
Docta Moumier n’est pas mort terrassé par un dragon à mille têtes, ni par un génie hantant les montagnes. Il est mort empoisonné.
Couronnement de Haïlé Sélassié : Rois des rois

Le 2 novembre 1930, Haïlé Sélassié est couronné roi d’Éthiopie. Né le 23 juillet 1892 et mort le 27 août 1975, Haïlé Sélassié a été le dernier Négus d’Éthiopie. S’il a été l’artisan de la résistance de l’Éthiopie contre la pénétration coloniale, l’Empereur aura laissé son peuple croupir dans un semi-esclavage ; le pays appartenant à de grands propriétaires fonciers.
Yeux pétillants et malicieux, collier de barbe brune, cheveux crépus. Par la taille il est le plus petit : 1,58 mètre. Par ses titres il est le plus grand : Roi des Rois, Lion Conquérant de la tribu de Juda, Défenseur de la foi chrétienne, Élu de Dieu et Empereur d’Éthiopie.
Il descend, dit-on, en droite ligne de la reine de Saba et du roi Salomon.
Jimmy Hendrix : Vodoo Child

Né à Seattle le 27 novembre 1942, James Marshall Hendrix était un extraordinaire showman, un guitariste génial et un compositeur visionnaire qui, en 3 ans, a innové et popularisé les techniques les plus avancées de la guitare électrique. Mythe de la musique rock des années 60, il est mort le 18 septembre 1970 à Noting.
Quand il jouait de sa guitare Jimmy faisait l’amour aux étoiles et à la lune. De la guitare de Jimmy il sortait tant des choses. Du blues et du rêve, de la révolte et du punch. Des cordes, des cordes de la guitare de Jimmy il sortait mille sons divers, mille pierreries sonores à faire swinguer les cimetières. De la guitare de Jimmy il sortait tant des choses. Des gémissements de douleur et de plaisir, des dialogues passionnés des civilisations. Quand il jouait de sa guitare, Jimmy faisait l’amour aux étoiles et à la lune. Gaucher, l’enfant vaudou jouait de la guitare de droitier. Il fut le premier à faire pleurer sa guitare.
Abolition : AXÉ

Le 21 novembre 1888, l’esclavage est officiellement aboli au Brésil.
Berimbau-Congo-Bahia-Capoera
Rythmes de sang, rythmes de la terre, rythmes de la vie. Berimbau-Congo-Bahia-Capoera, hoquets de forçats, râles de carcans, mouvements de fauves.
Mocambo Quilombo, Berimbau-Congo-Bahia-Capoera. Lumière de cœurs battants de corps haletants, de vents libres.
Fini l’esclavage : Berimbau-Congo-Bahia-Capoera.







































