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Sommet de la SADC à Madagascar : priorité au conflit en RDC et à l’intégration économique régionale

Lors du 44ème Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), tenu le 17 août 2024 à Harare, au Zimbabwe. (Image d’archive)

Le 45ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la SADC, la Communauté de développement de l’Afrique australe, s’est conclu le 17 août à Antananarivo, à Madagascar. Dans son communiqué final, l’organisation s’est positionnée en faveur de la complémentarité des processus de médiation sur le conflit dans l’est de la RDC. Sur le renforcement de l’intégration économique, le communiqué s’en tient à des déclarations générales.

Cette présidence était une première pour Madagascar, vingt ans après son entrée dans la SADC. Face au président malgache, Andry Rajoelina, seule la moitié des seize États de la Communauté étaient représentés au plus haut niveau.
Le communiqué final du sommet salue les efforts conjoints de médiation de l’Union africaine, de la SADC et de l’EAC sur le conflit dans l’est de la RDC. Ces deux dernières organisations ont désormais un groupe de facilitateurs commun. Il insiste aussi sur le besoin urgent de complémentarité de la médiation africaine avec l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali, et la déclaration de principes de Doha, signée par la RDC et le M23.
L’entourage du Président Tshisekedi, grand absent du sommet, estime que la SADC a encore un rôle diplomatique à jouer en appuyant ces deux processus. À noter que le Rwanda, soutien de l’AFC/M23, n’est pas mentionné dans le communiqué final.
En matière d’intégration économique, l’un des mots d’ordre du sommet, les chefs d’État se sont prononcés pour une accélération du projet de corridor économique Nord-Sud, un vaste plan d’aménagement de la route commerciale reliant Durban en Afrique du Sud à Kolwezi en RDC, qui pourrait créer jusqu’à 1 600 000 emplois. Mais aucun calendrier ni montant d’investissements n’ont encore été annoncés. Aucun objectif chiffré n’a par ailleurs été avancé sur l’augmentation des échanges commerciaux à l’intérieur de la SADC ou sur l’harmonisation des tarifs douaniers entre pays membres.


La Belgique veut remettre le conflit militaire de la RDC dans l’agenda de l’Union Européenne

Le président F. Tshisekedi recevant en audience Maxime Prévot, vice-premier ministre et ministre des Affaires Étrangères du royaume de Belgique à Kinshasa (Image d’archive/avril 2024)

En tournée politique et humanitaire dans quatre pays de l’Afrique centrale et orientale, le vice-Premier ministre, ministre belge des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévot, a été reçu le mardi 19 août à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa par le Président congolais Félix Antoine Tshisekedi.
À l’issue de leur entretien de près de deux heures, M. Prévot, qui était accompagné de l’ambassadrice de Belgique en RDC, de l’envoyé spécial belge pour les Grands Lacs, Marc Pecsteen, et de son conseiller pour l’Afrique, Thomas Stevens. a réaffirmé l’engagement ferme de la Belgique, et plus largement de l’Union européenne (UE), dans les efforts de paix menés par la RDC. Il a par ailleurs déclaré que la Belgique veut remettre le conflit militaire de la RDC dans l’agenda européen. « La Belgique reste extrêmement préoccupée par les atrocités qui se déroulent dans l’Est du Congo. Nous avons salué, comme il se doit, les efforts réalisés par Washington et Doha pour pouvoir esquisser les pourtours d’une paix potentielle dont la population a urgemment besoin », a-t-il assuré.
Selon lui, malgré les efforts diplomatiques en cours, il subsiste encore un grand décalage entre les intentions couchées sur papier et la réalité du terrain. « Le mois qui s’est écoulé depuis la signature est probablement l’un des mois le plus meurtrier », a regretté M. Prévot.
« Il y a toujours trop de violences, trop de viols, trop de tueries. Il y a des problèmes humanitaires qui restent criants. Il y a motif à avoir toujours d’énormes préoccupations par rapport à la situation dans l’Est du Congo où on voit du reste le M23 s’installer, organiser sa propre administration, son propre appareil de justice, remplacer les chefs coutumiers, se comporter finalement comme si le territoire était devenu leur État. Ce n’est pas acceptable ! », a-t-il souligné.

Nécessité pour la communauté internationale de rester mobilisée

Après son échange avec Le Président de la République, Maxime Prévot témoigne du soutien de la Belgique et des états européens à la Rdc (Image d’illustration/avril 2024/Source : presidence.cd)

Le chef de la diplomatie belge a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de rester mobilisée sur la situation dans l’Est de la RDC, faisant savoir que « la Belgique a toujours été une grande défenderesse des principes du droit international, en ce y compris, évidemment, de l’intégrité des territoires et de la souveraineté des États, ce qui n’est actuellement pas du tout garanti ni respecté dans la partie orientale de la RDC ».
Au-delà du rôle des acteurs régionaux et internationaux, Maxime Prévot a encouragé l’impulsion d’un dialogue national à l’intérieur de la RDC et a estimé qu’en complément des démarches externes, il est essentiel d’envoyer des signaux internes forts en faveur de la paix et de la stabilité.
Il a souhaité pouvoir remettre la question de la situation humanitaire dramatique dans l’Est du Congo dans l’agenda des futurs conseils européens des Affaires étrangères pour que ce ne soit pas finalement une situation passée sous silence, au motif que l’initiative a été prise par les États-Unis et le Qatar.Au sujet justement des processus de Washington et de Doha, M. Prévot a assuré qu’il s’agit « des initiatives louables, des initiatives que nous soutenons parce que nous voulons croire à la bonne foi de l’ensemble des partis, qu’il s’agisse de la RDC et du Rwanda, pour œuvrer à une paix qui est indispensable à obtenir de manière rapide et durable dans l’Est du Congo. Et les Européens doivent rester vigilants sur cette situation ».
Cette deuxième visite du ministre belge des Affaires étrangères en RDC en l’espace de quatre mois s’inscrit dans un double volet politique et humanitaire en Afrique centrale. Après Brazzaville, Kinshasa et Lubumbashi, M. Prévot a poursuivi sa tournée au Kenya pour y évoquer la crise humanitaire en Éthiopie.

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