Les Pays-Bas ont officiellement refusé d’accréditer Alfred Gasana, ancien ministre de l’Intérieur et directeur général au Service national de renseignement et de sécurité (NISS), en tant qu’ambassadeur du Rwanda. Cette décision a été prise après six mois de délibérations suivant sa nomination en juin 2024.
Le refus d’accréditer le flic rwandais par Amsterdam reflète des préoccupations majeures liées au passé controversé de Gasana, connu pour son rôle dans des répressions et des exécutions extrajudiciaires, et aux menaces potentielles qu’il représentait pour les voix critiques du régime de Kagame en Europe, indique-t-on.
La désignation de Gasana avait suscité une vive inquiétude au sein de la diaspora rwandaise résidant aux Pays-Bas et dans les pays voisins. Des accusations crédibles avaient émergé, affirmant que l’une de ses missions aurait été de cibler et d’assassiner Samuel Baker Byansi, un journaliste exilé connu pour sa participation au projet d’investigation Rwanda Classified, qui a dénoncé les pratiques répressives et les abus de droits humains du régime Kagame.
Ce rejet est perçu comme une étape importante pour protéger les exilés rwandais et préserver la liberté d’expression face aux tentatives continues de Kigali de faire taire ses opposants à l’étranger.
En réponse, Kigali a nommé Lambert Dushimimana, ancien gouverneur de la province de l’Ouest, comme nouveau candidat au poste d’ambassadeur aux Pays-Bas, mais des préoccupations demeurent quant à la possibilité que Dushimimana et son entourage perpétuent les pratiques d’intimidation et d’assassinats dont le régime Kagame est coutumier et des appels à la vigilance sont lancés.
Vincent Karega nommé ambassadeur spécial pour les Grands Lacs
Le président Paul Kagame a aussi procédé à de nominations aux postes clés, le 20 décembre 2024. Ainsi, Vincent Karega, autrefois expulsé de la RDC et rejeté par la Belgique, devient ambassadeur spécial pour la région des Grands Lacs, tandis que le major général Joseph Nzabamwita, autrefois à la tête du NISS puis conseiller à la sécurité du président Kagame, est nommé ambassadeur en Russie.
Il convient de noter que le Rwanda est toujours en froid avec la Belgique depuis une année. La Belgique a décidé de ne pas nommer d’ambassadeur au Rwanda, suite au silence des autorités de Kigali sur sa demande d’accréditation. Six mois après la demande et un ultimatum de 24 heures n’ont pas suffi à débloquer la situation. L’attitude de Kigali apparaît comme une mesure de rétorsion, car la Belgique avait refusé il y a un an d’accréditer Vincent Karega, dont les activités criminelles lorsqu’il était en poste en RDC et en Afrique du Sud ont conditionné le refus de la Belgique.
« Le Rwanda utilise le viol comme arme de guerre pour piller les richesses en RDC »
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Premier exportateur mondial en 2023 de coltan volé à la RDC, le Rwanda « utilise le viol comme arme de guerre pour piller les richesses minières de la RDC », a dénoncé le mardi 17 décembre Mounir Satouri, député européen membre du groupe des Verts/Alliance libre européenne, appelant l’UE à « agir » pour mettre fin aux exactions de l’armée rwandaise dans l’est du territoire congolais.
Le Parlement européen a auditionné le même jour la nouvelle haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne, Kaja Kallas, sur « l’utilisation du viol comme arme de guerre, notamment en République démocratique du Congo et au Soudan ».
Dans son intervention, le député français Mounir Satouri a accusé le pays de Paul Kagame de recourir au viol, dans l’est de la RDC, pour déplacer les populations dans le but de « piller les richesses minières ».
« Par le viol, par le recours à l’esclavage sexuel, le corps des femmes est devenu un champ de bataille au Soudan, comme en RDC. C’est une véritable arme de guerre. Le viol est utilisé pour humilier et laisser des séquelles physiques, pour détruire psychologiquement les femmes et leur communauté. Les fillettes ne sont pas épargnées. En RDC, le nombre de mineures qui accouchent à la suite de viols explose. Le viol est aussi utilisé par les puissances étrangères comme le Rwanda. Le but ? Déplacer les populations pour piller les richesses minières », a dénoncé l’eurodéputé.
Kigali, la voie privilégiée pour le Traffic de coltan
Plusieurs rapports ont confirmé que le Rwanda est la voie privilégiée pour le commerce illicite du coltan provenant de la République démocratique du Congo. En février, Kigali a signé avec l’UE un accord honteux visant à favoriser le développement de chaînes de valeur durables et résilientes pour les matières premières critiques.
Pour Mounir Satouri, en achetant ces minerais au Rwanda tout en détournant le regard, l’UE se rend complice de l’agression rwandaise contre la RDC.
« Madame Kallas, le protocole d’accord signé avec Kigali passe sous silence les exactions du Rwanda en RDC. Je vous pose une question directe : L’UE est-elle complice de ces crimes ? Si oui, que comptez-vous faire pour mettre fin à cette complicité ? Je veux citer ici le docteur Mukwege, lauréat Sakharov et Prix Nobel de la paix : Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard », a-t-il souligné.
Plusieurs localités, riches en ressources naturelles, dans l’est de la RDC, sont contrôlées par les groupes armés appuyés 4 000 soldats rwandais, selon un rapport de l’ONU, alors que le Rwanda a enregistré une augmentation spectaculaire de plus de 43 % de ses exportations de minerais.
Est de la RDC : 17 Chinois et des Burundais arrêtés pour exploitation illicite de minerais

Une opération conjointe des autorités congolaises a conduit à l’arrestation de 17 ressortissants chinois, ainsi que de plusieurs complices congolais et burundais, pour exploitation illicite des minerais dans la région de Kerembo, province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Lors d’une cérémonie de présentation à la presse, le 20 décembre à Bukavu, chef-lieu de la province, le ministre provincial des Mines Bitidjula Mahimba a expliqué que ces arrestations ne représentent qu’un échantillon parmi une soixantaine de personnes interpellées lors de cette opération.
« Ils sont sans document de migration et autres. Présentement, ils sont au Commissariat de la police avant leur transfèrement au parquet », a-t-il précisé.
Le ministre a également souligné l’importance de respecter les lois en vigueur concernant l’exploitation minière, afin de garantir une gestion durable des ressources et de protéger l’environnement.







































