Toutes les sociétés du monde se sont construites autour des valeurs morales et sur les traces de repères personnalisés par des grands hommes qui ont marqué l’Histoire. Aussi, face à la déliquescence des valeurs morales dans la société, l’ONG Jeunesse engagée pour la promotion de l’Éthique (JEPE), qui se voue à promouvoir l’éthique parmi les jeunes, a organisé un forum le 26 juillet à Kinshasa autour de la moralisation dans les sphères familiale, éducative, médiatique et religieuse en République démocratique du Congo.
La réflexion, tenue sous le thème de « Parlons Éthique », a connu la participation de personnalités venues de différentes sphères d’activités. Dans son mot d’introduction, Mme Dorcas Bosamba, présidente de JEPE a circonscrit l’événement, précisant que les travaux ont pour objectif de susciter une réflexion critique sur la place de l’éthique au sein de la société congolaise.
Quatre intervenants se sont succédé à la tribune, sous l’habile modération de Mme Divine Totolo. Le premier, le RP Prospère Mbuma, s’est appesanti sur « L’éthique familiale face à la crise des valeurs parentales et éducatives », mettant l’accent sur la déliquescence des valeurs éducatives dans la cellule familiale. Il s’est inspiré de l’exemple du peuple juif présenté dans l’ouvrage « The Success of the Jewish People » de Douglas Kruger pour rappeler que l’éducation morale débute au sein de la famille, bien avant l’école. Aussi a-t-il exhorté les jeunes à reconstruire des bases éthiques solides, en s’appuyant sur des piliers sociaux, moraux et spirituels.
Quant au journaliste Richard Shako de la télé RTGA, qui a abordé le volet des « Médias, réseaux sociaux et moralité publique : entre vulgarité, manipulation et perte de repères », il a rappelé les fondamentaux de l’éthique médiatique, notamment la recherche de la vérité et l’exactitude des sources. À cet effet, il a fait savoir que les médias jouent un rôle ambivalent : ils peuvent élever le niveau de conscience citoyenne comme propager la vulgarité et la désinformation.
« La dynamique des réseaux sociaux a ébranlé les repères éthiques »

« Les réseaux sociaux, bien qu’ouvrant l’espace public à une pluralité de voix, ont facilité la prolifération des contenus non filtrés, biaisés ou toxiques », s’est-il indigné avant de faire remarquer que cette dynamique a profondément ébranlé les repères éthiques et privilégié le sensationnel, au détriment des figures traditionnelles de référence, à savoir les parents, les enseignants, les médecins, etc.
M. Heudes Manzambi a de son côté abordé le thème « Le système éducatif et promotion de l’éthique en RD Congo : école de citoyenneté ou fabrique du désespoir ? ». À ce sujet, il a dénoncé l’inefficacité du modèle actuel à inculquer des valeurs éthiques et à encourager l’autonomie. Il a présenté le modèle nigérian « One foot in school, one foot in business » comme une piste à explorer pour arrimer l’éducation à la réalité socio-économique congolaise.
Enfin, M. Victor Olembo, éditeur d’Onésha Afrika, dans sa réflexion sur « Le rôle des Églises dans la régulation morale en RDC : moteur d’éveil ou complicité silencieuse ? », a interpellé les églises sur la responsabilité morale qui leur incombe dans un contexte de crise éthique. S’appuyant sur le verset « la justice élève une nation » (Proverbes 14 verset 34), il a mis en cause le silence complice de certaines confessions religieuses face à la corruption, aux injustices et au délitement moral généralisé de la société congolaise, appelant à un rôle plus actif des leaders religieux dans l’éveil des consciences.
À l’issue des échanges, la présidente de la JEPE, une organisation qui sensibilise la jeunesse afin qu’elle serve de moteur du changement social, a appelé les participants à devenir des ambassadeurs de l’éthique dans leurs sphères respectives.







































