Accueil Actualité Kinshasa reste catégorique : Pas de dialogue possible avec les terroristes du M23

Kinshasa reste catégorique : Pas de dialogue possible avec les terroristes du M23

Le président de la RDC, Félix Tshisekedi au Collège des Bernardins, à Paris, le 29 avril 2024.
(Image d’archive:/ h24info.ma)

Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a catégoriquement rejeté l’idée de dialoguer avec le groupe terroriste M23 soutenu par le Rwanda, dans son discours le samedi 18 janvier à Kinshasa lors de la cérémonie d’échanges de vœux avec le corps diplomatique accrédité en RDC.

Pour le chef de l’État congolais, il s’agit d’une ligne rouge que Kinshasa ne franchira jamais. « Permettez-moi d’être parfaitement clair, la RDC ne se soumettra jamais, jamais, aux pressions d’acteurs extérieurs à imposer des conditions contraires à nos intérêts et à notre souveraineté. Nous ne cessons de réaffirmer notre position : le dialogue avec un groupe terroriste comme le M23 est une ligne rouge que nous ne franchirons jamais », a déclaré le président Tshisekedi.
« Toute tentative de légitimer ces criminels constitue une insulte à la mémoire des victimes et un affront aux principes fondamentaux de la vie », a-t-il insisté devant les diplomates réunis au Palais de la Nation à Kinshasa, rappelant que les provocations continuelles de Kigali à travers ses soutiens politique, logistique et militaire au M23 « sont de nature à compromettre l’avenir du processus de paix de Luanda ».
Évoquant l’annulation du sommet tripartite prévu le 15 décembre dernier dans la capitale angolaise, du fait de l’absence du président rwandais Paul Kagame et de l’introduction d’une nouvelle condition préalable, à savoir l’exigence d’un dialogue direct entre le gouvernement congolais et le groupe terroriste M23, Félix Tshisekedi a indiqué que ceci « témoigne du peu de considération accordée par nos voisins aux efforts de paix ». « Exiger un dialogue avec un groupe terroriste revient à légitimer des agissements qui violent nos lois et principes fondamentaux », a fait savoir le président Tshisekedi.

Appel à des sanctions concrètes et immédiates

« Le régime de Kagame rêve debout, lorsqu’il pense dominer la RDC. » (Félix Tshisekedi/Source: newscd.net)

En outre, le président Tshisekedi a lancé un appel à la communauté internationale à infliger des sanctions au Rwanda, estimant que la « période des discours de condamnation » est révolue.
« Nous avons pris note des condamnations émises par nos partenaires sur le comportement du Rwanda pour son rôle dans la déstabilisation de l’est de la RDC. Ces prises de position restent insuffisantes face à la gravité des actes commis et les conséquences humanitaires désastreuses. Des sanctions concrètes et immédiates doivent être adoptées pour mettre fin à cette agression et prévenir une escalade régionale », a dit le Président congolais.
« Nous attendons de la Communauté internationale, bien plus qu’un discours de solidarité, des actions tangibles pour répondre aux défis humanitaires, sécuritaires et de développement socio-économique auxquels nous faisons face », a-t-il ajouté.
Soulignant que la RDC ne demande pas d’aide, Félix Tshisekedi a exigé « une solidarité juste et équitable », un soutien qui est « une responsabilité collective pour la préservation de la sécurité internationale ».
Le chef de l’État congolais a enfin indiqué que le gouvernement reste résolu à défendre l’intégrité du territoire national et à protéger les concitoyens contre toute forme d’agression. « Nous continuions à renforcer les capacités opérationnelles de nos Forces armées pour anéantir tous les groupes armés responsables de ces violences », a expliqué Félix Tshisekedi, soulignant que cette détermination à ramener la paix concerne tous les fronts, en dehors des mesures militaires et diplomatiques.

La RDC sur la voie du développement malgré plusieurs adversités

Le gouvernement congolais lors de la deuxième réunion extraordinaire du Conseil des ministres, le 15 janv 2025 (Source : presidence.cd)

Abordant, par ailleurs, le chapitre du développement socio-économique de son pays, le Président Félix Tshisekedi a dressé un bilan qu’il juge « positif » pour l’année 2024, marquée par des résultats encourageants malgré la résilience face à des adversités de divers ordres.
« L’année 2024, marquée par de nombreux défis à relever, a été également marquée par des progrès significatifs pour la RDC. Ce fut une année où, face à l’adversité, nous avons choisi la résilience, l’action et la conviction », a affirmé le Président Tshisekedi, citant à titre exemplatif les secteurs de l’industrie locale, de l’agriculture, des infrastructures et de l’entrepreneuriat, sans oublier l’éducation avec la gratuité de l’enseignement de base, ainsi que la couverture santé universelle dans le volet santé publique, pour la catégorie besoins sociaux de base.
Dans le volet environnemental, il a réaffirmé l’engagement de son pays à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le changement climatique en vue de la préservation de l’écosystème dans le monde.
« Dans ce cadre, nous avons notre projet écologique «Couloir vert», qui va au-delà des solutions environnementales. Il va également répondre à des défis économiques. Il va non seulement générer des emplois, mais aussi il impulsera le secteur agricole », a-t-il expliqué.
« Je compte sur chacun de vous, pour porter dans vos pays respectifs le message d’une RDC résiliente qui multiplie des initiatives pour se relever et se développer », a conclu le chef de l’Etat congolais avant de réitérer ses meilleurs vœux à ses hôtes.


