Les sujets relatifs à la coopération entre la République démocratique du Congo et l’Union européenne ainsi qu’un certain nombre de questions régionales d’intérêt commun ont été au centre d’un entretien que l’ambassadeur de la RDC au Benelux et auprès de l’UE, M. Christian Ndongala Nkuku, a eu le 14 janvier à Bruxelles, avec la directrice exécutive au Service européen pour l’Action extérieure (SEAE).
Sur le plan bilatéral, Mme Rita Laranjinha a confié à son interlocuteur congolais que « l’UE est attentive à la situation en RDC en général et, d’une manière particulière, reste fortement préoccupée par la dégradation de la situation dans l’Est du pays, d’’une part, et porte un intérêt soutenu au processus de Luanda, d’autre part », au cours de cette rencontre qui a eu lieu au siège de la mission diplomatique congolaise.
Elle a par ailleurs assuré que « les différentes missions que l’envoyé spécial pour la région des Grands Lacs a effectuées en RDC expriment la volonté de l’UE de pouvoir engager des relations de coopération dans un esprit de compréhension mutuelle ».
Pour sa part, l’ambassadeur congolais a salué, au nom de son pays, « le soutien qu’apporte l’Union européenne à la RDC dans le processus de Luanda. Il a en outre fait savoir que son pays demeure persuadé que ce processus apparaît comme la seule voie pour une solution pacifique à ce conflit ».
L’échec de la tripartite de Luanda également évoqué
Dans ce cadre, le Professeur Ndongala a dénoncé l’échec du sommet tripartite prévu le 15 décembre 2024 à Luanda, en Angola. En dépit de ses engagements, la délégation rwandaise avait décliné l’invitation du médiateur, plongeant le processus dans l’impasse et mettant à l’épreuve la bonne volonté du Président angolais.
Le diplomate congolais est revenu sur le dernier rapport des Nations Unies autour de la situation dans l’Est de la RDC faisant état du soutien du Rwanda au M23. Selon ce rapport, entre 3 000 et 4 000 soldats rwandais opèrent dans les différents territoires du Nord-Kivu, en violation de l’intégrité territoriale de la RDC.
L’ambassadeur de la RDC a aussi salué la dernière déclaration de l’UE sur l’escalade des hostilités dans l’Est de la RDC, qui condamne le Rwanda et « exhorte vivement ce pays à retirer immédiatement l’ensemble de son personnel militaire de la RDC et à mettre fin à tout le soutien qu’il apporte au M23 ».
À propos de l’accord UE-Rwanda sur les minerais stratégiques
Le diplomate congolais a également fustigé l’UE qui a débloqué 20 millions d’euros dans le cadre de la facilitation européenne pour la paix, afin de soutenir le déploiement des forces rwandaises en lutte contre les islamistes au Mozambique. La RDC est préoccupée par ce soutien financier qui pourrait permettre à ce pays agresseur de se renforcer en RDC, a soutenu le Prof Ndongala.
À en croire Mme Laranjinha, qui n’a pas réussi à apaiser les inquiétudes de Kinshasa, « cette aide était destinée au Rwanda pour lui permettre d’acquérir des équipements individuels et soutenir le déploiement des forces rwandaises au Mozambique et destinée à servir, en outre, les intérêts de l’UE dans sa lutte contre le terrorisme mondial ».
M. Christian Ndongala a également fait part à son interlocutrice des préoccupations congolaises au sujet du protocole d’accord entre l’UE et le Rwanda sur la création d’une chaîne de valeur pour les minerais stratégiques et critiques. La RDC estime que « la signature d’un tel accord avec un pays, en l’occurrence le Rwanda dont le sous-sol ne dispose pas de ces minerais, constitue une manière pour l’UE d’encourager ce pays à poursuivre les pillages des ressources de la RDC et donc à soutenir son effort de guerre dans notre pays ».
L’ambassadeur de la RDC est convaincu que la guerre cessera aussitôt que s’arrêtera le trafic de ces « minerais de sang ». En réponse, la directrice exécutive du SEAE a rassuré son interlocuteur sur « l’absolue obligation de traçabilité des minerais que doivent démontrer les autorités rwandaises lors de transactions avec l’UE ». Une avancée significative qui vient couronner les efforts diplomatiques que déploie la RDC depuis un moment.
En définitive, selon la responsable de l’UE, cet accord sert d’instrument de travail devant servir de base pour engager des discussions avec le Rwanda sur cette question. Il appartiendra à ce pays de prouver la provenance des minerais avant raffinerie, en montrant les carrières d’exploitation sur site, a souligné Mme Laranjinha.
Pour le rapprochement entre la RDC et l’UE

Les deux parties ont convenu de poursuivre leurs concertations de manière à lever tous les obstacles au rapprochement entre la RDC et l’Union européenne. La rencontre entre les deux parties s’inscrit dans le cadre d’une série de contacts de haut niveau que le diplomate congolais a initiés en vue de mettre en lumière, auprès de différentes instances politiques de sa juridiction, la position de la RDC sur des questions qui préoccupent l’opinion internationale.
Cet entretien s’est déroulé, du côté de l’UE, en présence de Mme Katrin Hagemann, Cheffe de division Afrique centrale de l’UE, et de M. Fidos Ireneusz, responsable du desk RDC, du côté l’UE, tandis que du côté congolais M. Roger-Archange Ngandjole, ministre conseiller en charge des Organisations internationales et de la Coopération bilatérale et multilatérale au sein de la mission diplomatique de la RDC au Benelux, a pris part à la rencontre.







































