Henri Millon de Montherlant, immense écrivain et dramaturge français, écrivait : « Le football c’est l’intelligence en mouvement, mais la boxe laisse une place au génie ». C’est dans cet espace que se sont engouffrés les grands du noble art.
Depuis l’irruption de l’Arabie saoudite sur la scène mondiale du Noble Art via la « General Entertainment Authority » dirigée par Turki al Alshiki et les fonds saoudiens pratiquement illimités, la planète boxe semble évoluer pour le mieux. Sans doute vers une harmonisation intelligente des fédérations et de catégories de poids.
Si la boxe anglaise, depuis sa naissance officielle selon les règles du Marquis de Queensberry en 1867, a connu des développements rapides, que ce soient de styles et de règles, selon les périodes, l’apparition à la fin du XXème siècle de nombres d’organes décideurs et régulateurs a figé tous progrès.
Pendant une longue période, de la fin des années 1980 a mi-2000, les instances des Fédérations de boxe contrôlaient tout avec la complicité de promoteurs corrompus comme Don King. Ce temps-là est passé, où seules les quatre fédérations reconnues comme compétentes, la WBA (World Boxing Association), la plus ancienne, la WBC (World Boxing Council), la plus professionnelle, l’IBF (International Boxing Federation), héritière de la USBA (United States Boxing Association), et la plus récente la WBO (World Boxing Organisation), la moins sérieuse, faisaient la loi sur les rings et en dehors de ceux-ci.
Ces années-là ont vu surgir pléthore de catégories et des titres sans réelle valeur. Ceux-ci désignant souvent des champions juniors obtenant des ceintures sans légitimité, tout simplement pour récompenser le fait que ces boxeurs vont combattre pour un titre mondial. Même encore récemment, la WBC et la WBA ont créé une nouvelle catégorie les bridgerweight, catégorie intermédiaire entre les lourds-légers (cruiserweight) et les poids lourds. Dont l’utilité reste encore à démontrer.
Pléthore de champions qui a écorné l’image du Noble art

Aujourd’hui, en raison de ces années controversées, dans l’univers de la boxe professionnelle on recense 19 catégories, 4 fédérations et donc entre 74 et 76 champions du monde. Cette situation a un impact sur l’image de la boxe et bien entendu sur la qualité de certains combats. Les rumeurs selon lesquelles la corruption y est endémique viennent aussi de cette surabondance de titres.
Certains boxeurs n’ont pas leur place dans un combat pour un championnat du monde. Non pas en raison de leur manque de vaillance, car pour monter sur un ring il en faut du courage, mais tout simplement parce que souvent, malgré leur détermination et leurs qualités techniques, ils n’ont pas assez d’expérience, nombre d’entre eux n’ayant qu’une quinzaine de combats à leur actif et sont jetés face à des champions aguerris ou des talents rares qui sont tout simplement intouchables.
Tous les spécialistes de boxe se rappellent de la correction infligée par le légendaire Roberto Duran, surnommée « Manos de piedras » littéralement « mains de pierre » à l’âge de 32 ans avec un palmarès de 76 combats, 72 victoires dont 57 par KO, face au champion du monde des Super-welters Davey Moore. Ce dernier, champion amateur de haut niveau était de 8 ans son cadet et n’ayant que 12 combats professionnels, tous victorieux, à son actif. En 8 rounds d’une terrible brutalité, Duran détruisit Moore, qui raccrocha après seulement 23 combats dont 5 défaites.
Cependant, il serait erroné de dire que le Noble art est en perte de vitesse. Les actuels promoteurs, que ce soient Bob Arum de Top Rank, Frank Warren de Queensberry Promotion, Eddy Hearn de Matchroom Boxing ou Oscar de la Hoya de Golden Boy Promotions, ont permis l’éclosion de grands boxeurs et champions comme Saul Canelo pour les Super moyens, Terence Crawford pour les Super welters, Artur Beterbiev pour les Mi-lourds, Tyson Fury, Anthony Joshua pour les poids lourds et tant d’autres. Qui nous ont éblouis dans des combats dantesques et passionnants.
Le promoteur saoudien qui révolutionne la boxe