Davos Le Président Tshisekedi explique le projet « Couloir vert Kivu-Kinshasa »

Davos 2025 : Le Président Félix Tshisekedi a assisté à la cérémonie d’ouverture du forum économique mondial (Source : présidence)

Le chef d’État congolais est intervenu le mercredi 22 janvier au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, où il a annoncé la création de la plus grande réserve forestière tropicale protégée au monde dénommée « Le Couloir vert Kivu-Kinshasa », également connu sous le nom de « Réserve du fleuve Congo ».
Le chef de l’État a expliqué qu’en réponse à la crise climatique croissante et à la déforestation massive qui touche les grandes forêts du monde, « le Couloir vert Kivu-Kinshasa » sauvegardera l’avenir du Bassin du Congo. Long de 550 000 km², dont 285 000 km² de forêt primaire et 60 000 km² de tourbières intactes, le Couloir va s’étendre d’est en ouest.
« La déforestation du Bassin du Congo met en danger l’humanité toute entière. La préservation du Bassin garantira que les objectifs de l’Accord de Paris restent intacts, tout en jetant les bases d’un nouvel avenir pour le peuple congolais, caractérisé par l’unité, la stabilité et la prospérité », a déclaré le Président Tshisekedi.
Le Bassin du Congo conserve de vastes zones de forêt intacte et s’étend sur six pays : le Cameroun, la République centrafricaine, la RDC, le Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon. Environ 60 % de la forêt se trouve en RDC.

Le projet unanimement salué

Le fondateur du Forum économique mondial, le professeur Klau Schwab (image : time.com)

L’annonce de ce projet a été saluée par plusieurs autres panélistes parmi lesquels le Fondateur du Forum économique mondial, le professeur Klau Schwab, qui a admiré cet engagement du Président Tshisekedi à soutenir le lien entre la paix, le développement durable et la conservation de la nature, ainsi que l’ancien Secrétaire d’État américain, John Kerry, qui a pour sa part « salué cette initiative essentielle visant à préserver et protéger le Bassin et à donner à des millions de Congolais les moyens de contribuer à prévenir les pires impacts de la crise climatique ».
Au cours des travaux du panel sur le thème « Le dernier poumon de la terre », le chef de l’État congolais a exprimé sa joie d’annoncer le lancement de la plus grande réserve forestière tropicale du monde, une « extraordinaire réserve communautaire qui s’étendra sur plus de 2 400 kilomètres, en reliant le parc national des Virunga à l’extrême Est de notre pays, les vastes forêts de l’Ituri et le fleuve Congo de Kisangani jusqu’à Kinshasa. Ce projet vise à protéger les forêts primaires tropicales parmi les plus intactes de la planète, tout en préservant une biodiversité extraordinaire et des espèces fauniques endémiques incluant les emblématiques gorilles de montagne, l’unique okapi, et une multitude d’autres espèces végétales et animales propres au bassin du Congo ».

Une stratégie pour revitaliser l’économie et renforcer les communautés

(image: mondequibouge.be)

Il a expliqué que cette initiative constitue « une stratégie globale pour revitaliser notre économie, renforcer nos communautés locales et promouvoir une paix durable dans nos provinces orientales, longtemps touchées par la pauvreté, les conflits armés et l’instabilité ».
De l’avis du président Tshisekedi, « ce projet améliorera directement la vie de plus de 31 millions de personnes, protégera près de 108 000 km² de forêts vierges et créera plus de 500 000 emplois, dont au moins 20 000 spécifiquement destinés aux jeunes hommes et femmes démobilisés des groupes armés ».
Avec ce trésor naturel et grâce aux technologies solaires, hydroélectriques et éoliennes, a poursuivi le chef d’État congolais, « nous ambitionnons de réduire significativement notre empreinte carbone tout en transformant notre paradigme économique. En exploitant la puissance de nos rivières et l’abondance de soleil qui baigne nos terres, nous construirons une infrastructure énergétique durable capable d’alimenter nos communautés locales et nos peuples autochtones, ainsi que nos industries sans nuire à notre environnement ».

21 000 emplois créés grâce à l’agro-industrie et l’UE

Image d’illustration / Culture de la Pomme de Terre à NGUNGU dans le Territoire de Masisi

Le président Tshisekedi a tenu à remercier l’Union européenne pour son soutien continu à travers l’Alliance des Virunga, une initiative qui, depuis près de 40 ans, a permis de générer de l’électricité propre et de créer 21 000 emplois grâce à l’agro-industrie. « Cette réussite nous inspire pour le développement du Couloir vert Kivu-Kinshasa », a assuré le chef de l’État congolais.
Il a également remercié le professeur Yunus et la Fondation Schmidt pour leur « soutien au programme de microfinancement Grameen Virunga, qui aide nos jeunes entrepreneurs à faire éclore leurs talents et à prospérer ».
Ces initiatives, en dotant les communautés congolaises d’accès à l’énergie et aux services financiers pourra permettre de transformer le grand Kivu en grenier de l’Afrique centrale, résolvant ainsi l’insécurité alimentaire tout en réduisant la pauvreté extrême, a reconnu Felix Tshisekedi qui a dit miser, pour concrétiser cette vision audacieuse, sur des solutions de transport novatrices alimentées par du biodiesel et de l’hydrogène. « Ces infrastructures relieront nos agriculteurs aux marchés de grande consommation et permettront d’acheminer plus d’un million de tonnes de nourriture vers Kinshasa, qui comptera bientôt 20 millions d’habitants ».
En définitive, le chef d’État congolais estime que « la RDC est en marche pour devenir un modèle mondial, prouvant que prospérité économique et protection environnementale peuvent s’allier de manière logique et mutuellement bénéfique. En priorisant des pratiques durables, nous traçons une voie qui peut inspirer aussi bien les organisations et les acteurs d’autres pays ».

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