Le lundi 12 juillet, le président américain Donald Trump a menacé la Russie d’imposer des droits de douane de 100 % sur ses importations et s’est déclaré « déçu » par le maître du Kremlin. L’administration américaine a fixé un délai strict au Kremlin pour mettre un terme aux hostilités en Ukraine, le locataire de la Maison Blanche ayant précisé que des mesures commerciales drastiques seraient appliquées contre les partenaires économiques de la Russie si aucun accord n’était trouvé dans les sept semaines à dater du jour de la décision.
Les recettes issues de la vente du pétrole constituent la principale source de permettant à Moscou de financer sa guerre en Ukraine, que Poutine a déclenchée le 24 février 2022 convaincu qu’elle serait « une opération éclair, juste pour quelques semaines », mais qui s’est enlisée grâce à la bravoure du peuple ukrainien et qui entre dans sa quatrième année. Ainsi, Trump vient de décider de sanctionner les pays qui achèteraient l’or noir auprès de l’envahisseur russe, menaçant de leur infliger des droits de douanes relevés à 100%.
Cette annonce qui marque un tournant dans la stratégie occidentale a été faite dans une déclaration solennelle depuis la Maison Blanche lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’Alliance atlantique, M. Mark Rutte. Le président américain a conditionné la levée de sanctions économiques à l’endroit de la Russie à un cessez-le-feu immédiat. Mais il ne s’est pas empêché d’annoncer dans l’entre-temps un renforcement militaire massif de Kiev via l’Otan.
La relation entre Donald Trump et Vladimir Poutine s’est considérablement refroidie ces derniers jours, Donald Trump opérant un virage à 180 degrés sur la Russie depuis le début du mois de juillet. « Je l’appelle très souvent et nous avons toujours des conversations agréables. Mais dès que je raccroche, il recommence à bombarder des villes », a regretté le même jour le président américain lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l’OTAN, dans le Bureau ovale.
Rutte et Trump ont ensuite annoncé un nouvel accord : plusieurs pays européens achèteront des armes américaines pour l’Ukraine. Parmi celles-ci figurent des systèmes de défense antiaériens Patriot, réclamés depuis longtemps par Zelensky. Trump va même plus loin, selon le Washington Post. En effet, le président américain envisage également d’envoyer des missiles de croisière Tomahawk à Kiev, bien qu’ils ne figurent pas encore sur la liste officielle des armes incluses dans l’accord. « Trump pourrait les déployer ultérieurement s’il souhaite exercer une pression encore plus forte sur la Russie », précise le journal.
Zelensky : « Nous pouvons frapper Moscou et Saint-Pétersbourg si vous nous fournissez les armes nécessaires »

Pour rappel, les États-Unis ont utilisé des Tomahawk le mois dernier, ainsi que les fameux missiles anti-bunker, pour attaquer des sites nucléaires iraniens. Trump a évoqué la question lors d’un entretien téléphonique avec Zelensky le 4 juillet, selon le journaliste du Washington Post David Ignatius, citant des sources anonymes.
Lors d’un récent entretien téléphonique avec le président ukrainien, Trump aurait demandé si les frappes ukrainiennes étaient capables d’atteindre Moscou et Saint-Pétersbourg, afin de contraindre les Russes à s’asseoir à la table des négociations. « Il a demandé à Zelensky pourquoi il n’avait pas encore attaqué Moscou. ‘‘Nous pouvons le faire, mais seulement si vous nous fournissez les armes nécessaires’’, a répondu le président ukrainien », à en croire le journaliste de Washington Post.
Tel qu’on le remarque, Trump adopte soudainement une ligne dure envers Poutine depuis qu’il est convaincu que « le président russe ne le respecte pas » et pense que « Poutine n’acceptera des négociations de cessez-le-feu que si la menace de violences se fait sentir », affirme-t-on à la Maison Blanche.
Mais alors que les États-Unis et l’Union européenne ont conclu un accord pour fournir à l’Ukraine des systèmes d’armement américains financés par l’Europe, quatre États membres – la France, l’Italie, la République tchèque et la Hongrie – ont choisi de ne pas participer à cette initiative. Paris affirme sa volonté de renforcer l’autonomie stratégique européenne en matière de défense plutôt que de dépendre des livraisons américaines. Rome de son côté invoque une contrainte budgétaire, alors qu’à Prague le gouvernement préfère concentrer ses efforts sur d’autres canaux de soutien militaire à Kiev, notamment une initiative européenne sur les munitions. Quant à Budapest, le rejet est frontal. Le chef de la diplomatie hongroise, Peter Szijjarto, a clairement annoncé que son pays ne financerait pas de telles livraisons.
Le 14 juillet, Donald Trump a annoncé que les États-Unis continueraient à armer l’Ukraine, mais à condition que l’Europe en assume désormais les coûts. Si certains États membres – notamment en Europe de l’Est – continuent de plaider pour un soutien sans condition à Kiev, d’autres appellent à redéfinir les modalités d’un tel soutien. Bien qu’unie sur le principe, l’Union reste divisée sur les moyens, entre ceux qui plaident pour une industrialisation militaire européenne, ceux qui suivent la ligne atlantiste et ceux qui avancent des raisons économiques ou idéologiques.
« Ultimatum théâtral et sans effet », selon Medvedev

La première réaction officielle de Moscou aux menaces du président Donald Trump provient du vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev. « La Russie ne se soucie pas de l’ultimatum théâtral » de Trump adressé à Moscou, déclare-t-il. « Trump a lancé un ultimatum théâtral au Kremlin. Le monde a tremblé, s’attendant aux conséquences. L’Europe belliqueuse a été déçue. La Russie s’en fichait », a écrit Medvedev en anglais sur la plateforme sociale X.
Pour sa part, le chef de l’État ukrainien s’est immédiatement félicité de cette nouvelle position, soulignant l’importance du soutien américain pour la sécurité de son pays. Les discussions entre Washington et Moscou, qui semblaient prometteuses il y a quelques mois, n’ont pourtant pas abouti, selon les termes utilisés par l’Exécutif américain.
Parallèlement, un vaste plan d’armement a été dévoilé, dans lequel les Américains associent plusieurs nations membres de l’Otan. Des systèmes de défense antiaérienne de pointe seront prochainement acheminés vers le front, selon des précisions fournies, alors que les livraisons devront être financées par les alliés européens et nord-américains dans des délais raccourcis pour peser sur les négociations.
Les réactions internationales témoignent de divergences d’appréciation. Certains partenaires européens estiment que le calendrier proposé reste trop lâche au regard de l’urgence humanitaire sur le terrain. D’autres, en revanche, saluent une initiative susceptible de relancer les pourparlers de paix, au point mort depuis des mois.
Sur le terrain, les combats continuent de faire des victimes civiles, notamment dans les zones frontalières du nord-est. Les forces russes ont par ailleurs annoncé la prise de nouvelles positions, confirmant l’enlisement du conflit. Dans ce contexte, les déclarations américaines sont accueillies avec un mélange d’espoir et de scepticisme par les soldats ukrainiens, conscients que l’aide promise pourrait changer la donne, mais impatients de la voir se concrétiser.
Cette nouvelle approche, combinant pression économique et renforcement militaire, dessine une phase critique dans ce conflit qui s’est enlisé. Reste à savoir si le Kremlin choisira la voie de la diplomatie ou celle de l’escalade.







































