Deux ans de guerre depuis l’invasion du territoire ukrainien par la Russie de Vladimir Poutine, le 24 février 2022. Alors que Moscou avait prévu une « opération éclair, tout au plus deux semaines », le conflit s’est enlisé grâce au courage extraordinaire de la population ukrainienne, à la manière de David contre Goliath. Pourtant, 2025 pourrait marquer un tournant. Le retour de Donald Trump à la Maison blanche plaidant dans ce sens.
Le nouveau président américain, qui a été investi le 20 janvier, avait promis de mettre fin à la guerre en 24 heures s’il est élu. Un délai irréaliste, mais son arrivée pourrait bel et bien peser sur les négociations, surtout que le soutien militaire occidental à Kiev présente une tendance au fléchissement.
Face à cette perspective, l’Ukraine n’aura peut-être pas d’autre choix que de s’asseoir à la table des discussions avec Moscou. Malgré une mobilisation récente, l’Europe peine à soutenir l’effort de guerre ukrainien durablement. D’autant plus que, sur le terrain, Vladimir Poutine reprend l’initiative et la Russie gagne beaucoup de terrain.
Mais la paix, mais à quel prix ? Pour l’Ukraine, mais aussi pour la sécurité européenne, un cessez-le-feu ne signifiera pas nécessairement la fin des menaces. Le gel du conflit pourrait bien devenir la nouvelle norme, laissant planer l’incertitude sur les conditions d’application et le respect des engagements des différentes parties.
Pour beaucoup d’observateurs, une paix durable passera probablement par un équilibre fragile entre concessions territoriales, garanties sécuritaires et retrait progressif du soutien militaire occidental. Ainsi, si 2025 marquera peut-être la fin des combats, la paix, elle, pourrait mettre beaucoup plus de temps à s’installer.
Zelensky entre le fusil et la poignée de main

L’on admet généralement que l’année 2024 aura été difficile pour Kiev : l’armée russe a avancé en Ukraine de près de 4 000 km2 en 2024.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré début janvier que l’Ukraine devrait se battre en 2025 sur le « champ de bataille » mais aussi à la « table des négociations » pour mettre fin à près de trois années d’invasion russe et une année 2024 marquée par des avancées russes d’ampleur.
« Chaque jour de l’année à venir, nous allons devoir nous battre pour une Ukraine suffisamment forte. Parce que seule une telle Ukraine sera respectée et entendue. Tant sur le champ de bataille qu’à la table des négociations », a-t-il déclaré dans son adresse de Nouvel an à la Nation.
L’avancée russe en Ukraine en 2024, face à des Ukrainiens en difficulté, a été sept fois plus importante qu’en 2023 selon les données de l’institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), et l’année à venir s’annonce incertaine pour Kiev, notamment du fait d’interrogations sur la pérennité du soutien américain.
Depuis des semaines, les spéculations vont bon train sur d’éventuels futurs pourparlers de paix, après près de trois ans d’une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts et de blessés dans les deux camps. Le président ukrainien a dit souhaiter « une paix juste » en 2025. « Que 2025 soit notre année. L’année de l’Ukraine. Nous savons que la paix ne nous sera pas donnée en cadeau, mais nous ferons tout pour arrêter la Russie et mettre fin à la guerre », a-t-il ajouté dans son discours diffusé sur les réseaux sociaux.
Les conséquences pour les Ukrainiens restent immenses : des millions de déplacés et de réfugiés, et des bombardements russes incessants, notamment ceux visant l’infrastructure énergétique, plongeant les civils régulièrement dans le noir et le froid.
Poutine se félicite de ses avancées en Ukraine
Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine s’est félicité mi-décembre des avancées de ses troupes, assurant avoir « l’initiative » à l’issue d’une année « charnière ».
Dans son discours de Nouvel An, Poutine n’a pas explicitement mentionné la guerre en Ukraine mais a salué les soldats russes pour leur « courage et leur bravoure ».
Moins nombreuses et moins armées, les forces ukrainiennes reculent à un rythme accéléré depuis quelque temps, en particulier dans l’Est: novembre (725 km2) et octobre (610 km2) ont été les deux mois durant lesquels l’armée russe a pris le plus de territoire depuis les premières semaines de l’invasion en 2022.
« Obtenir la paix »

Dans ce contexte, les questions en suspens restent nombreuses. L’année à venir « déterminera qui l’emportera », a prévenu en novembre le président ukrainien qui espère obtenir une « paix juste » en 2025.
Son souhait est partagé par la population à Kiev, où les gens demandent que « la paix soit enfin obtenue pour l’Ukraine, que les gens arrêtent de mourir », ou encore rêvent « que l’Ukraine gagne et que tous nos territoires soient reconquis », alors que la Russie occupe déjà près de 20% du territoire ukrainien.
Les Etats-Unis sont le premier bailleur et fournisseur d’armes de l’Ukraine, et une réduction de cette aide pourrait avoir d’immenses conséquences. « Je n’ai aucun doute que le nouveau président américain est désireux et capable de parvenir à la paix et de mettre fin à l’agression de Poutine », a déclaré M. Zelensky, qui demande toujours pour son pays des garanties de sécurité avant toute négociation avec Moscou.
Comme monnaie d’échange, le président Zelensky pourrait brandir le fait que son armée occupe depuis août plusieurs centaines de kilomètres carrés de la région russe de Koursk, une épine dans le pied de Vladimir Poutine.
Mais ce dernier y a désormais le soutien de milliers de soldats nord-coréens. Il a aussi multiplié les menaces de guerre mondiale, si les Occidentaux renforcent leur soutien à l’Ukraine, avec davantage de missiles de plus longue portée.







































