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RDC, situation confuse à l’Est : Les FARDC décidées de récupérer le moindre centimètre aux mains des terroristes des RDF/M23

Le général-major Cirimwami, décédé ce jeudi 23 janvier dans la soirée après avoir été blessé par balle à Mubambiro (Province du Nord-Kivu)

Entre les FARDC, les forces armées de la RDC, et les Wazalendo, les résistants locaux, qui déjouent les tentatives des rebelles de s’emparer de la ville de Goma, la mort du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général major Cirimwami, quelle est la situation sur le terrain ?

Touché lors des affrontements et transféré à Kinshasa avant son évacuation à l’étranger pour des soins appropriés, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le général major Peter Cirimwami Nkuba, a succombé à ses blessures dans la capitale congolaise, a annoncé un porte-parole de l’armée congolaise dans la soirée du vendredi 24 janvier à l’issue d’une réunion du Conseil supérieur de la défense convoquée en urgence et présidée par le président Félix Tshisekedi.
Sur le front, des détonations d’armes lourdes avaient été entendues depuis la ville de Goma depuis la nuit du 22 janvier. Le lendemain, elles s’approchaient de plus en plus de la ville. Des rumeurs sur une présomption de fuite de certaines autorités de l’état de siège se répandaient déjà. Des bruits rapidement démenties par des images montrant le gouverneur militaire échangeant au front avec des soldats. Une psychose a gagné l’opinion publique. Des violents combats jamais annoncés venaient de s’intensifier vers l’ouest de la ville, sur les collines surplombant la cité de Sake, à 30 kilomètres.
Des bombes en provenance des zones de guerre lancées par les rebelles sont tombées simultanément aux quartiers Mugunga à l’ouest et Turunga vers le nord de la ville.

Confusion, panique et paralysie des activités

Les femmes de Likasi, unis pour protester contre la guerre de l’Est de la RDC
(Image d’illustration / Source : 26inter.com)

Dans la matinée de jeudi 23 janvier, la population de Goma s’attendait déjà à la répétition de l’histoire de 2013, lorsque la ville fut prise par le M23 première formule.
Relayée par l’armée numérique des rebelles, la horde du M23 annonçait la prise de Goma dans les heures qui suivaient.
Des mouvements inhabituels des chars et autres véhicules surmontés d’artilleries lourdes se dirigeant en direction de l’ouest de la ville ont été observés, alors que des combats faisaient toujours rage. En tout cas on entendait des détonations. Des populations issues des localités touchées ainsi que des déplacés des camps de Mugunga fuyant les bombes ont afflué vers la ville, exacerbant la panique.
Par un communiqué du chef de la Division provinciale de l’Education cité par les réseaux sociaux, l’on a appris que les parents ont été priés de retirer leurs enfants des écoles. Les classes étaient donc vides depuis les premières heures de la matinée. De même, les activités socio-économiques ont été momentanément interrompues. Mais par la suite, les gens ont vaqué librement à leurs activités.
Entre-temps, l’on a également été informé que la Grande-Bretagne, la France et les USA appelaient leurs ressortissants à « prendre des dispositions utiles pour se protéger et si possible quitter la ville de Goma », considérée désormais comme « zone à haut risque ».

Le gouverneur militaire aperçu sur les lignes de front près de Sake

Le général major Peter Cirimwami (Image d’illustration / Source : radiookapi.net)

Vêtu en tenue militaire, le général major Peter Cirimwami, réputé pour sa qualité « d’homme de terrain », s’est rendu sur la ligne de front pour remonter le moral des troupes et rassurer la population sur les dispositions prises pour protéger Goma.
Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le gouverneur militaire avait transmis le message clair de son Commandant suprême, celui de protéger la République jusqu’au sacrifice suprême et de déloger les rebelles du territoire national.
C’est en ce moment qu’il aurait été touché sur la place, alors que de violents affrontements étaient engagés en sa présence. Ramené à Goma puis évacué à Kinshasa, près de deux heures et demie de vol, il avait succombé de ses blessures, a annoncé dans la soirée du vendredi 24 janvier le porte-parole des FARDC, le général Ekenge. S’adressant particulièrement aux Wazalendo, le général Ekenge a déclaré en l’occurrence : « La meilleure façon de venger le général est de reconquérir toutes les zones occupées par le M23/RDF ».
Le général major Peter Ciririmwami avait été nommé gouverneur a.i. du Nord-Kivu en septembre 2023 en remplacement du général Constant Ndima Kongba, dans un contexte particulier d’état de siège. Exceptionnellement expérimenté en matière de l’Est de la RDC, il meurt après avoir gravi les différents échelons de l’armée et exercé plusieurs fonctions au Nord-Kivu, notamment comme chargé des renseignements militaires T2 ou de chef d’opérations à l’instar de Sokola 1 contre les terroristes ADF et Sokola 2 dans le front Sud contre le M23 soutenu par le Rwanda.

Goma dans la tourmente

L’insécurité dans la ville de Goma, en RDC (Image d’illustration / Source : Afrique.lalibre.be)

La connexion internet perturbée, l’électricité et l’eau non disponibles. Bien que l’offensive militaire ait réussi à repousser les forces du M23 soutenues par l’armée rwandaise RDF loin des collines de Sake afin d’épargner la ville de Goma, la connexion Internet mobile fait défaut et bloque la communication de la population.
Des obus largués par les rebelles ont touché la ligne électrique à proximité de Kibumba (une dizaine de km au nord de Goma) d’après le communiqué de la Société Virunga Sarl dont la source est située en territoire de Rutshuru dans le site de Matebe. La ville de Goma est restée dans le noir.
Pour la Snel, la Société nationale d’électricité, une panne est constatée sur sa ligne haute tension depuis le mercredi 22 janvier. Or, l’approvisionnement en eau dépend également de l’énergie électrique. Est-ce une façon pour les rebelles de maintenir la pression sur Goma dans l’objectif de déstabiliser la paisible population et la désolidariser de ses forces loyalistes ?
Jusqu’au 25 janvier, les rebelles poursuivaient leur offensive sur tous les fronts, malgré l’échec de leur dernière stratégie. Pourtant, la ville de Goma, sérieusement encerclée, est suffisamment renforcée en troupes militaires FARDC et Wazalendo, celles des forces régionales de la SAMIDRC et de la Monusco, avec toutes leurs logistiques.
En maintenant la pression sur Goma, jusqu’où ira finalement cette rébellion du M23 soutenue par le Rwanda dans son plan machiavélique de balkanisation ? En d’autres termes, le risque d’affrontement direct en pleine ville de Goma n’est pas élagué, ni celui de la pire catastrophe humanitaire et écologique en cas de combat sur la ville touristique. La rébellion cherche-t-elle à forcer Kinshasa au dialogue en suscitant un événement majeur ?
Présent sur tous les fronts, le chef de l’État congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo n’exclut aucun scénario. Il reste ouvert au dialogue sans hypocrisie, qui réaliserait l’économie des morts de la population civile. Or, en face, son interlocuteur potentiel, le criminel rwandais, continue de nier l’évidence documentée par plusieurs rapports d’experts de l’ONU, à savoir son implication dans la guerre à l’Est de la RDC. Des voix se lèvent de partout pour proposer la solution pacifique autre que l’escalade et les armes entre les parties.
Il faut néanmoins souligner que Félix Tshisekedi refuse mordicus de négocier avec les terroristes du M23, qu’il considère comme des « pantins » de Kigali. Il la encore réaffirmé au cours du Conseil supérieur de la Défense quil a urgemment présidé à son retour du Sommet sur le climat de Davos, en Suisse.

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