(Image source : sportskeeda.com)
L’arrivée de Turki al Alshiki sur la planète boxe a changé la donne dans le jeu des promoteurs et des boxeurs. Avec des moyens faramineux, il a décidé de mettre en place les plus grands combats dans toutes les catégories, des welters en passant par les moyens, les super-moyens, les mi-lourds et catégorie reine des lourds, et ce afin de réunifier les titres.
Depuis que la General Entertainment Authority s’est emparé de la promotion de boxe, Riyad est en passe de devenir le nouveau Las Vegas. Toutes les stars du Show-Biz, du sport, du cinéma se pressent dans la Freedom Arena pour assister aux événements pugilistiques. Il faut dire que Turki al Alshiki met les petits plats dans les grands. Non seulement il redore la réputation du sport en organisant des matchs de rêve entre les meilleurs du moment, mais il s’offre une légitimité sans égale aux États-Unis en rachetant au promoteur Oscar De La Hoya le magazine « The Ring » fondé en 1922 et reconnu comme la bible de la boxe et la référence d’expertise du Noble art qui décerne ses propres ceintures aux boxeurs qu’il considère comme les vrais champions. Une marque de reconnaissance et de légitimité jamais contestée.
Turki al Alshiki a redynamisé la catégorie reine des Poids lourds en organisant des matchs entre l’ensemble des tops challengers aux titres, que ce soient entre Deontay Wilder et Zhilei Zang, et ce dernier contre Joseph Parker. Et, surtout il a permis l’unification du titre des lourds en organisant le premier combat entre Tyson Fury et Oleksandr Usyk, puis la revanche qui a vu Usyk confirmer sa première victoire.
Entretemps, l’IBF a récupéré sa ceinture et a déclaré Daniel Dubois champion intérimaire avant que ce dernier ne concrétise son titre en atomisant au 5ème round, le 21 septembre 2024, Anthony Joshua, ancien détenteur du titre à Wembley.
La légitimité passe par Martin Bakole, d’après les spécialistes

Cependant, l’ensemble des experts, certains boxeurs et promoteurs pensent que ni Usyk ni Dubois ne sont légitimes tant qu’ils n’affronteront pas l’enfant terrible de la boxe, le Congolais Martin Bakole.
Depuis sa fabuleuse victoire, le 3 août dernier à Los Angeles, en explosant en 5 rounds le grand espoir poids lourd américain Jared Anderson, invaincu en 17 combats dont 16 par KO, il est définitivement devenu le poids lourd le plus redouté de la planète. Comparé à George Foreman pour son style, sa technique et son punch dévastateur, le pugiliste congolais est devenu l’épouvantail de la catégorie. Le promoteur saoudien, persuadé que Bakole est un futur champion, a décidé de lui trouver un challenger de qualité parmi deux adversaires de renom. Tout d’abord, le Chinois Zhilei Zang le 21 décembre 2024, ensuite l’Allemand Agit Kabayel, champion d’Europe des lourds avec un palmarès de 25 combats victorieux et 17 KO.
Ces deux combattants, qui ont tous refusé, finiront par s’affronter lors du grand événement de boxe à Riyad le 22 février en complément des deux combats phares de la soirée, la revanche pour le titre des mi-lourds entre Artur Beterbiev et Dmitry Bivol et le combat pour le titre des lourds IBF entre le tenant du titre Daniel Dubois et Joseph Parker.
Dans un coup de génie, Turki al Alshiki a annoncé que le Ring Magazine organisait sa première carte de boxe en mai 2025 aux États-Unis et que la demi- finale mondiale avalisée par l’IBF entre Martin Bakole et le puncheur nigérian Efe Ajaba serait le clou de la soirée. Le vainqueur affrontant ensuite le gagnant du combat Dubois-Parker pour le titre IBF.
Bakole tient enfin sa chance, il devra faire face à Ajaba, se méfier de sa puissance. Celui-ci demeure un adversaire redoutable mais pas un obstacle insurmontable. Son punch et le calme qu’il sait démontrer sur un ring devraient lui permettre de franchir ce cap, combattre pour le titre IBF et se positionner pour enfin affronter Usyk.






































