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Angola-RDC : Une ligne électrique à 1,5 milliard de dollars

Le président Félix Tshisekedi et son homologue angolais Joâo Lourenço
© Photo Présidence de la République d'Angola

Le gouvernement angolais a fait appel à Hydro-Link, une entreprise détenue par la société américaine Symbion Power, pour diriger la construction d’une nouvelle ligne de transport d’électricité de 1,5 milliard de dollars qui alimentera la RD Congo voisine. Cette ligne privée de 1 150 km reliera les sites hydroélectriques angolais aux exploitations minières de la ceinture cuprifère du Grand Katanga, en République démocratique du Congo.

La ligne, dont les travaux devront être achevés d’ici à 2029, aura le potentiel de 1,2 gigawatt d’électricité et partira de la centrale de Lauca et d’autres installations hydroélectriques en Angola vers la zone minière de Kolwezi, dans le sud de la RDC. Selon les planificateurs, le projet pourrait renforcer l’intégration énergétique régionale, créer des milliers d’emplois locaux et élargir l’accès à l’électricité pour les communautés situées le long du tracé.
Pour financer environ 70% du projet, Hydro-Link sollicite activement un financement auprès de la Société financière internationale pour le développement (DFC), détenue par le gouvernement américain. L’entreprise cherche également à obtenir le soutien de l’Agence américaine pour le Commerce et le Développement en vue des études de faisabilité, ainsi qu’un soutien supplémentaire de la Banque d’import-export des États-Unis. Le soutien du gouvernement américain n’a pas encore été confirmé.
Selon Paul Hinks, PDG d’Hydro-Link et fondateur de Symbion Power, l’idée de développer cette ligne est née en soutien des demandes des sociétés minières congolaises, notamment Glencore et Ivanhoe Mines, qui peinent à s’approvisionner en électricité sur place. Les activités d’extraction et de transformation dans la RDC sont souvent entravées par un approvisionnement électrique insuffisant et irrégulier. L’Angola, quant à lui, bénéficie d’un excédent d’énergie hydroélectrique. La Banque africaine de développement estime que le pays dispose d’environ 1,5 gigawatt de capacité hydroélectrique propre inutilisée.

Un projet en marge de l’accord d’accès des États-Unis aux minerais congolais

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Rishon Chimboza, conseiller spécial pour l’investissement en Afrique et l’engagement mondial au Tony Blair Institute for Global Change, affirme que la nouvelle ligne électrique améliorera l’efficacité et la compétitivité des activités minières en RDC. « La RD Congo est confrontée à un déficit de 700 mégawatts dans la seule région de la Ceinture de cuivre. Et ce, malgré la présence de grands producteurs de cuivre dans cette région », explique-t-il.
« Ces activités dépendent fortement des générateurs diesel ou des importations d’électricité en provenance de Zambie, ce qui pèse sur les marges et limite également l’expansion. La connexion avec l’Angola pourrait fournir une source d’énergie plus fiable et potentiellement moins coûteuse », précise le conseiller de Tony Blair Institute.
Malgré tous les avantages escomptés, le principal défi auquel le projet sera probablement confronté est le retard pris dans le calendrier initial. L’obtention des permis, l’acquisition des terrains et la coordination entre les différentes agences peuvent ralentir les projets et compromettre le calendrier.
Rishon Chimboza considère que la ligne de transport d’électricité soutenue par les États-Unis s’inscrit dans une stratégie plus large de Washington visant à garantir l’accès aux minéraux critiques de la RDC, premier producteur mondial de cobalt et premier producteur africain de cuivre. « Ce projet spécifique jette les bases d’investissements américains beaucoup plus importants dans le secteur minier de la région. L’accès à l’électricité est souvent cité comme l’un des principaux freins aux grands projets d’investissement. Cela permet donc de réduire les risques liés à certains des investissements miniers à grande échelle qui vont voir le jour. » Et le spécialiste d’ajouter : « Nous constatons une forte impulsion grâce à l’accord conclu le 27 juin à Washington entre les États-Unis et la RDC sur l’échange des droits miniers ».

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