
Le président gabonais de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, ancien commandant de la Garde républicaine, a remporté l’élection présidentielle le samedi 12 avril, avec un score impressionnant de 90,35%, consolidant son emprise sur le pouvoir, après son coup d’État militaire d’aout 2023.
Le chef de la transition gabonaise, Brice Oligui Nguema est élu avec 90,35% des suffrages exprimés à l’élection présidentielle dès le premier tour, face à Alain Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre sous Ali Bongo et leader de la plateforme « Ensemble pour le Gabon », qui obtient 3,02% des voix, tandis que les six autres candidats n’ont pas dépassé la barre de 1% chacun.
Ce nouveau scrutin marque la fin de près de six décennies de règne de la famille Bongo. Les résultats provisoires, annoncés le 13 avril par le ministre de l’Intérieur Hermann Immongault, résultent du dépouillement en direct des bulletins de vote sous les projecteurs de la presse nationale et internationale. Une première en matière électorale au Gabon.
Sur 636 606 suffrages exprimés, 25 859 étaient blancs ou nuls, et 610 747 valablement exprimés. Le taux de participation s’est élevé à 70,4 %, un chiffre significatif bien que légèrement inférieur aux prévisions initiales.
Peu après l’annonce des résultats, de longues files de manifestants se sont formées dans les rues de Libreville, la capitale. Dans une ambiance festive, les Gabonais ont exprimé leur joie en klaxonnant et en sifflant avec enthousiasme pour célébrer cette victoire. On pouvait entendre scander : « C’bon, C’bon », un slogan de campagne reprenant les initiales du nouveau président.
Une transparence qui n’a pas empêché des critiques
Bilie-By-Nze, arrivé second, a dénoncé ce qu’il appelle un « coup d’État permanent », accusant le gouvernement de manipulation des ressources publiques en faveur d’Oligui Nguema. Il a également souligné l’absence de réformes profondes du système électoral, mettant en doute la volonté réelle de transition vers un régime démocratique.
Les observateurs, quant à eux, saluent le déroulement pacifique du scrutin et estiment que la victoire d’Oligui Nguema pourrait contribuer à stabiliser le pays. Oligui Nguema entamera un mandat de sept ans, conformément à la nouvelle Constitution adoptée en novembre 2024.
Le président français Emmanuel Macron a félicité par téléphone M. Oligui Nguema pour sa victoire, saluant « la tenue de cette élection qui est une étape essentielle vers la fin de la transition politique au Gabon », selon la présidence française.
Au cours d’une conférence de presse commune, les missions de l’Union africaine, de la CEEAC, de la Francophonie et du Commenwealth ont félicité les Gabonais pour leur « maturité ». Le Commonwealth a toutefois relevé l’inégalité d’accès à l’espace médiatique entre les candidats, rapporte Rfi.
Cette élection marque le retour à l’ordre constitutionnel après une transition militaire de près de deux ans. Oligui Nguema, qui a pris le pouvoir en 2023, a promis de restaurer la démocratie et de diversifier l’économie du pays, riche en pétrole et en bois mais économiquement exsangue, avec un taux de chômage des jeunes qui tourne autour de 40% et dépasse 60% en milieu rural, selon les données officielles.
Alors que le Gabon entre dans une nouvelle phase politique, les défis restent nombreux. La population espère que le président élu saura répondre aux attentes en matière de développement économique, de gouvernance et de réconciliation nationale.






































